Italie

Le programme de gouvernement populiste devant le président

  • PubliĂ© le 14 mai 2018 Ă  12:59
  • ActualisĂ© le 14 mai 2018 Ă  13:15
Montage créé le 10 mai 2018 montrant Luigi Di Maio, leader du M5S (gauche) et le chef de la Ligue Matteo Salvini (droite)

Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue doivent présenter lundi aprÚs-midi au président italien les détails de leur accord en vue du premier gouvernement populiste et eurosceptique dans un pays fondateur de l'Union européenne.

Luigi Di Maio, le jeune chef de file du mouvement antisystĂšme M5S, et Matteo Salvini, le tribun qui a transformĂ© la Ligue en parti nationaliste, seront reçus au Quirinal, le palais prĂ©sidentiel, le premier Ă  16H30 (14H30 GMT) et le second Ă  18H00 (16H00 GMT). Les deux partis disposent d'une courte majoritĂ© au Parlement mais, selon plusieurs mĂ©dias, des doutes subsistent encore sur le nom du futur chef de gouvernement. Il ne devrait ĂȘtre ni M. Di Maio ni M. Salvini -- chaque camp s'opposant Ă  la dĂ©signation du chef de l'autre -- mais une personnalitĂ© compatible avec les deux.

Ce sera "un politique et non un technicien", a déclaré M. Di Maio dimanche à l'issue d'une nouvelle journée de tractations, à Milan (nord), avec M. Salvini et leurs principaux lieutenants. Contacté par l'AFP, un représentant du M5S a expliqué que les deux hommes souhaitaient présenter les détails de leur accord au président Sergio Mattarella -- y compris la personnalité choisie pour diriger le gouvernement -- avant de les rendre publics.

Selon les mĂ©dias, le chef du gouvernement ne devrait appartenir ni Ă  la Ligue ni au M5S. Il devrait aussi faire autoritĂ© au plan international et ĂȘtre en mesure de rendre compatible avec Bruxelles la tonalitĂ© eurosceptique du futur exĂ©cutif. Plusieurs noms ont circulĂ© ces derniers jours dans la presse italienne, qui restait prudente lundi dans ses pronostics: l'Ă©conomiste Guido Tabellini, 62 ans, la diplomate Elisabetta Belloni, 59 ans, actuelle N.2 du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, Michele Geraci, 50 ans, professeur d'Ă©conomie Ă  la New York University de Shanghai ou encore le prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© italienne de construction navale Fincantieri, l'ancien diplomate Giampiero Massolo, 63 ans.

SynthÚse délicate

Sur le contenu de l'accord de gouvernement, la synthÚse n'est pas simple entre la Ligue, formation nationaliste proche du Front national français, qui a fait le plein des voix dans le Nord sur la promesse de baisses massives d'impÎts, et le M5S, plus ambivalent sur l'Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté. Selon la presse, un compromis a été trouvé sur un report à 2019 du revenu de citoyenneté, cheval de bataille du M5S, ainsi que sur une reconfiguration de la "flat tax" à 15% que prÎne la Ligue, qui selon le M5S grÚverait trop les comptes publics.

La Ligue et le M5S se sont accordĂ©s sur la rĂ©vision d'une rĂ©forme retardant progressivement l'Ăąge de dĂ©part Ă  la retraite. Il est actuellement fixĂ© Ă  66 ans et sept mois et doit passer Ă  67 ans en 2019. Les deux partis devraient introduire le "barĂšme 100", Ă  savoir la possibilitĂ© de quitter le travail lorsque la somme de l'Ăąge et des annĂ©es de cotisation atteint 100 (par exemple 64 ans et 36 ans de cotisations). L'immigration est en revanche devenue un dossier sensible: si les discours Ă©lectoraux affichaient la mĂȘme fermetĂ©, les mesures concrĂštes rĂ©clamĂ©es par la Ligue sont trop "musclĂ©es" pour le M5S, selon plusieurs mĂ©dias.

En revanche, la Ligue aurait obtenu le maintien des grands travaux comme la ligne ferroviaire Lyon-Turin, pourtant dénoncés par le M5S comme des projets inutiles voire néfastes à l'environnement et de puits à détournement de fonds publics.

Pour la composition du gouvernement, Ligue et M5S doivent aussi s'entendre sur leurs poids relatifs: face aux plus de 32% obtenus par le M5S aux législatives de mars, M. Salvini s'appuie depuis deux mois sur les 37% de la coalition de droite, mais la Ligue n'en a obtenu que 17%.


- © 2018 AFP

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