(Actualisé) Confirmant une information publiée par Imaz Press ce mercredi 25 mars 2026, le préfet Patrice Latron annonce que le prix du sans-plomb va "tangenter les deux euros par litre". "C'est une hausse que nous n'avons pas connu depuis longtemps, avec une augmentation de plusieurs dizaines de centimes pour l'ensemble des carburants", confirme-t-il. Une légère augmentation du prix de la bombonne de gaz est aussi attendue. La vente "sous récipient transportable" de carburant à 20 litres par achat est désormais limitée à compter de 12 heures et jusqu'au 31 mars. Tout cela est la conséquence du contexte international, marqué par une situation de conflit exceptionnel au Moyen-Orient, les marchés mondiaux de l’énergie connaissent actuellement une hausse brutale et généralisée. Le préfet comme les pétroliers insistent par ailleurs sur le fait qu'il n'y a "pas de danger de rupture" à La Réunion. (Photos : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
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Le Port : longues files d’attente dans les stations
Au Port, les files d’attente dans les stations-services sont de plus en plus longues. "Les gens ont commencé à venir dès qu’ils ont entendu que le plein serait limité à 20 litres" note un pompiste.
"Pourtant ce n’est pas le cas, il n’y a que les jerricans qui sont limités à 20 litres, pas les voitures, mais les gens n’ont pas compris", déplore-t-il.

(Photo d'illustration : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
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Ruées sur les stations-service
Après l'annonce du préfet de La Réunion, les gens sur ruent dans les stations-service. Exemple ici à l'Éperon de Saint-Paul. Regardez.
(Vidéo de deejayenzeo)
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Pour le député Perceval Gaillard, "les sociétés pétrolières doivent mettre la main à la poche"
Dans un courrier adressé au Ministre de l'économie, Roland Lescure, le député Perceval Gaillard interpelle le gouvernement sur l'augmentation attendue du carburant à La Réunion.
Il demande au gouvernement d'inclure les profits "inouis et scandaleux" faits par les sociétés pétrolières à La Réunion dans la méthode de calcul du prix mensuel à la pompe. Selon lui "les multinationales du pétrole doivent participer à l'effort collectif afin que ça ne soit pas uniquement les Réunionnais et les Réunionnaises qui payent l'addition."
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La vente par bidon limitée à 20 litres par achat, les consommateurs peuvent continuer à faire leur plein
L'annonce de la préfecture semble avoir porté à confusion certains consommateurs : c'est bien la vente par bidon qui est limitée à 20 litres par achat, et non le plein d'essence.
Dans un arrêté publié en date de ce mercredi 25 mars 2026 la préfecture annonce une restriction "de la vente de carburants routiers sous récipients transportables" à compter de 12 heures, et jusqu'au 31 mars 2026 à minuit.
Cela ne concerne pas les pleins de voiture, mais l'achat par bidon. Les consommateurs peuvent donc continuer de faire le plein comme à leur habitude, mais devront limiter leur achat de carburant "à emporter" à 20 litres
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Le préfet a voulu faire preuve de transparence
Parce cette conférence, "ce qui m'anime, c'est de faire preuve vis-à-vis des Réunionnais qui seront confrontés à une très forte hausse des prix des carburants pour leur permettre de prendre conscience du fait que le conflit mondial a des répercussions". Écoutez.
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Pas de risque de pénurie pour La Réunion
En lien avec les importateurs, la préfecture tient à apporter un message clair et rassurant : il n’existe à ce stade aucun risque de pénurie de carburants à La Réunion.
Les approvisionnements sont assurés de manière continue et sécurisée grâce à un contrat annuel de fourniture en carburant passé par les pétroliers avant le déclenchement de la crise et garantissant l’approvisionnement au cours du marché.
Les flux logistiques permettent donc de répondre aux besoins courants du territoire.
De même, il n’existe aucun risque de pénurie de gaz. L’approvisionnement du territoire est garanti par un autre contrat annuel, signé avec un fournisseur basé aux États-Unis.
Dans ce contexte, le préfet appelle à la responsabilité collective de la population pour éviter les phénomènes de sur-stockage, susceptibles à eux seuls de désorganiser les circuits d’approvisionnement et de générer des tensions artificielles dans la distribution.
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La SRPP confirme que l'approvisionnement continue
Interrogée, la Société réunionnaise de produits pétroliers indique que "notre approvisionnement continue comme convenue".
"À ce jour notre logistique d’approvisionnement continue comme d’habitude avec un stock de deux mois de conservation en plus des navires qui continuent à arriver."
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Plusieurs dizaines de centimes d'euros pour les carburants
Le préfet Patrice Latron confirme l'information que nous vous révélions hier, à savoir que les carburants augmenteront de plusieurs dizaines de centimes d'euros. Toutefois, questionné par Imaz Press sur le prix qui sera affiché à la pompe le 1er avril, le préfet a dit ne pas vouloir donner le prix de suite.
Le préfet assure que "cette hausse importante intervient après plusieurs mois consécutifs de baisse des prix des carburants à La Réunion", pourtant, au 1er mars, les prix du sans-plomb et du gazole enregistraient une hausse de 3 centimes par litre chacun.
La préfecture communiquera le niveau définitif de la hausse au plus tard à J-2, soit le lundi 30 mars. Écoutez.
"Il y a une demande d'augmentation des marges des importateurs depuis des mois, que j’ai refusé et ce n’est pas maintenant que je vais accepter", dit le préfet.
Un prix avoisinant les deux euros avait déjà été constaté en 2022 lors de la crise en Ukraine.
Une augmentation sur le gaz est aussi à craindre mais "elle sera plus limitée".
Dans un communiqué publié ce mardi, Christophe Estève, référent de Place Publique à La Réunion, craignait "une hausse inévitable du coût du gaz, y compris celui des bouteilles utilisées quotidiennement par les Réunionnais pour cuisiner".
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Pas de rupture d'approvisionnement des carburants
Mais il le précise, "il n'y aura pas de rupture d’approvisionnement". La SRPP devrait d'ailleurs augmenter les rotations des camions de livraisons.
"J’ai conscience que les Réunionnais vont aller faire leur plein. Il va y avoir une pression accrue et une pression locale sur les pompes, c'est normal et assumé."
Il poursuit : "si je prends la parole c’est pour permettre aux Réunionnais de faire un dernier plein. Il n’y a pas de profiteurs de crises, les marges ne vont pas changer. C’est moi qui administre les prix." "Nous rentrons dans des temps difficiles. Je lance un appel à la solidarité. Plus que jamais il est nécessaire de se demander si on continue à rouler seul en voiture ou si on partage les frais et les transports." Écoutez.
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Les Réunionnais vont connaître une augmentation des prix du carburant
À La Réunion, les prix des carburants sont administrés pour éviter les abus. "Nous avons été protégés depuis le 1er mars. Les livraisons en cours m'obligent à augmenter considérablement les prix", dit le préfet.
"Comme l'ensemble des Français (de l'Hexagone), avec un petit peu de retard, les Réunionnais vont connaître une augmentation des prix", assure-t-il. Écoutez.
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"Nous allons avoir une hausse importante que La Réunion n’a pas connu depuis très longtemps", annonce le préfet
Peu après 11 heures, c'est casquette aux couleurs de la préfecture sur la tête que le préfet Patrice Latron salue les équipes de la SRPP et la presse.
"Pourquoi sommes-nous là ? On est là pour parler du prix du carburant. Nous allons avoir une hausse importante que La Réunion n’a pas connu depuis très longtemps", annonce le préfet."Nous sommes dans un contexte international qui est très instable suite au conflit en Iran et au Moyen-Orient et aux perturbations du trafic qu'il y a dans le détroit d'Ormuz", poursuit le représentant de l'État.
L'ensemble des chaînes de valeur énergétiques sont impactées, "même si le détroit d'Ormuz ne concerna pas La Réunion directement, l'essence venant de Singapour".
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Les médias convoqués sur le site de la Société réunionnaise de produits pétroliers (SRPP)
Les médias sont convoqués sur le site de la SRPP ce mercredi 25 mars 2026.
Certains s’étonneront que l’État décide de faire une conférence de presse pour informer les Réunionnais sur le coût des carburants sur le site géré par les pétroliers. Chez les pétroliers.
Du côté de la presse, nous avons l’impression d’une opération de communication. La conférence de presse, s’installe, en plein soleil, derrière les grilles de la SRPP.
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La vente "sous récipient transportable" limitée à 20 litres par achat à compter de ce mercredi
Dans un arrêté publié en date de ce mercredi 25 mars 2026 la préfecture annonce une restriction "de la vente de carburants routiers sous récipients transportables" à compter de 12 heures, et jusqu'au 31 mars 2026 à minuit.
L'État invite les "détaillants, gérants et exploitants des stations-services, notamment celles qui disposent d'appareils automatisés permettant la distribution de carburant, prennent les dispositions nécessaires pour faire respecter cette restriction".
Cela en raison du "risque de tensions dans les stations-services lié à la hausse prévisible du prix des carburants".
La préfecture précise : si l'approvisionnement de La Réunion en hydrocarbures est sécurisé, la disponibilité en carburant des stations-services peut, quant à elle, être temporairement perturbée en cas d'afflux massif de clients".
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Bonjour La Réunion,
Merci de nous retrouvez pour ce direct.
La Réunion connaîtra-t-elle une hausse drastique des carburant en raison du conflit au Moyen-Orient. La préfecture fait le point ce mercredi.
À propos
Hausse des carburants à venir, hausse des produits de consommation… Les répercussions de ce conflit seront "inévitables" et la population en sera la première victime collatérale, comme nous vous le révélions ce mercredi.
Le ministre de l'Économie français évoque "un nouveau choc pétrolier". "L'hypothèse d'une crise passagère, dont les conséquences économiques s'effaceraient avec la fin des bombardements, n'est malheureusement désormais plus d'actualité", a-t-il dit, devant la commission des Finances de l'Assemblée.
- Produits de consommation et carburants plus chers ? -
C'est à cette réponse que le préfet Patrice Latron devra répondre ce mercredi. Et pour cause, face à un transport et à des expéditions en hausse, "le coût des marchandises transportées va augmenter", explique Jérôme Vellayoudom, docteur en intelligence économique, chercheur associé au laboratoire du centre de Recherche en gestion et d'enseignement multidisciplinaire international (CEREGE) et enseignant en géopolitique.
Une situation qui, si elle se concrétise, aura une incidence sur les prix, déjà en augmentation ces derniers temps. Selon les chiffres de l'Insee en date du vendredi 27 février 2026, "les prix de l’alimentation, des produits manufacturés et du tabac augmentent entre 0,3 et 0,7 %".
D'autant que La Réunion importe l'essentiel de ce qu'elle consomme. Selon le dernier bilan des importations agricoles publié par la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Daaf), la valeur douanière des produits concernés dépasse 257 millions d'euros en 2024.
Une hausse qui devrait également se répercuter sur le prix à la pompe à La Réunion. "Notre carburant vient de Singapour où il est raffiné et avec l'acheminement et le coût du transport bateau qui augmente, le prix à la pompe va augmenter", précise Jérôme Vellayoudom.
Conséquence immédiate, selon nos informations : les prévisions les plus pessimistes parlent de plusieurs dizaines de centimes d'augmentation par litre de carburant dès le 1er avril. Déjà au 1er mars, les prix du sans-plomb et du gazole enregistraient une hausse de 3 centimes par litre chacun. Reste à savoir si cela va se concrétiser.
- Les navires qui ravitaillent La Réunion impactés par l'augmentation du baril de pétrole -
L'un des éléments qui pourrait expliquer l'augmentation des prix, est la hausse du prix des carburants des bateaux.
"Le prix du fioul utilisé par les navires (le VLSFO) – utilisé dans les 20 plus grands ports a quasiment doublé", explique Jérôme Vellayoudom, docteur en intelligence économique, chercheur associé au laboratoire du centre de Recherche en gestion et d'enseignement multidisciplinaire international (CEREGE) et enseignant en géopolitique.
De plus, "on note + 10% de surcharges sur le transport routier en pré-acheminement sur les tarifs actuels concernant le fret maritime", indiquait Philippe-Alexandre Rebboah, président du Syndicat d'importation et du commerce de La Réunion (SICR).
- Téhéran desserre l'étreinte sur Ormuz -
Toutefois, cette crainte d'envolée des prix pourrait s'amenuiser. Donald Trump a proposé un plan de paix à l'Iran et s'est montré optimiste mardi sur les chances de parvenir à un accord, Téhéran indiquant de son côté qu'il laissera passer les navires non hostiles par le stratégique détroit d'Ormuz.
Autre espoir que les prix n'augmentent pas, la chute du cours du baril de Brent, référence du marché pétrolier mondial, de près de 6% mercredi matin après que l’Iran a dit rouvrir le détroit stratégique d’Ormuz à des navires et que le président américain Donald Trump a transmis un plan de paix à Téhéran.
Près de 20% de la production mondiale d’hydrocarbures transite par ce détroit, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.
ma.m/www.imazpress.com/[email protected]




