(Actualisé) Face à la flambée des prix des carburants et à ses conséquences sur le pouvoir d’achat, le conseil départemental annonce une enveloppe exceptionnelle de 5 millions d’euros pour soutenir les publics les plus fragiles. Dans le même temps, il appelle la Région à revoir sa copie pour élargir les aides à l’ensemble de l’économie locale. (Photos Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
Alors que la crise des carburants touche La Réunion depuis plusieurs semaines, le conseil départemental a pris position ce mercredi 15 avril 2026, à l’occasion de sa séance plénière. Dans une motion présentée, les élus annoncent le déblocage d’une enveloppe de 5 millions d’euros, via la Cart'Monétik, destinée à soutenir les populations les plus vulnérables. Écoutez.
Cette décision intervient dans un contexte de forte hausse des prix à la pompe. Pour rappel, en l’espace d’un mois, le sans-plomb est passé de 1,54 euros à près de 1,96 euros le litre, tandis que le gazole a bondi de 1,25 euros à 1,77 euros, soit des augmentations respectives de +27 % et +40 %.
Face à cette situation, le Département affirme vouloir "prendre toute sa part dans la réponse à cette crise", en ciblant notamment les personnes âgées, les personnes handicapées, les bénéficiaires du RSA. L’objectif de la collectivité : atténuer l’impact de la hausse du coût de la vie sur les publics les plus fragiles.
Au total, ce sont près de 60.000 Réunionnais qui sont concernés : environ 22.000 bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), 2.000 personnes en situation de handicap, 25.000 allocataires du RSA, ainsi que près de 5.000 foyers accompagnés via le chèque d’accompagnement alimentaire. "L’aide peut servir à payer le supplément carburant, mais aussi la bouteille de gaz, les frais de médicaments, l’électricité ou l’eau. C’est à la famille de décider de son utilisation", précise le président du Département, Cyrille Melchior.
Le président insiste également sur l’effort consenti par la collectivité : "Quand nous mettons 5 millions, ce sont des euros sur fonds propres. Pas une recette supplémentaire."
- Une réponse de la Région jugée inssufisante -
Dans cette motion, le conseil départemental adresse également un message clair à la Région : la collectivité estime en effet que les mesures proposées à l’issue de la mobilisation des professionnels de la route "ne sont pas à la hauteur des difficultés et ne concernent pas l’ensemble du tissu économique et de la population".
Ils appellent ainsi la Région à "réexaminer sans délai une plus juste redistribution des recettes issues de l’octroi de mer", considérée comme un levier d’action immédiat pour faire baisser la pression sur les ménages et les entreprises.
Le Département rappelle d’ailleurs que la fiscalité sur les carburants ne relève pas de sa compétence directe. "La seule augmentation qu’on peut constater concerne l’octroi de mer, et le Département n’en bénéficie pas", souligne Cyrille Melchior. Regardez.
De son côté, la Région appellait, elle, le Département à se remettre autour de la table des négociations, afin de "faire un effort" sur le prix de la bouteille de gaz, notamment.
- Une crise aux répercussions larges -
Cette prise de position intervient après une mobilisation d’ampleur des professionnels de la route, réunis en intersyndicale, qui dénoncent l’impact direct de la hausse des carburants sur leur activité. Si le mouvement de grève lancé ce lundi 13 avril a été suspendu après des négociations, la situation reste sous tension.
Le Département pointe d’ailleurs une crise qui dépasse largement ces seuls secteurs : "de nombreuses catégories professionnelles et une large part de la population (…) restent aujourd’hui sans réponse face à la cherté de la vie".
- Appel à une mobilisation collective -
La collectivité appelle à une réponse coordonnée : "L’ensemble des collectivités, les partenaires institutionnels et les pétroliers" sont invités à "se mobiliser pleinement, dans le respect de leurs compétences, afin de limiter les effets de cette crise sur la population et l’économie locale".
Par cette motion, le Département entend ainsi assumer ses responsabilité en terme de social, tout en pressant la Région d’élargir ses mesures pour répondre à une crise désormais qualifiée de majeure pour le territoire réunionnais.
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Le département n'a rien à dire de constructif, car il est facile de dépenser l'argent de l’État, surtout quand on est de droite et libéral, si tant est que Melchior est quelque chose. 256 milliards d'aide au secteur privé de la part de l’État par an, c'est bon non ?