Coopération internationale

Le roi de Jordanie accepte d'accueillir des enfants malades de Gaza

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2025 Ă  22:41
  • ActualisĂ© le 12 fĂ©vrier 2025 Ă  05:12
Le président américain Donald Trump (c) accueille le roi Abdallah II de Jordanie (d) à la Maison Blanche, le 11 février 2025 à Washington

Le roi Abdallah II de Jordanie a dit mardi ĂȘtre prĂȘt Ă  recevoir 2.000 enfants gravement malades de Gaza lors de sa rencontre Ă  Washington avec Donald Trump, qui voudrait que le royaume hachĂ©mite, avec l'Egypte, accueille l'essentiel des habitants du territoire palestinien.

"C'est un beau geste", a approuvé le président américain, assis aux cÎtés de son invité et du prince héritier Hussein dans le Bureau ovale.

Son projet pour Gaza, à savoir vider le territoire de ses habitants pour en faire une vaste zone de développement immobilier sous le contrÎle des Etats-Unis, a suscité une vague d'indignation internationale.

Le souverain a par ailleurs fait savoir que l'Egypte élaborait un plan de coopération avec Donald Trump, et que ce projet ferait l'objet de discussions en Arabie saoudite.

"Attendons que les Egyptiens puissent présenter" ce plan au président américain, a-t-il plaidé.

Donald Trump, qui avait Ă©voquĂ© un arrĂȘt des aides amĂ©ricaines Ă  la Jordanie si cette derniĂšre n'accueillait pas des Palestiniens dĂ©placĂ©s, a adoptĂ© un ton plus conciliant mardi, en affirmant qu'il n'aurait pas besoin de "menacer" le pays: "Je pense que nous sommes au-delĂ  de ça".

- TrĂȘve fragilisĂ©e -

Le milliardaire de 78 ans, ancien promoteur immobilier, a par ailleurs répondu "non" à un journaliste qui lui demandait s'il comptait participer à titre privé au projet qu'il envisage pour Gaza.

La rencontre se tient au moment oĂč la trĂȘve Ă  Gaza est fragilisĂ©e.

"Je ne crois pas qu'ils respecteront la date limite", a dit Donald Trump à propos du Hamas. Il avait exigé lundi que le mouvement palestinien libÚre les otages israéliens au plus tard samedi, sans quoi un "véritable enfer" se déchaßnerait à Gaza.

AprĂšs 15 mois de guerre dans le territoire palestinien assiĂ©gĂ© par IsraĂ«l, un accord de trĂȘve conclu par l'intermĂ©diaire des mĂ©diateurs internationaux - Qatar, Etats-Unis, Egypte - est entrĂ© en vigueur le 19 janvier, prĂ©voyant l'arrĂȘt des hostilitĂ©s, la libĂ©ration des otages contre des prisonniers palestiniens et une aide humanitaire accrue Ă  Gaza.

La Jordanie est un allié clé des Etats-Unis au Moyen-Orient, mais Abdallah II a rejeté la semaine derniÚre "toute tentative" de prise de contrÎle des Territoires palestiniens ou de déplacement de leurs habitants.

Donald Trump veut reconstruire ce territoire dévasté par la guerre pour le transformer en "CÎte d'Azur du Moyen-Orient", aprÚs avoir déplacé définitivement les Palestiniens.

Le président américain a exhorté en particulier la Jordanie et l'Egypte, à accueillir les plus de deux millions de Gazaouis qui seraient déplacés.

- Egypte -

Les pays arabes ont fermement rejeté la proposition, insistant sur une solution à deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant aux cÎtés d'Israël.

Plus tard cette semaine, ce devrait ĂȘtre au tour du prĂ©sident Ă©gyptien, Abdel Fattah al-Sissi, de se rendre Ă  la Maison Blanche, aprĂšs avoir exhortĂ© mardi Ă  la reconstruction de Gaza "sans dĂ©placer les Palestiniens".

Le ministre égyptien des Affaires étrangÚres, Badr Abdelatty, a également rencontré son homologue américain, Marco Rubio, lundi à Washington. Le Caire a ensuite publié un communiqué dans lequel il affirme rejeter "tout compromis" qui porterait atteinte aux droits des Palestiniens.

Pour de nombreux experts, cette question de l'accueil des Palestiniens est particuliĂšrement saillante pour la Jordanie.

La moitié de ses 11 millions d'habitants sont d'origine palestinienne, et depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, de nombreux Palestiniens sont venus trouver refuge dans ce pays voisin.

En 1970, un conflit -- connu par la suite sous le nom de "Septembre noir" -- avait éclaté entre l'armée jordanienne et des groupes palestiniens menés par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Les affrontements avaient abouti Ă  l'expulsion de ces groupes du royaume.

Mais la Jordanie est bien consciente de la pression économique que pourrait exercer Donald Trump sur le pays. Chaque année, Amman reçoit quelque 750 millions de dollars d'aide économique de la part de Washington, et environ 350 millions de dollars supplémentaires en aide militaire.

AFP

guest
0 Commentaires