Le RN victime de piratages, le compte X de Marine Le Pen hacké

  • PubliĂ© le 22 juillet 2026 Ă  08:58
Marine Le Pen le 23 janvier 2026 Ă  Paris

À huit mois de la présidentielle, le site du Rassemblement national (RN) et ses serveurs informatiques ont été victimes d’attaques mardi, tandis que le compte X de Marine Le Pen a été hacké avec un message faisant la promotion d’une cryptomonnaie à son nom.

Le parquet de Paris a ouvert dans la foulée une enquête confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité, a-t-il indiqué, interrogé par l’AFP.

Sur le site officiel du RN, dans l’organigramme du parti, la tête de Marine Le Pen a été soudainement remplacée par un chat aux couleurs des drapeaux algériens et marocains.

Le compte X de la candidate, qui caracole en tête des sondages, a également "été hacké", a indiqué le RN, qui a précisé travailler "activement à son rétablissement".

Le message en anglais, qui appelait sur fond de discours patriotique à investir dans une mystérieuse cryptomonnaie $LEPEN pour que la France "ne cède pas son destin à d’autres" a été effacé au bout de quelques minutes.

La formation politique a aussi fait état d’une attaque "sur les serveurs du RN", dénonçant une "tentative d’intrusion malveillante".

Cette tentative "s’est limitée au compte d’un seul candidat aux élections municipales", étendue aux colistiers de ce candidat dont le nom n’a pas été révélé, a-t-elle assuré.

"Aucun élément ne permet de confirmer une exposition massive de données", a-t-on ajouté.

Le RN a attribué ce piratage à une "négligence de robustesse de son mot de passe". Les dispositifs de sécurité du Rassemblement national "ont détecté cette intrusion et permis d’y mettre un terme en quelques minutes, restreignant tout accès non autorisé aux données".

- "Vive La France insoumise!" -

Un message de revendication concernant le vol de données personnelles de membres du RN a été posté lundi sur un forum spécialisé. Accompagné d’une proposition de vente de ces données, le même texte mentionnait également "Vive La France insoumise !".

Coordonnées personnelles, numéros de Sécurité sociale, cartes nationales d’identité et passeports font partie des "informations compromises", d’après le site spécialisé French Breaches, dont l’un des administrateurs a été en contact avec le pirate qui revendique le vol de données.

"Certains de ces documents et informations seraient associés à des candidats, élus ou responsables politiques", selon le site.

Si la personne qui a revendiqué le vol n’a pas publié d’échantillon des données volées, comme c’est souvent le cas, l’administrateur de FrenchBreaches, contacté par l’AFP, indique avoir reçu des éléments accréditant le vol, dont des photos de cartes d’identité.

Le site spécialisé Zataz indique quant à lui que la revendication doit "être considérée comme non authentifiée, malgré la précision apparente des détails publiés".

Toujours d’après ce site, le profil qui a revendiqué ce vol avait notamment revendiqué être derrière le vol des données des salles de sport Keepcool et de plusieurs écoles de l’enseignement supérieur.

"Les investigations sont en cours. Mais c’est devenu tellement banal qu’il ne faut en tirer aucune conclusion. Il y a un mois, c’était LFI", a commenté auprès de l’AFP une source proche du dossier.

Sollicité, Viginum, compétent pour les ingérences numériques étrangères, a indiqué que le piratage du compte X de Marine Le Pen, ne relevait pas de son mandat, laissant ainsi entendre que le hacker se trouvait en France.

L’enquête a été ouverte par le parquet de Paris notamment des chefs d’introduction frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données (STAD), de modification frauduleuse d’un STAD et d’extraction frauduleuse de données.

AFP

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