Trois jours aprĂšs la disparition d'Emile, les enquĂȘteurs n'ont toujours "aucun indice, aucune information, aucun Ă©lĂ©ment", et une seconde phase va s'ouvrir avec l'analyse des donnĂ©es rĂ©coltĂ©es lors du ratissage du hameau des Alpes-de-Haute-Provence oĂč le bambin Ă©tait en vacances chez ses grands-parents.
"Le petit Emile n'a pas été retrouvé", a commenté le procureur de la République de Digne-les-Bains, Rémy Avon devant la presse, pour un point au troisiÚme jour de sa disparition.
Et malgré la mobilisation, "nous ne disposons d'aucun indice, d'aucune information, d'aucun élément qui puisse nous aider à comprendre cette disparition", a-t-il poursuivi, ajoutant que si Emile, deux ans et demi, s'était perdu, une hypothÚse de moins en moins probable, son pronostic vital serait sans doute "trÚs trÚs engagé".
AprĂšs les battues dimanche et lundi, l'enquĂȘte avait Ă©tĂ© resserrĂ©e mardi sur le hameau du Haut-Vernet, complĂštement bouclĂ© par les gendarmes: les 30 bĂątiments composant le bourg ont Ă©tĂ© "totalement visitĂ©s", 12 vĂ©hicules fouillĂ©s, les 25 habitants entendus et 12 hectares "mĂ©ticuleusement" ratissĂ©s, a dĂ©taillĂ© le magistrat.
Ainsi une unité de sapeurs de la Légion étrangÚre spécialisée dans la recherche de caches a été mobilisée et les recherches sont allées jusqu'à sonder des bottes de foin à la recherche de "matériaux ferreux", avec des détecteurs de métaux spécialisés.
"Il s'agit de rechercher le moindre indice, la moindre trace", a poursuivi le procureur, concĂ©dant qu'Ă ce stade les recherches "n'ont pas apportĂ© d'Ă©lĂ©ments utiles Ă l'enquĂȘte", ni aucune trace d'infraction pĂ©nale dans le cadre de la disparition de l'enfant, que ce soit un homicide ou un enlĂšvement: "Nous en sommes au mĂȘme point qu'hier et qu'avant hier", a-t-il reconnu.
AprĂšs cette phase de rĂ©colte d'informations, qui va se poursuivre mercredi, l'enquĂȘte va passer dans une seconde phase, d'exploitation de ces donnĂ©es, a expliquĂ© le magistrat: ce sera un "temps plus long", a-t-il averti, Ă©voquant une "masse considĂ©rable d'informations" recueillies, notamment au niveau tĂ©lĂ©phonique.
- 1.200 appels téléphoniques -
Le petit garçon, qui venait d'arriver pour les vacances chez ses grands-parents maternels, a été aperçu pour la derniÚre fois par deux voisins samedi, à 17h15, seul, dans une ruelle du Haut-Vernet, minuscule bourg à environ deux kilomÚtres du Vernet, village alpin de 125 habitants au nord de Digne-les-Bains.
Aucune prĂ©cision n'a Ă©tĂ© donnĂ©e par le parquet quant au nombre de membres de la famille qui se trouvaient dans la maison samedi aprĂšs-midi. AĂźnĂ©e d'une large fratrie, la mĂšre d'Emile a neuf frĂšres et sĆurs, dont certains Ă peine adolescents.
Pendant deux jours, les recherches et les battues ont Ă©tĂ© menĂ©es dans un pĂ©rimĂštre de 5 kilomĂštres autour du hameau, mais en vain: "Au bout de 48 heures, l'enfant aurait dĂ» ĂȘtre retrouvĂ© dans ce pĂ©rimĂštre," avait dĂ©jĂ reconnu le prĂ©fet des Alpes-de-Haute-Provence, Marc Chappuis, lundi.
Au total, 80 gendarmes issus des brigades départementales ou du peloton de haute montagne (PGHM) ainsi qu'une dizaine de militaires spécialisés dans le débroussaillage et les sapeurs de la Légion ont été mis à contribution mardi, avec plusieurs équipes cynophiles et un hélicoptÚre en soutien.
L'enquĂȘte judiciaire, ouverte depuis dimanche, est toujours menĂ©e pour "recherche des causes de disparition inquiĂ©tante" et confiĂ©e Ă la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, appuyĂ©e par la brigade de recherches de la gendarmerie de Digne-les-Bains.
Le nombre d'enquĂȘteurs va ĂȘtre renforcĂ©, passant de 15 Ă 20, et la cellule d'enquĂȘte va dĂ©sormais devenir une cellule "nationale", lui permettant de disposer de moyens scientifiques et techniques Ă©largis.
S'agissant de la ligne tĂ©lĂ©phonique dĂ©diĂ©e, elle a dĂ©jĂ reçu 1.200 appels, a indiquĂ© le procureur, en appelant Ă la "citoyennetĂ©" pour ne pas noyer les enquĂȘteurs sous des informations inutiles. Il a ainsi donnĂ© l'exemple d'un signalement qui a entraĂźnĂ© la mobilisation d'une Ă©quipe pour faire une levĂ©e de doute en contrĂŽlant un camping-car dans l'IsĂšre.
La zone oĂč les recherches ont Ă©tĂ© menĂ©es jusqu'Ă prĂ©sent est montagneuse et escarpĂ©e, parsemĂ©e de petits cours d'eau. L'enfant, s'il s'est perdu, aurait dĂ©jĂ passĂ© trois nuits et trois journĂ©es seul, sans boire ni manger, dans des conditions de chaleur difficiles, le dĂ©partement Ă©tant en vigilance canicule.
AFP
