Les séparatistes cherchaient à s'emparer de plusieurs régions ces derniers temps

Le pouvoir a repris Aden, la capitale du sud du Yémen

  • PubliĂ© le 28 aoĂ»t 2019 Ă  18:24
  • ActualisĂ© le 28 aoĂ»t 2019 Ă  18:32
Des séparatistes yéménites à bord d'un char dans la ville de Chouqrah à l'est de la ville d'Aden dans le sud du Yémen, le 27 août 2019

Les forces gouvernementales au Yémen ont repris mercredi Aden, la grande ville du Sud, infligeant un coup dur aux séparatistes qui avaient cherché ces derniÚres semaines à s'emparer de plusieurs régions du sud du pays meurtri par un conflit complexe et dévastateur.

Depuis 2014, le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi est en guerre contre les rebelles Houthis qui se sont emparés de vastes régions du Nord dont la capitale Sanaa. Mais depuis début août, un nouveau front s'est ouvert avec les combats contre les séparatistes qui réclament l'indépendance du Sud du pays.

Chassées il y a 18 jours d'Aden, la "capitale provisoire" du gouvernement Hadi aprÚs la perte de Sanaa, les forces loyalistes ont pris le dessus sur les troupes séparatistes sudistes du "Cordon de sécurité", dépendant du Conseil de transition du sud (STC).

"Les officiers et les soldats de la garde présidentielle ont réussi à sécuriser de maniÚre complÚte le palais (présidentiel) et ses environs" à Aden, a écrit sur Twitter le ministre de l'Information Mouammar al-Iryani.

"L'armée nationale et les forces de sécurité exercent un contrÎle total sur les districts" de la ville portuaire, a-t-il ajouté. Les combats entre pouvoir et séparatistes avaient éclaté le 7 août à Aden, avant de se déplacer dans la province voisine d'Abyane puis dans celle de Chabwa, plus au nord. Les deux camps avaient pourtant combattu auparavant ensemble les rebelles Houthis.

Quelques jours aprĂšs le dĂ©but des hostilitĂ©s Ă  Aden, les sĂ©paratistes semblaient avoir renforcĂ© leur emprise sur la ville. Mais, ces derniers jours, ils n'ont pas rĂ©sistĂ© Ă  une opĂ©ration du gouvernement qui a dĂ©pĂȘchĂ© d'importants renforts.

- "Retour de l'Etat" -

"Cette victoire n'aurait pas pu ĂȘtre possible sans la volontĂ© sincĂšre et la solidaritĂ© des hommes des provinces du Sud et sans le soutien de nos frĂšres de la coalition" militaire menĂ©e par l'Arabie saoudite, a dĂ©clarĂ© M. Iryani.

Avant l'annonce de la reprise d'Aden, des combats de rue avaient opposé les deux camps. Un correspondant de l'AFP a été témoin d'affrontements dans l'est.

Le Premier ministre MouĂŻn Abdel Malek a estimĂ© que "le retour de l'Etat" Ă  Aden constituait "une victoire pour l'ensemble du peuple yĂ©mĂ©nite". Il a indiquĂ© avoir ordonnĂ© de "protĂ©ger les biens publics et privĂ©s et d'y empĂȘcher tout dĂ©sordre".

Plus tÎt, des responsables des services de sécurité ont indiqué que les forces loyalistes avaient repris la province méridionale d'Abyane, passée la semaine derniÚre sous contrÎle des séparatistes qui s'étaient alors emparés de deux QG des forces de sécurité.

- Importants renforts -
Selon les sources de sĂ©curitĂ©, le succĂšs des forces gouvernementales a Ă©tĂ© favorisĂ© par l'arrivĂ©e d'importants renforts. Le mĂȘme scĂ©nario s'est produit samedi dans la province de Chabwa, oĂč les sĂ©paratistes se sont retirĂ©s face Ă  une poussĂ©e des forces du gouvernement.

La déroute des séparatistes s'est accélérée avec la défection de plusieurs de ses bataillons à Abyane et Chabwa et leur décision de rejoindre les forces du gouvernement, selon des sources de sécurité.

Malgré la perte de Chabwa, le chef du STC, Aidarous al-Zoubaïdi, a promis mardi soir de rebùtir les unités séparatistes de la province de Chabwa et d'en faire des "unités plus fortes".

Le STC bénéficie traditionnellement du soutien des Emirats arabes unis, tandis que le gouvernement Hadi est appuyé par l'Arabie saoudite. Ces deux pays sont pourtant alliés au sein de la coalition militaire intervenue en 2015 au Yémen pour soutenir le pouvoir face aux Houthis. Venus de leur fief du Nord, les Houthis, perçus comme proches de l'Iran, se sont emparés de larges pans du territoire à la faveur de leur offensive déclenchée en 2014.

Lundi, Ryad et Abou Dhabi ont réitéré leur appel au dialogue entre gouvernement et séparatistes sudistes. "La seule voie qui s'offre à nos frÚres au Yémen est de surpasser leurs différends par le dialogue et de travailler ensemble pour contrer l'influence de l'Iran", a dit Adel al-Jubeir, ministre d'Etat saoudien aux Affaires étrangÚres.

Le conflit au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a fait depuis 2014 des dizaines de milliers de morts dont de nombreux civils d'aprÚs des ONG, et plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

AFP

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