Le FBI a admis mardi ĂȘtre incapable de dĂ©crypter le tĂ©lĂ©phone portable de l'auteur de la tuerie du Texas, un premier obstacle dans une enquĂȘte "complexe" sur les mobiles de Devin Kelley, qui avait des antĂ©cĂ©dents de troubles mentaux.
Il a notamment contacté son pÚre pendant sa fuite aprÚs avoir ouvert le feu dimanche sur des fidÚles rassemblés dans l'église de Sutherland Springs, tuant 25 paroissiens, dont une femme enceinte et des enfants en bas ùge, et en blessant 20, selon les autorités.
La police avait auparavant évoqué la piste d'un "différend familial", notamment avec sa belle-mÚre à qui il avait envoyé des messages de menaces.
"Cela souligne un problĂšme auquel nous avons dĂ©jĂ Ă©tĂ© confrontĂ©s avec les avancĂ©es de la technologie pour ces tĂ©lĂ©phones et l'encryptage", a expliquĂ© Christopher Combs, responsable de l'enquĂȘte pour le FBI. Il a refusĂ© de confirmer que le tĂ©lĂ©phone du tueur Ă©tait un iPhone.
Apple, s'était retrouvé au centre d'un bras de fer avec la justice américaine en refusant d'aider la police à accéder au contenu crypté du téléphone d'un des auteurs de l'attentat de San Bernardino en Californie (14 morts le 2 décembre 2015).
Le FBI voulait déterminer ses liens éventuels avec le groupe Etat islamique mais, pour le constructeur, cela mettrait en péril la protection des données de centaines de millions d'utilisateurs d'iPhone.
Le FBI avait finalement réussi à déverrouiller l'appareil grùce à des prestataires extérieurs.
M. Combs a assuré mardi que le FBI réussirait à terme à débloquer le téléphone car le Bureau avait "des partenaires avec lesquels nous travaillons".
Les policiers, qui soulignent que la scÚne de crime est "vaste et complexe", ont également confirmé que le tueur ne figurait pas dans les bases de données des individus interdits d'acheter une arme.
L'armée de l'Air a admis lundi que Kelley n'avait pas été inscrit au registre du Centre national d'information criminelle (NCIC) aprÚs avoir été condamné par une cour martiale pour violences conjugales. Cette inscription aurait dû lui interdire d'acheter ou de posséder une arme à feu.
- 'Un danger pour lui-mĂȘme' -
La tuerie, la pire dans l'histoire du Texas, n'a que timidement relancĂ© le dĂ©bat sur la circulation des armes Ă feu, surtout dans un Etat oĂč la majoritĂ© de la population est favorable au port d'arme.
"Je suis une fiÚre propriétaire d'arme et j'en ai toujours une sur moi. Et je suis contente d'en avoir, quand ce genre de choses arrive ", a assuré à l'AFP Stephanie Perkovich, 33 ans, qui habite La Vernia, à 10 kilomÚtres du lieu de la tuerie.
Le président Donald Trump a aussi écarté la question du port d'arme, évoquant un "problÚme" de "santé mentale".
Selon des médias américains, Devin Kelley avait effectivement été interné dans une clinique psychiatrique en 2012 aprÚs avoir proféré des menaces de mort.
Kelley, Ă l'Ă©poque caporal accusĂ© de violences contre sa femme et son beau-fils, avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© dans la gare routiĂšre d'El Paso (Texas, sud) en juin 2012, selon un rapport de police rĂ©vĂ©lĂ© par une tĂ©lĂ©vision de Houston.
Il venait de s'Ă©chapper d'une clinique de Santa Teresa (Nouveau Mexique), Ă une vingtaine de kilomĂštres de lĂ , oĂč il avait Ă©tĂ© internĂ© pour avoir profĂ©rĂ© des menaces de mort Ă l'encontre de ses supĂ©rieurs.
Le Pentagone a refusé de confirmer, indiquant à l'AFP que le ministÚre ne faisait aucun commentaire sur un éventuel problÚme psychologique d'un militaire.
Selon un témoin ayant signalé la disparition de Kelley, celui-ci, alors ùgé de 21 ans, "souffrait de problÚmes psychologiques et voulait s'enfuir" de la clinique.
Le militaire reprĂ©sentait "un danger pour lui-mĂȘme et pour les autres" car il avait tentĂ© d'introduire des armes sur la base oĂč il Ă©tait stationnĂ© et "voulait mettre Ă exĂ©cution (ses) menaces de mort".
Décrit comme un homme inquiétant à la vie personnelle ratée, Devin Kelley avait été recruté en 2010 par l'armée comme logisticien.
Deux ans plus tard, il a Ă©tĂ© traduit en cour martiale pour des violences Ă l'encontre de son Ă©pouse et pour avoir fracturĂ© le crĂąne du jeune enfant de celle-ci. La femme a demandĂ© le divorce cette mĂȘme annĂ©e. Le caporal a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă un an de dĂ©tention. Il a aussi Ă©tĂ© dĂ©gradĂ© et renvoyĂ© des rangs de l'US Air Force.
Il s'était remarié et résidait à New Braunfels, à une cinquantaine de kilomÚtres de Sutherland Springs. L'ancien soldat exposait ses frustrations sur les réseaux sociaux, prenant pour cible la religion, l'Eglise et les croyants.
Par René SLAMA - © 2017 AFP


