Ce n'est pas un poisson d'avril, c'est aujourd'hui que les prix des carburants flambent

  • Publié le 1 avril 2026 à 11:57
carburant

(Actualisé) Nous sommes le 1er avril, comme chaque année, à cette date, les Réunionnais sont particulièrement vigilants quant aux informations qui circulent. La moindre publication devient une blague potentielle. Aujourd’hui, nous ne ferons pas d’humour. La rédaction d’Imaz Press ne se prêtera pas au jeu cette année et nous aurions préféré entendre que l’augmentation des prix des carburants était une blague : il n’en est rien. Ce mercredi 1er avril, les prix grimpent haut, très haut : 1,96 euro le litre de sans-plomb contre 1,54 en mars, et 1,77 euro le litre de gazole contre 1,25 le mois dernier. (Photo : Richard Bouhet/imazpress.com)

Le contexte international et l’inaction locale poussent, et maintiennent, les prix des carburants vers le haut. 

Dans un communiqué, la préfecture fait le point sur la formation des prix des carburants à l'international. Il y est expliqué : "les cotations internationales enregistrent une hausse d’une ampleur inédite : + 75,55 % pour le sans-plomb et + 96,07 % pour le gazole, correspondant respectivement à des hausses d’environ 57,76 $ et 85,88 $ par baril". 

"Par ailleurs, la dépréciation de l’euro par rapport au dollar (- 2,21 %) accentue la hausse des prix des carburants, ceux-ci étant achetés en devise américaine" peut-on lire sur le site de la préfecture.

- Tous les professionnels ne sont pas concernés par les dispositifs d'aide actuels - 

Ce vendredi 27 mars 2026, le gouvernement a annoncé des aides "ciblées" pour près de 70 millions d'euros. Un plan d'aide pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants : la pêche, l'agriculture ou les transports. 

Des aides pour les entreprises déjà en difficulté, et rien pour les entreprises qui se portent bien ou qui font de leur mieux et finiront par sombrer, assommées par une augmentation de leurs charges.

Au Tampon, le gérant des ambulances Dijoux nous confiait : "On n'a pas le choix que de garder notre fonctionnement, c’est aujourd’hui une obligation de nos agréments que de répondre à l’urgence. On est obligé de prendre sur nous en espérant que la hausse ne durera pas longtemps, sinon l’entreprise sera en difficulté", dit Éric Dijoux, dont les véhicules parcourent chacun une moyenne de 250 à 300 kilomètres. 

Si certaines professions bénéficient d’une aide de la Région Réunion sur la consommation de carburant tout au long de l’année, ou d’un remboursement de leurs frais de carburant lorsque ces prix augmentent, ce n’est pas le cas des infirmiers libéraux, ils sont aujourd’hui les grands oubliés de ces négociations.

"Non, on n'est pas concerné par ce qui est proposé. J’ai lu qu’on allait avoir un délai pour payer l’Urssaf, ce n’est pas vraiment une aide, il faudra quand même payer nos cotisations" nous explique Linda Robert, présidente du syndicat national des infirmiers libéraux 974.

- Un peu de lecture pour lutter contre la hausse des prix des carburants -

Rien non plus pour le simple citoyen réunionnais. Enfin, pas vraiment rien, puisque la préfecture vous propose un peu de lecture.

Devant les nombreuses interrogations de la population qui ne comprend pas pourquoi les pétroliers ne contribuent pas à un effort qui ferait diminuer le prix des carburants, la préfecture de La Réunion publie une série de posts sur Facebook, intitulée "Nou di azot tout' su lésans" dans lesquels les services de l’État font de la pédagogie. 

Depuis le vendredi 27 mars 2026, c’est une succession d’informations précises, pointues, afin de tout savoir sur la formation des prix des carburants, la répartition des charges avec un exemple de la répartition des revenus liés aux carburants sur l’île. Regardez.

Des publications que l’on pourrait résumer par : "Ce n’est pas moi, c’est la Région" face à la fiscalité locale.

Là aussi, les Réunionnais entendent, mais cela ne change rien à leur quotidien : ils se disent inquiets et devront payer plus. 

À lire aussi : Hausse des carburants : le préfet s’engage à faire payer la hausse du gazole par les donneurs d’ordre, les transporteurs satisfaits

Nous n'y avons pas échappé. Le jour tant redouté est arrivé, ce mercredi 1er avril 2026, les prix des carburants ont augmenté à La Réunion. Nous aurions préféré que ce soit une blague, mais non, c’est désormais une réalité pour les Réunionnais, qui vont devoir, encore une fois, se serrer la ceinture. 

À lire aussi : Carburants : La Réunion à la veille d'une hausse des tarifs, automobilistes, préparez vos portefeuilles

ee/www.imazpress.com/[email protected]

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8 Commentaires
Huguette
Huguette
2 semaines

Il y a quelques temps pour ces mêmes variations de prix on allait devant la Région et Imazpress critiquait son président. Bizarre que ce ne soit plus le cas cette fois...

Run
Run
2 semaines

Juste pour voir un peu plus loin que la seule journée d'aujourd'hui.
La prochaine étape est la pénurie de carburant, notamment de gazole.
Donc il faut avoir conscience que la situation risque de se compliquer.

Cette situation pourrait éventuellement s'améliorer dans les semaines ou mois à venir, mais il faut également avoir conscience que ça reviendra (ce ne sont pas les crises qui manquent); et des infrastructures ont été détruites lors des bombardements.

Bref, il serait peut-être temps de mettre les pieds dans le plat et réellement se remettre collectivement en question.
On ne cesse de répéter que le tout automobile a atteint ses limites à la Réunion; à cela s'ajoute cette crise après celle de 2022 et les prochaines.
Au fond de nous, nous devrions savoir que ça ne pourra pas continuer comme ça.

Alors que fait-on? Si on demande à la Région de baisser les taxes, on le demande pour combien de temps? Et du coup, serait-on prêt à annuler ou retarder la NRL? A ce qu'il y ait moins de cars jaune? Moins entretenir les routes?

Alors que justement, c'est dans ces moments là qu'on devrait avoir le courage de changer les choses.
Réfléchir à devenir moins dépendants de la voiture individuelle.
Réfléchir à prendre une électrique si on est amené à changer de voiture.
A prendre le bus si c'est possible.
A utiliser un vélo si c'est possible.

Et non juste, demander aux autres que tout soit fait pour que rien ne change pour nous.

Changer ça demande des efforts, et nous devrions tous le faire collectivement, nous citoyens, mais aussi nos élus.
Oui je sais, c'est pas à la mode le mot collectif de nos jours tellement on est en mode chacun pour ses pommes et c'est plus aisé de mettre la faute sur un tel ou un tel.

Nathan
Nathan
2 semaines

En France un dicton y di pa : "En avril, ne te découvre pas d'un fil" ?

Là, avec leurs augmentations des prix des carburants comprises entre 27 % (pour l'essence) et 41 % (pour le gasoil), ils vont nous mettre ... à poil !

Élus qui nous aident
Élus qui nous aident
2 semaines

Heureusement on a des elusi qui nous aident et qui sont competents.

Melchior ..... poisson d'avril.

Qui a tué le tram train ?
Qui a tué le tram train ?
2 semaines

Maurice a le tram. A la Reunion on a ke coma circulatoire et le tram train de Verges a été supprimé.

Qui a supprimé le Tram train ?
- Didier robert
- olivier riviere (st Philippe)
- Virapoullé
- Mdoihoma
- Vergoz de ste Rose
- Morel
- lobby automobile
- lobby gérants de station service

Ces elus ne sont pas visionnaires.

achtung
achtung
2 semaines

et les Mauriciens bossent sans faire de crédit pour des voitures inabordables en temps normal.

ZembroKaf
ZembroKaf
2 semaines

@ a t-on eu des élus visionnaires depuis "Legros Lagourgue Vergès...) ???
on a que des élu(e)s depuis l'avènement des arrivistes actuels "pour les poches et leurs proches" !!!

Dionysien
Dionysien
2 semaines

Legros ? Peut être pas.
Lagourgue ? Pas celui de ste marie

Verges : OUI