Le Prix Havel des droits de l'homme au journaliste ukrainien Maxime Boutkevitch

  • PubliĂ© le 29 septembre 2025 Ă  15:56
  • ActualisĂ© le 29 septembre 2025 Ă  16:23
Le journaliste ukrainien Maxime Boutkevitch, Ă  la tribune du Conseil de l'Europe Ă  Strasbourg (France), le 29 septembre 2025

Le Conseil de l'Europe a décerné lundi son Prix des droits de l'homme Vaclav Havel au journaliste ukrainien Maxime Boutkevitch, libéré l'an dernier aprÚs avoir été capturé par les forces russes.

Le prix, qui porte le nom de l'ancien dissident puis président tchÚque, est remis depuis 2013 par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui réunit 46 pays et sert de vigie de la démocratie et des droits de l'homme sur le continent. La Russie en a été exclue aprÚs son invasion de l'Ukraine en 2022.

Volontaire dans les forces ukrainiennes aprĂšs l'invasion russe de fĂ©vrier 2022, Maxime Boutkevitch est capturĂ© en juin de la mĂȘme annĂ©e puis condamnĂ© Ă  13 ans de prison en mars 2023 par les forces de Moscou, avant d'ĂȘtre libĂ©rĂ© en octobre 2024 dans le cadre d'un Ă©change de prisonniers.

Premier Ukrainien à recevoir le prix Vaclav Havel, le journaliste de 48 ans est le fondateur de la radio indépendante Hromadske Radio et cofondateur du centre de défense des libertés Zmina.

Deux autres journalistes, la Géorgienne Mzia Amaghlobeli et l'Azerbaïdjanais Ulvi Hasanli, tous deux en détention, étaient également en lice pour ce prix.

"Ce n'est pas un hasard", a déclaré le président de l'APCE, Theodoros Rousopoulos, en réclamant leur libération immédiate. "Les derniers mois se sont avérés particuliÚrement dangereux pour les journalistes", a-t-il dit, soulignant que 171 journalistes étaient en détention en Europe au début de l'année, dont au moins 26 Ukrainiens détenus en Russie ou bien dans les territoires occupés par Moscou en Ukraine.

- "Un rĂȘve" -

Dans une allocution, M. Boutkevitch a rappelé qu'il y a encore un an, il se trouvait "en captivité en Russie dans une colonie pénitentiaire".

A l'Ă©poque, "recevoir ce prix n'Ă©tait qu'un rĂȘve. Maintenant c'est une rĂ©alitĂ©", a-t-il lancĂ© aux parlementaires rĂ©unis Ă  Strasbourg.

"Je reçois ce prix Ă©galement au nom des civils et prisonniers de guerre ukrainiens illĂ©galement dĂ©tenus par la Russie et tous ceux qui sont privĂ©s de leur libertĂ©, qui font l'objet de tortures, de traitements inhumains et dĂ©gradants, qui ont Ă©tĂ© blessĂ©s, violĂ©s ou emprisonnĂ©s par les occupants russes", a-t-il dĂ©clarĂ©, vĂȘtu d'un polo noir portant la mention "Prisonniers de guerre ukrainiens: on ne vous oublie pas".

En dĂ©tention, "je me suis retrouvĂ© dans un systĂšme qui n'accorde aucune valeur aux droits de l'homme", a poursuivi M. Boutkevitch. "Les droits de l'homme, il faut en ĂȘtre privĂ© pour comprendre leur valeur".

L'une des deux autres candidats, la Géorgienne Mzia Amaghlobeli a été condamnée en août à deux ans de prison pour avoir, selon l'accusation, giflé un policier lors d'une manifestation en début d'année. Un emprisonnement "pour des motifs politiques" selon le Conseil de l'Europe.

Mme Amaghlobeli est cofondatrice des médias indépendants Batumelebi et Netgazeti.

L'autre candidat est un AzerbaĂŻjanais, Ulvi Hasanli, condamnĂ© en juin Ă  neuf ans de prison. Il dirige le mĂ©dia indĂ©pendant Abzas Media, qui enquĂȘte sur la corruption.

"Il est victime d'une persécution incessante de la part du gouvernement depuis 2011, notamment de détentions arbitraires, de tortures et d'accusations à caractÚre politique", souligne le Conseil de l'Europe.

L'an dernier, le prix, d'un montant de 60.000 euros, avait été décerné à l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, qui vit dans la clandestinité depuis la réélection contestée du président Nicolas Maduro en 2024.

AFP

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