Espagne

Le Parlement rejette le budget de Pedro Sanchez

  • PubliĂ© le 13 fĂ©vrier 2019 Ă  16:13
  • ActualisĂ© le 13 fĂ©vrier 2019 Ă  16:39
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez quitte la Chambre des députés le 13 février 2019, aprÚs le rejet de son budget

Le premier budget du chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez, au pouvoir depuis huit mois, a été rejeté mercredi par les députés, ce qui pourrait le contraindre à convoquer des élections anticipées.

Une majoritĂ© de 191 dĂ©putĂ©s sur 350 ont votĂ© en faveur d'amendements destinĂ©s Ă  bloquer le budget et prĂ©sentĂ©s notamment par le Parti Populaire (PP, droite), les libĂ©raux de Ciudadanos et les deux partis indĂ©pendantistes catalans, ce qui a pour effet de condamner le texte avant mĂȘme qu'il puisse ĂȘtre votĂ©.

M. Sanchez a quittĂ© la chambre des dĂ©putĂ©s quelques minutes aprĂšs le vote, sans faire de dĂ©clarations. A la tĂȘte d'un gouvernement ultra-minoritaire avec seulement 84 dĂ©putĂ©s socialistes sur 350, le socialiste avait promis Ă  son arrivĂ©e au pouvoir de convoquer rapidement des Ă©lections avant de changer d'avis et de dĂ©cider de prĂ©senter un budget pour tenter de se maintenir au pouvoir jusqu'Ă  la fin de la lĂ©gislature en 2020.

AprĂšs ce revers, Pedro Sanchez pourrait ĂȘtre contraint de convoquer des Ă©lections anticipĂ©es. Le 28 avril et le 26 mai, date des prochaines Ă©lections europĂ©ennes, municipales et rĂ©gionales, sont Ă©voquĂ©s dans la presse. Cette dĂ©faite des socialistes sur le budget intervient au lendemain de l'ouverture Ă  Madrid du procĂšs historique de douze dirigeants indĂ©pendantistes catalans impliquĂ©s dans la tentative de sĂ©cession de la Catalogne de 2017.

Un procĂšs qui a tendu Ă  l'extrĂȘme les relations entre le gouvernement et les indĂ©pendantistes catalans, dont les 17 dĂ©putĂ©s, qui ont permis Ă  M. Sanchez de faire son entrĂ©e Ă  la Moncloa en juin en soutenant une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy, lui Ă©taient indispensables pour disposer d'une majoritĂ©.

Leurs discussions ont Ă©tĂ© rompues vendredi, les indĂ©pendantistes continuant Ă  rĂ©clamer un rĂ©fĂ©rendum d'autodĂ©termination pour la Catalogne, qui est une ligne rouge pour le gouvernement. Pour Antonio Barroso, du cabinet Teneo, "le coĂ»t d'un virage modĂ©rĂ© est trop Ă©levĂ©" pour les sĂ©paratistes, qui ont peur d'ĂȘtre "accusĂ©s de traĂźtrise" par leur base s'ils soutiennent M. Sanchez.

Si M. Sanchez n'est "pas obligé légalement" de convoquer des élections, une prorogation du dernier budget étant possible, il serait désormais "difficilement justifiable" de ne pas le faire politiquement, a indiqué l'analyste à l'AFP.

- La droite en tĂȘte dans les sondages -

Depuis quelques jours, le gouvernement de M. Sanchez a adoptĂ© un ton de campagne Ă©lectorale en accusant la droite et les indĂ©pendantistes de voter main dans la main. "Les (partis de) droite et les indĂ©pendantistes vont voter contre ce budget social. Ils veulent la mĂȘme chose: une Catalogne vivant dans la confrontation et une Espagne vivant dans la confrontation (...) Ils ont peur du dialogue", avait-il attaquĂ© mardi, sans douter de l'issue dĂ©favorable du vote.

Plusieurs sondages, dont le dernier a Ă©tĂ© publiĂ© mercredi, donnent le PP, Ciudadanos et le parti d'extrĂȘme droite Vox en mesure de former une majoritĂ© au niveau national. Comme ces trois formations l'ont fait pour chasser les socialistes du pouvoir dans leur fief d'Andalousie (sud), en janvier.

Le PP, Ciudadanos et Vox ont mobilisé dimanche à Madrid des dizaines de milliers de personnes pour réclamer la convocation d'élections à M. Sanchez, accusé de "haute trahison" pour son dialogue avec les indépendantistes qui fait par ailleurs grincer des dents jusqu'au sein de son propre parti socialiste.

"Une majorité de droite est possible mais cela n'est pas certain", nuance Antonio Barroso, et "les négociations ne seront pas évidentes car Vox ne facilitera pas les choses".

AFP

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