Région : l’État et les pétroliers doivent prendre des mesures exceptionnelles

  • Publié le 26 mars 2026 à 15:18
  • Actualisé le 26 mars 2026 à 15:23
station service Engen chaudron

La Région Réunion a pris connaissance des annonces du Préfet concernant la hausse importante du prix des carburants prévue au 1er avril. Nous publions le communiqué du conseil régional, dans son intégralité, ci-dessous : (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Comme elle l’avait indiqué dans son communiqué en date 4 mars 2026, La Réunion subit, comme la France hexagonale et l’ensemble des pays de la planète, les répercussions de la guerre déclenchée par le Président des États-Unis et le Premier ministre d’Israël au moyen-orient. 

Le caractère insulaire de La Réunion la rend particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché mondial de l’énergie. Dans l’immédiat, la Région partage l’inquiétude des Réunionnais en général, et des acteurs économiques en particulier, face aux impacts de cette hausse du coût des carburants qui va affecter la population et l’ensemble de l’économie, du fait, également, d’une augmentation prévisible du coût du fret.

S’agissant plus particulièrement de l’essence, la Région tient à rappeler que la taxe spéciale sur la consommation de carburants (TSCC) n’a pas varié depuis plus de vingt ans et qu’elle est très inférieure à celle en vigueur dans l’Hexagone (accise sur les produits pétroliers).

Lorsque le prix du carburant augmente, la TSCC, qui est forfaitaire, diminue en part relative, et la Région, comme les autres bénéficiaires de cette taxe (Département, communes et EPCI), ne perçoit aucune recette supplémentaire. Il importe également de préciser que la Région accorde une détaxe partielle, sous forme de remboursement, aux professionnels de la route (transporteurs, taxis, ambulanciers...), ainsi qu’aux agriculteurs et aux pêcheurs. 

L’autre volet fiscal des prix de l’essence concerne l’octroi de mer. Il convient de rappeler que l’essentiel du produit de cet octroi de mer est versé directement aux communes. Dans le contexte inflationniste, tout prélèvement sur ces recettes est extrêmement délicat et doit, a minima, faire l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés.

Les collectivités locales vont, en effet, elles aussi, être confrontées à l’impact de l’augmentation du coût de l’énergie,  alors qu’elles doivent assurer le fonctionnement des services publics au profit de la population et le financement des investissements, essentiels pour le maintien de l’activité économique. À ce titre, la Région, en relation avec "Régions de France", demande que le gouvernement réactive un dispositif de soutien aux collectivités, toutes confrontées à la hausse du prix des carburants.

En tout état de cause, la fiscalité sur les carburants, qui n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants, ne saurait être la variable d’ajustement des prix des produits pétroliers sur un marché mondial extrêmement volatile. Il serait d’ailleurs souhaitable, dans ce contexte de crise, qu’un effort soit fait par les pétroliers dont les profits mirobolants leurs confèrent des marges de manœuvre.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que la Région a plaidé auprès de l’État pour imposer aux pétroliers un lissage dans le temps de la hausse des prix afin d’en réduire l’impact pour les consommateurs.

Sur ce plan, elle s’interroge sur le durée des stocks stratégiques et en conséquence, sur la nécessité de la répercussion immédiate, dès le mois d’avril, de la hausse annoncée et sur la justification du montant de l’augmentation. La Région souhaite que toute la transparence soit faite sur cette question, depuis le prix d’achat à Singapour, jusqu’à l’arrivée et la sortie des carburants des cuves de la SRPP.

L’ampleur et la gravité du problème justifient également que s’exerce la solidarité nationale. Face à une crise conjoncturelle majeure qui frappe toute l’économie, l’État ne peut rester immobile et ne pas mobiliser des moyens exceptionnels pour préserver le pouvoir d’achat de la population.

Pour sa part, la Région, agissant de manière volontariste, consacre un effort budgétaire significatif pour alléger le prix de la bouteille de gaz. Dans le contexte de prévision à la hausse du prix du gaz, durant les prochains mois, la collectivité régionale devra apprécier les efforts budgétaires supplémentaires à consentir pour examiner la possibilité de maintenir le plafonnement du prix à la vente de la bouteille de gaz fixé actuellement à 18 euros grâce à l’intervention exclusive de la Région.

Elle appelle l’ensemble des acteurs concernés, dont le Département, de part ses compétences en matière sociale, à partager cet effort afin qu’il soit soutenable. Depuis la mise en œuvre du dispositif en 2022, la Région a engagé sur ses fonds propres, 12,5 millions d’euros.

La Région Réunion sollicitera l’État pour des réunions avec les acteurs pétroliers afin de faire toute la transparence sur l’approvisionnement de notre île en carburants, sur la gestion des stocks stratégiques, sur la fixation des prix depuis le coût d’achat à Singapour, et d’interroger le modèle actuellement en vigueur et envisager toute piste d’amélioration susceptible d’être apportée. 

Enfin, à la lumière de l’évolution de la situation internationale, elle se concertera avec l’État pour l’organisation d’une réunion avec les acteurs économiques afin d’évaluer les impacts de la crise dont les effets seront durables et de nature comparable aux précédents chocs pétroliers, et explorer, en conséquence, des mesures appropriées. 

Notre île doit se préparer à affronter cette crise. Plus que jamais, nous devons amplifier nos efforts pour renforcer l’autonomie énergétique et la sécurité alimentaire de notre territoire. 

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