La mobilisation des professionnels de la route contre la hausse des prix des carburants a été suspendue ce lundi 13 avril 2026 en début de soirée, après une journée de fortes tensions et de négociations avec la Région. L’intersyndicale, qui regroupe plusieurs secteurs particulièrement dépendants du carburant, a annoncé lever le mouvement tout en restant en alerte (Photo : Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)
"Nous suspendons la grève", ont déclaré les représentants à l’issue des discussions avec la Région, précisant cependant que cette décision ne valait pas sortie de crise. "Si rien ne bouge, on reprendra", ont-ils averti, laissant planer la possibilité d’une reprise rapide de la mobilisation.
Cette suspension intervient après une nouvelle proposition de la Région, qui s’est dite prête à renforcer son soutien financier. La collectivité envisage d’ajouter 5 centimes d’aide par litre de carburant, en complément des dispositifs déjà en place. Une mesure toutefois conditionnée à la participation des compagnies pétrolières. "Il faut que les pétroliers y mettent du leur", a insisté la Région, appelant à un effort partagé entre les différents acteurs économiques.
Dans l’hypothèse où cette contribution serait confirmée, le soutien global pourrait atteindre jusqu’à 38 centimes par litre, en cumulant les aides régionales et celles annoncées par l’État. Un niveau jugé plus significatif par les professionnels, même si ces derniers restent prudents sur la concrétisation de ces annonces.
Plusieurs points de blocage demeurent. Les représentants de l’intersyndicale attendent toujours des engagements clairs de la part des pétroliers, accusés de ne pas participer aux discussions. "On ne peut pas avancer sans eux", ont-ils répété.
Un constat partagé par les politiciens. La présidente de Région, Huguette Bello, a défendu le bilan de la collectivité, assurant que "la Région a fait sa part" dans l’accompagnement des professionnels, et a appelé les autres acteurs, en particulier les compagnies pétrolières, à prendre leurs responsabilités.
- La SRPP attendue autour de la table -
La journée avait été marquée par une mobilisation sur l’ensemble de l’île. Dans la matinée, plusieurs convois de taxis, de transporteurs, d’ambulanciers, d’auto-écoles et d’autres professions ont pris la route depuis le sud, l’est et l’ouest pour converger vers le nord.
Des opérations escargot ont été organisées sur les principaux axes, entraînant des ralentissements. Malgré ces perturbations, les organisateurs avaient affiché leur volonté de ne pas bloquer totalement le territoire. "On ne veut pas prendre la population en otage", assuraient-ils.
À l’origine de cette mobilisation, une hausse brutale des prix des carburants, entrée en vigueur au 1er avril après la montée des tensions au Moyen-Orient.
"Nous avons pris 52 centimes d’augmentation. On ne peut pas accepter 10 centimes", avait dénoncé Vianney Settama, porte-parole l’intersyndicale, estimant que les aides proposées jusqu’ici restaient largement insuffisantes. Il pointait également des dispositifs d’État "qui ne représentent que 3 ou 4 centimes" en pratique, alimentant un sentiment d’injustice.
Si la suspension de la grève marque une accalmie, elle ne met pas fin à la crise. Les discussions doivent se poursuivre dans les prochains jours, notamment pour discuter avec la Société réunionnaise des produits pétroliers (SRPP).
"Nous aurons à écrire un courrier conjoint, les syndicats et nous-mêmes, pour demander que cette réunion ait lieu et que la SRPP se mette autour de la table", a souligné la présidente de Région.
Au-delà des transporteurs, la mobilisation a concerné d’autres professions fortement dépendantes du carburant, comme les infirmiers libéraux, qui ont poursuivi leurs tournées tout en participant symboliquement au mouvement.
- Près de 40 % de taxes sur les carburants dans les caisses de l'État et de la Région -
À La Réunion, le prix des carburants comprend 48,2 % du coût de la matière première, 1,91 % de frais portuaires, 0,85 % pour le stockage, 4,81 % de rémunération des grossistes et 7,08 % des stations-services (marges réglementées).
Mais surtout, 38 % de fiscalité en moyenne (pour le sans-plomb : 46%, dont 38% de fiscalité locale et 8% de fiscalité nationale et européenne, pour le gazole : 30%, dont 23,5% de fiscalité locale, et 6,5% de fiscalité nationale et européenne).
Sur chaque litre de carburant, une partie correspond également à des frais et marges de la Société réunionnaise des produits pétroliers et des stations-service (SRPP).
Dans ce contexte, l’intersyndicale reste sur ses gardes. "Ce n’est qu’une pause", préviennent les professionnels.
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Ils se sont promenés façon escargot et on fait ch... tout le monde. Il n'y a que cela à retenir!
Cet Etat ou les privés sont payés par l'Etat va dans le mur ; que les privés se débrouillent.
Les transporteurs veulent le beurre et l'argent du beurre.
Que fait l'Etat ? Rien
Que font les pétroliers millionnaires ? Ils s'engraissennt.
Le carburant n'est pas détaxé pour les taxis ? Le litre de go sans taxe ne doit être pas si cher que ça. Et puis toutes ces aides qui les payents, c'est la région c'est à dire les pauvres salariés qui bossent qui paient des impôts et qui ne sont pas aidés. C'est un scandale