Carburants : La Réunion à la veille d'une hausse des tarifs, automobilistes, préparez vos portefeuilles

  • Publié le 31 mars 2026 à 03:00
  • Actualisé le 31 mars 2026 à 05:59
station service Engen chaudron

C'est n'est une surprise pour personne. À compter de ce mercredi 1er avril 2026, vos pleins vont faire flamber votre porte-monnaie. Et pour cause, dès demain, il vous faudra compter 1,96 euro pour un litre de sans-plomb (contre 1,54 en mars) et 1,77 euro le litre de gazole (contre 1,25 euro en mars). Il ne sera donc pas surprenant de voir les automobilistes profiter de ce dernier jour à un tarif raisonnable, pour faire remplir leur véhicule (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Bien de mauvaise foi, ceux qui pesteraient contre les personnes qui feront la queue dans les station-service.

Nous sommes tous pareils. Personne n'a envie de payer plein pot un plein à un tarif que l'on jugera raisonnable aujourd'hui.

- Les Réunionnais ne veulent pas être "des vaches à lait" -

Sur les réseaux sociaux comme dans la rue, la population le dit, elle "n'a pas envie d'être la vache à lait de l'État", pas envie de passer à la caisse alors qu'elle doit déjà gérer des fins de mois difficiles et une vie toujours plus chère.

À 36% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

D'autant que le préfet prévient, si le prix des carburants augmente, celui des marchandises, notamment en grande surface, sera également concerné.

Le représentant de l'État, demandant aux Réunionnais de "faire preuve de solidarité" et à se questionner sur leur façon de se déplacer.

Si les Réunionnais vont devoir passer à la caisse, le préfet souhaite rassurer : "malgré la hausse attendue, le mécanisme actuel permet de garantir que celle-ci se limitera à la réalité de la hausse des coûts des approvisionnements, et ne profitera ni aux grossistes ni aux détaillants, dont les marges resteront strictement encadrées à leur niveau actuel".

- La cruelle loi de l'offre et de la demande selon la préfecture -

À l'heure où le conflit au Moyen-Orient dure, cette hausse des prix "n'est pas le fait de décisions locales mais l'application stricte des évolutions sur les marchés", précise la préfecture de La Réunion pour justifier cette hausse des carburants.

"Comme il y a moins de pétrole disponible sur le marché mondial en raison de la crise au Moyen-Orient, le pétrole disponible sur le marché est plus demandé", explique la préfecture.

Le préfet a préféré augmenter le prix des carburants par anticipation. Le département s'approvisionnant à Singapour. Le pays asiatique fait les frais de la concurrence directe avec la Chine et le répercute sur ses tarifs.

La préfecture tient à rappeler que "de manière générale, la fiscalité de l’État sur les carburants en outre-mer est d'ores et déjà quasiment nulle".

Toutefois, que l'on se rassure, aucune rupture n'est annoncée pour La Réunion. Lors de la conférence de presse du préfet, Philippe Collowald, vice-président de la SRPP a assuré qu'à ce jour "notre logistique d'approvisionnement continue avec un stock de deux mois de conservation en plus des navires qui continuent à arriver". Écoutez.

Lire aussi - Conflit au Moyen-Orient : hausse des carburants, hausse des prix à la consommation… La Réunion, victime collatérale de la guerre

- Des aides ciblées pour certains professionnels de la route -

Le gouvernement a annoncé des aides "ciblées" pour près de 70 millions d'euros et la mise en place de plusieurs dispositifs d'aides de soutien immédiat à la trésorerie au bénéfice de certaines filières économiques, notamment la pêche, l'agriculture ou les transports.

Parmi ces aides, le report de cotisations sociales, un "étalement des échéances fiscales et la mise en place de prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance, pour venir en appui à la trésorerie des TPE les plus exposées à la hausse des prix du carburant", détaillait auprès d'Imaz Press la préfecture de La Réunion.

Les aides annoncées, dévoilées par la préfecture à Imaz Press, ont pour vocation de "soutenir les organisations professionnelles dont les entreprises sont particulièrement impactées par l'augmentation des prix des carburants".

Les soignants – non cités dans les aides de l'État, demandent la mise en place d’une aide exceptionnelle pour faire face à la crise.

- Un appel à la solidarité des pétroliers -

L'offre et la demande certes peuvent expliquer cette hausse, mais la population se demande pourquoi ne pas la répercuter sur certains professionnels ? Pourquoi ne pas diminuer les taxes comme dans certains pays.

Pourquoi ne pas faire comme en Espagne. Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars 2026, les station-services ont ajusté leurs prix à la baisse alors que les autorités ont décidé de faire passer la TVA de 21 % à 10 %.

L’Italie a adopté le 18 mars un décret-loi réduisant de 0,25 € par litre le prix du carburant. Le Portugal a mis en place une réduction des taxes sur les carburants, offrant une économie de 1,8 centime par litre de gazole et 3,3 centimes par litre d’essence.

La Région partage l’inquiétude des Réunionnais et des acteurs économiques en particulier. Elle demande que le gouvernement réactive un dispositif de soutien aux collectivités, toutes confrontées à la hausse du prix des carburants. "En tout état de cause, la fiscalité sur les carburants, qui n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants, ne saurait être la variable d’ajustement des prix des produits pétroliers sur un marché mondial extrêmement volatile", estime-t-elle.

"Il serait d’ailleurs souhaitable, dans ce contexte de crise, qu’un effort soit fait par les pétroliers dont les profits mirobolants leurs confèrent des marges de manœuvre", poursuit la Région.

La Région a plaidé auprès de l’État pour "imposer aux pétroliers un lissage dans le temps de la hausse des prix afin d’en réduire l’impact pour les consommateurs".

Le député Perceval Gaillard a interpellé le gouvernement afin que, "les sociétés pétrolières participent à l'effort collectif afin que ça ne soit pas uniquement les Réunionnais qui payent".

Pour le député Philippe Naillet, "Les Réunionnais ne peuvent pas subir les conséquences d’un conflit décidé par des dirigeants irresponsables".

Au 1er avril 2026, le sans-plomb prend 42 centimes et passe à 1,96 euro (contre 1,54 en mars), le gazole augmente de 52 centimes et sera vous coûtera 1,77 euro le litre à la caisse (contre 1,25 euro en mars).

Un prix que La Réunion n'avait pas connu depuis 2022, lors de la crise en Ukraine. Le sans-plomb avait alors grimpé à 1,96 euro.

Le client final, c’est le Réunionnais, c’est vous, moi. Tout le monde va être impacté et tout le monde va devoir payer.

Lire aussi - Monsieur le préfet, pourquoi les Réunionnais devraient, une fois de plus, payer le prix fort pour (sur)vivre

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

guest
0 Commentaires