Crash du Rio-Paris

Le parquet demande un procĂšs pour Air France et un non-lieu pour Airbus

  • PubliĂ© le 17 juillet 2019 Ă  12:58
  • ActualisĂ© le 17 juillet 2019 Ă  13:00
Photo publiée le 8 juin 2009 montrant des débris de l'avion récupérés aprÚs le crash du Rio Paris dans l'Atlantique

Le parquet de Paris demande un procĂšs devant le tribunal correctionnel contre Air France et un non-lieu pour Airbus, Ă  l'issue de l'enquĂȘte sur le crash du vol Rio-Paris qui a fait 228 morts en 2009, a appris mercredi l'AFP de sources concordantes.

Le parquet considĂšre notamment que la compagnie aĂ©rienne "a commis une nĂ©gligence et une imprudence" en ne dĂ©livrant pas Ă  ses pilotes suffisamment d'informations sur la procĂ©dure Ă  adopter en cas d'anomalies liĂ©es aux sondes qui permettent de contrĂŽler la vitesse de l'appareil, aprĂšs plusieurs incidents du mĂȘme genre au cours des mois prĂ©cĂ©dents, selon son rĂ©quisitoire datĂ© du 12 juillet, dont a eu connaissance l'AFP.

A l'inverse, il estime qu'il n'existe pas de charges suffisantes à l'encontre de l'avionneur pour le renvoyer en correctionnelle. Il appartient désormais aux juges d'instruction de décider s'ils suivent ces réquisitions et décident donc d'ordonner un procÚs pour la seule compagnie aérienne.
Le 1er juin 2009, le vol AF447 s'était abßmé dans l'océan Atlantique. Les 228 passagers et membres d'équipages, de 34 nationalités, avaient péri dans l'accident, le plus meurtrier de l'histoire de la compagnie française.

Dans cette procédure, qui dure depuis plus de dix ans, les deux entreprises avaient été mises en examen en 2011 pour "homicides involontaires". Point de départ de la catastrophe : le givrage en vol de sondes Pitot, qui a conduit à un dérÚglement des mesures de vitesse de l'Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu'au décrochage de l'appareil.

Depuis, l'enquĂȘte a donnĂ© lieu Ă  une bataille d'experts pour Ă©tablir les responsabilitĂ©s dans l'enchaĂźnement ayant menĂ© au crash de l'appareil et les parties civiles poussent pour qu'Airbus et Air France soient jugĂ©s tous les deux.
En 2012, la premiÚre expertise avait pointé à la fois des défaillances de l'équipage, des problÚmes techniques et un déficit d'information des pilotes en cas de givrage des sondes, malgré une recrudescence d'incidents antérieurs signalés à Airbus.

Le constructeur avait alors sollicité une contre-expertise, qui mettait surtout l'accent sur une "réaction inappropriée de l'équipage" et les manquements d'Air France.
La jugeant trop favorable Ă  Airbus, des proches des victimes et la compagnie aĂ©rienne avaient attaquĂ© le rapport devant la cour d'appel de Paris, qui avait ordonnĂ© son annulation et la rĂ©ouverture de l'enquĂȘte.

Toutefois la derniÚre contre-expertise, remise en décembre 2017, a de nouveau suscité l'indignation des parties civiles. Les experts y réaffirmaient que la "cause directe" de l'accident "résulte des actions inadaptées en pilotage manuel" de l'équipage et tendaient à dédouaner Airbus.

AFP

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