Le pianiste allemand Igor Levit a entamé samedi un concert exceptionnel de 20 heures au cours duquel il va jouer une unique oeuvre d'Erik Satie afin d?attirer l'attention sur le sort des artistes touchés par la pandémie de coronavirus, a constaté l'AFP.
Le concert, retransmis depuis 14h00 locales (12h00 GMT) notamment sur le compte Twitter de l'artiste d'origine russe, est "un cri silencieux" lancĂ© alors que le secteur de la culture est quasiment mis Ă l'arrĂȘt depuis le dĂ©but de pandĂ©mie de nouveau coronavirus, a-t-il estimĂ© dans un communiquĂ© annonçant l'Ă©vĂ©nement.
"Mon monde et celui de mes collÚgues est différent de celui d?avant depuis de nombreuses semaines et devrait le rester pendant un long moment", a également souligné Igor Levit, volontiers présenté par les médias comme l'un des plus grands pianistes contemporains à seulement 33 ans.
Depuis un studio de musique berlinois, l'artiste doit jouer sans interruption "Vexations" d'Erik Satie dont "les quelques notes ? un thÚme et deux variations ? tiennent sur une seule page" mais sont répétées 840 fois.
"L'oeuvre reflĂšte un sentiment de rĂ©sistance, et c'est pourquoi il semble important de jouer les Vexations maintenant", a-t-il encore prĂ©cisĂ©. "Je ne peux pas garantir que je vais mener Ă son terme (le concert). Qui sait? Peut-ĂȘtre qu'Ă un moment je vais m'effondrer. Mais je sais que je serai diffĂ©rent au sortir" de cette performance, a-t-il aussi admis dans un entretien Ă Der Spiegel.
Depuis la mi-mars, Igor Levit a donnĂ© presque chaque soir des "concerts Ă la maison" retransmis en direct sur Twitter. Connu aussi notamment pour son engagement contre l'antisĂ©mitisme, Igor Levit avait rĂ©vĂ©lĂ© fin 2019 ĂȘtre la cible d'une menace de mort lors d'un concert dans une ville du Sud de l'Allemagne. Il avait tenu Ă maintenir ce concert encadrĂ© de lourdes mesures de sĂ©curitĂ©.
Il avait alors fait part de sa peur, "non pas pour moi mais pour ce pays. Mon pays" marqué par une résurgence des actes antisémites, avait souligné cet homme d'origine russe et arrivé enfant en Allemagne.
AFP
