Selon nos informations, les pétroliers pourraient céder 5 centimes par litre de carburant. Ce geste serait appliqué au prix à la pompe pour toute la population et pas seulement pour professionnels de la route. Si cette piste se confirmait, elle contribuerait à modérer l'augmentation des prix prévue pour ce vendredi 1er mai. (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Toujours selon nos informations, chacune des quatre compagnies pétrolières, Total Energies, Ola, Engen et Rubis (stations Vito) et la Société réunionnaise des produits pétrolières (SRPP – qui stocke les carburants) verserait un centime. Soit un total de 5 centimes.
Trois des quatre pétroliers seraient d'ores et déjà prêts à faire le geste. Le quatrième hésite encore. Mais les choses devraient se décanter assez rapidement. Les compagnies pétrolières ont été fortement incitées par la préfecture a donné leur réponse au plus tard à la mi-journée.
Si les pétroliers confirmaient leur volonté de finalement mettre la main à la poche, la hausse de prix, prévue pour le 1er main, serait moins douloureuse pour le portefeuille de l'ensemble des usagers, y compris celui des professionnels de la route.
La Région Réunion s'est engagée à verser une aide supplémentaire de 5 centimes par litre (la somme s'ajourant à une aide précédente) "à condition "que les pétroliers y mettent du leur" pour toute la population, avait ainsi souligné Huguette Bello
- Une proposition de lissage des prix à La Réunion a été faite aux pétroliers -
Cette piste arrive alors que, réunis ce dimanche, à Bras-Panon, les membres de l’intersyndicale des professionnels de la route ont choisi de temporiser, préférant laisser une dernière chance au dialogue avec les pétroliers. "Pour l’instant, on n’a pas prévu de nous mobiliser. On attend que les pétroliers fassent un geste", a expliqué à Imaz Press Hugues Atchy, président de la fédération des Taxis indépendants 974.
Dans un communiqué publié dimanche soir, l’Union interprofessionnelle de défense des entreprises réunionnaises (UIDER), a indiqué que le vendredi 24 avril une "amorce de discussion directe (a eu lieu) entre l'UIDER et les pétroliers sur la proposition de négociation relative aux stocks disponibles de la SRPP (Société réunionnaise des produits pétroliers".
L'UIDER ajoute qu'elle a proposé aux compagnies pétrolières "le lissage des prix à la pompe en fonction du stock de carburant acheté avant le 1er avril 2026. Ce stock, acquis à l'ancien prix, représente plusieurs dizaines de millions d'euros de différence de valorisation".
Redistribuée à la population sous forme de lissage sur deux à trois mois, cette action constituerait "une baisse concrète et immédiate — sans toucher aux marges opérationnelles des sociétés privées" a estimé l’Union interprofessionnelle de défense des entreprises réunionnaises.
"Cette proposition a été retenue comme base de discussion par les pétroliers lors des échanges du vendredi 24 avril. L'UIDER prend acte de cette ouverture et en exige la concrétisation en chiffres clairs, applicables directement à la pompe, pour toute la population, sans condition ni dossier" a noté dans son communiqué l’Union interprofessionnelle de défense des entreprises réunionnaises.
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- Une flambée des prix inédite -
Tout commence le 1er avril dernier, avec une hausse brutale des prix à la pompe : le sans-plomb passe de 1,54 euros à 1,96 euros le litre, soit + 42 centimes. Et le gazole de 1,25 euros à 1,77 euros, soit + 52 centimes. Une augmentation inédite, directement liée à la flambée des cours mondiaux du pétrole, dans un contexte de tensions internationales.
Cette augmentation brutale pèse lourdement sur le quotidien des Réunionnais.es et sur l’activité économique. Entreprises de transport, artisans, salariés : tous dénoncent un impact direct sur leur pouvoir d’achat et leur capacité à travailler.
Lors d’une réunion en préfecture la semaine dernière, le préfet a confirmé une nouvelle augmentation du gazole au 1er mai, qui pourrait approcher les 2 euros le litre, sans toutefois franchir ce seuil.
- Des réunions sans réponses concrètes -
Face à la situation, les rencontres se sont multipliées ces derniers jours entre l’État, les collectivités, les syndicats de salariés et les acteurs économiques.
Mais à l’issue de ces échanges, le constat reste le même. "Nous sommes ressortis comme nous sommes rentrés, sans rien", ont déploré les organisations syndicales de salariés, qui dénoncent notamment l’absence de mesures pour les classes moyennes.
Si certaines aides existent, comme des dispositifs nationaux ciblés ou des mesures d’accompagnement pour les publics les plus précaires, elles sont jugées insuffisantes par de nombreux acteurs.
- Dans l'attente des pétroliers -
Malgré les appels répétés des élus, des professionnels et de l’État, les compagnies pétrolières n’ont, à ce stade, annoncé aucune mesure.
Un silence qui alimente les tensions. Pour beaucoup, elles sont pourtant les seules à détenir les leviers immédiats pour agir, notamment en ajustant leurs marges ou en jouant sur les stocks achetés à des prix plus bas.
Les collectivités, de leur côté, affirment avoir déjà contribué à l’effort, appelant désormais les pétroliers à "faire leur part".
- Une mobilisation en suspens -
La menace d’un mouvement social d’ampleur plane toujours. Ces derniers jours, les professionnels de la route et les organisations syndicales de salariés ont évoqué la possibilité de blocages ou de manifestations. Pour l’heure, l’intersyndicale a choisi de suspendre toute action, dans l’espoir d’un geste imminent de la part des pétroliers.
Mais cette accalmie pourrait être de courte durée. En l’absence de réponse rapide, la mobilisation pourrait reprendre. À l’aube de cette nouvelle semaine, les compagnies pétrolières sortiront-elles enfin du silence, ou la crise est-elle appelée à s’intensifier ?
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A un moment donné, il faut un peu voir les choses autrement non?
Au lieu de s'emporter contre les pétroliers et leurs profits, il faudrait peut-être commencer à envisager à moins en dépendre.
On constate bien là à quel point nous sommes dépendants de ces entreprises, et à quel point personne n'est en position de force face à eux.
Par contre, il y a quelque chose qui s'appelle la décarbonation et là, étrangement, personne n'en parle à la Réunion.
Au contraire, on continue maintenir cette dépendance pour des intérêts court-termistes (une partie du financement des collectivités locales via l'octroi de mer et la taxe sur les carburants); et on espère aveuglément ou par déni que tout ça se règle rapidement et que tout le monde puisse revenir à sa vie d'avant ... ce qui pour moi est complètement irresponsable puisque divers indicateurs nous disent déjà que ça ne s'améliorera pas. Et quant bien même ça s'améliore, les crises concernant cette ressource (énergies fossiles) vont se succéder et ce sera de plus en plus grave.
Ne pas oublier non plus que la décarbonation concerne la France, et jusqu'à preuve du contraire, nous sommes une partie de la France; ce qui fait que l'on ne devrait pas y transiger.
A force de ne pas s'y préparer dès aujourd'hui, le choc risque d'être difficile dans les années à venir. Et les années en question, c'est sous 5-10 ans, ça arrive très vite.
Ces non-décisions risquent de nous coûter très cher: juste une question simple, quand il n'y aura quasiment plus de véhicules thermiques et hybrides en France et en Europe et que les seuls qui vont rester seront très chers ainsi que le carburant qui sert à les faire rouler, comment on va faire?
On dirait que personne vraiment à la Réunion n'y pense, on est dans un déni collectif et à l'échelle entière de la société réunionnaise.
Bon. Pas terrible comme effort, mais c'est noté.
Il fallait bien qu'un des acteurs concernés fasse le premier geste.
Maintenant, on attend celui des collectivités locales, et en premier lieu celui de la Région !
Assez tourné-viré.
Heu c'est quoi encore cette fumisterie? Ils entament des négociations pour obtenir une hausse modérée au lieu d'une baisse d'exiger significative du prix à la pompe? Ca sent bien l'entourloupe entre ces différents acteurs qui font mine de négocier, mais nous font un bébé dans le dos. Déjà les syndicats et transporteurs ont échangé le ton ferme de leurs voix contre ce qui s'apparente à une flatterie bon enfant, voire de la supplication. Qu'ont-ils à gagner de plus en faisant la danse du ventre devant les pétroliers? Ils préfèrent taper sur les petits conducteurs mais font le dos rond face à la SRPP. Nous réunionnais, faut pas qu'on se laisse berner par ces clowns qui n'ont d'autres intérêts que leur propre profit..
Et toujours de bons gros profits du côté de total, carrefour and co... Mais ça on le sait depuis longtemps et ça ne nous dérangeait pas bcp. Ça ne nous dérangera pas non plus dans quelques années quand on aura oublié et que rien n'aura changé