Les dĂ©putĂ©s europĂ©ens ont infligĂ© jeudi un revers humiliant au prĂ©sident français Emmanuel Macron, en recalant pour des raisons Ă©thiques sa candidate Ă la Commission europĂ©enne, Sylvie Goulard, sous le coup d'une enquĂȘte judiciaire en France.
Emmanuel Macron a rejeté la responsabilité du choix de la candidate française sur la présidente de la nouvelle Commission. "J'ai proposé trois noms à Ursula von der Leyen. Elle m'a dit : +je veux travailler avec Sylvie Goulard+", a-t-il déclaré aprÚs l'annonce de l'échec de la Française, ajoutant avoir besoin "d'explications" de sa part.
Le rejet de cette candidature, à une écrasante majorité de 82 voix contre 29 et une abstention, est également un coup sévÚre pour Ursula von der Leyen. Elle l'a en effet choisie malgré les mises en garde sur ses problÚmes et lui a confié un énorme portefeuille regroupant le Marché intérieur, l'Industrie, la Défense, l'Espace, le Numérique et la Culture, doté de budgets de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
"Le Groupe PPE (Parti Populaire europĂ©en) prend trĂšs au sĂ©rieux l'intĂ©gritĂ© de nos institutions et nous ne pouvions donc pas la soutenir", a expliquĂ© Esther de Lange, vice-prĂ©sidente du Groupe PPE (droite), le plus important du Parlement. "Ă Paris comme Ă Bruxelles, l'Ă©thique doit prĂ©valoir en politique, si nous voulons toutes et tous ĂȘtre de nouveau crĂ©dibles aux yeux de la population", ont pour leur part dĂ©clarĂ© MichĂšle Rivasi et David Cormand, les co-prĂ©sidents de la dĂ©lĂ©gation Ă©cologiste française au Parlement.
"Je prends acte de la décision du Parlement européen, dans le respect de la démocratie", a écrit Sylvie Goulard dans un message sur son compte Twitter.
- Une premiĂšre pour la France -
C'est la premiĂšre fois qu'un candidat prĂ©sentĂ© par la France pour un poste de commissaire est recalĂ© par le Parlement europĂ©en. Les Ă©lus avaient refusĂ© en 2004 le candidat prĂ©sentĂ© par l'Italie. Le dĂ©cision d'Emmanuel Macron de dĂ©signer Sylvie Goulard avait surpris, car sa candidate est sous le coup d'une enquĂȘte qui l'a conduite Ă dĂ©missionner de son poste de ministre des ArmĂ©es en juin 2014, un mois aprĂšs sa nomination, avaient confiĂ© Ă l'AFP plusieurs chefs de partis politiques du Parlement.
"C'est l'arrogante transgression de cette évidence qui a fait chuter Sylvie Goulard", a commenté le français Arnaud Danjean, vice-président PPE du Parlement et spécialiste des questions de défense. Le Parlement européen devait juger si les candidats présentés par les Etats membres ont les compétences requises pour le portefeuille qui leur a été confié par la présidente de la Commission et s'ils offrent toutes les garanties d'intégrité et d'indépendance.
Les Ă©lus ont dĂ©cidĂ© jeudi que Sylvie Goulard n'offrait pas ces garanties Ă cause des enquĂȘtes menĂ©es par la justice française et par l'office anti-fraude de l'UE (Olaf) sur sa participation Ă un systĂšme d'emplois fictifs prĂ©sumĂ©s pour son ancien parti, le MoDem, en rĂ©munĂ©rant un assistant parlementaire en France avec les fonds europĂ©ens accordĂ©s aux dĂ©putĂ©s par le Parlement de Strasbourg.
- 10.000 euros par mois -
L'Olaf a prĂ©cisĂ© Ă l'AFP enquĂȘter aussi sur "d'Ă©ventuelles irrĂ©gularitĂ©s concernant les activitĂ©s que Mme Goulard a menĂ©es pour l'Institut Berggruen alors qu'elle Ă©tait dĂ©putĂ©e europĂ©enne". Mme Goulard, eurodĂ©putĂ©e de 2009 Ă 2017, n'a pas Ă©tĂ© en mesure de dire prĂ©cisĂ©ment quelles ont Ă©tĂ© les activitĂ©s pour lesquelles elle a reçu "plus de 10.000 euros" mensuels d'octobre 2013 Ă janvier 2016 de l'Institut Berggruen, fondĂ© par le financier germano-amĂ©ricain Nicolas Berggruen.
Sylvie Goulard (54 ans) avait été avertie à plusieurs reprises par ses anciens collÚgues des problÚmes que posait sa candidature, a confié à l'AFP l'un d'eux sous couvert de l'anonymat. Mais elle refusé de retirer sa candidature et le parti libéro-centriste Renew Europe, sa famille politique, a voulu aller jusqu'au vote jeudi. "C'est maintenant à vous de prendre votre décision en votre ùme et conscience, en garantissant la présomption d'innocence", a-t-elle lancé jeudi au cours de son audition de ratrappage aprÚs son échec le 2 octobre.
Elle est la troisiÚme candidate recalée par les députés européens aprÚs le conservateur Hongrois Laszlo Trocssanyi (PPE) et la socialiste roumaine Rovana Plumb.
M. Macron doit dĂ©sormais dĂ©signer un nouveau candidat, mais il n'est pas acquis que ce dernier se voit confier le mĂȘme portefeuille. Les groupes politiques, qui ont jugĂ© que les attributions confiĂ©es Ă Mme Goulard Ă©tait trop nombreuses, plaident pour une redistribution.
Le Parlement européen doit voter l'investiture de la nouvelle commission le 24 octobre lors de sa session pléniÚre à Strasbourg (France).
AFP


une commission semblable et des auditions aurait du exister a la réunion pour examiner les futures candidatures aux municipales et surtout prendre en compte l'éthique .