Brexit

Le Royaume-Uni entame sa nouvelle vie hors de l'Union européenne

  • PubliĂ© le 1 fĂ©vrier 2020 Ă  07:27
  • ActualisĂ© le 1 fĂ©vrier 2020 Ă  10:17
Des partisans du Brexit agitent des drapeaux britanniques et un masque du Premier ministre Boris Johnson Ă  Londres le 31 janvier 2020

Maintenant, reconstruire. Le Royaume-Uni se lance samedi dans sa nouvelle vie hors de l'Union européenne, avec comme défi de tisser de nouveaux liens avec le bloc des 27 et de définir sa nouvelle place dans le monde.

Devant le Parlement Ă  Londres, on s'est embrassĂ© et on a chantĂ© "God Save the Queen" pour savourer l'indĂ©pendance retrouvĂ©e. Dans le nord eurosceptique de l'Angleterre, le mousseux anglais a coulĂ© Ă  flot et des feux d'artifice ont Ă©tĂ© tirĂ©s. A Edimbourg, on a veillĂ© au contraire Ă  la lumiĂšre des bougies pour pleurer la sĂ©paration, avec le rĂȘve de retrouver un jour le giron europĂ©en dans une Ecosse indĂ©pendante.

AprÚs trois ans et demi de déchirements, le Brexit voté par 52% des Britanniques en 2016 est désormais réalité. Les amarres sont larguées, aprÚs 47 ans au quai européen. L'UE a perdu pour la premiÚre fois un Etat membre ? et 66 millions d'habitants.

Mais si le Premier ministre Boris Johnson a promis ces derniers mois un nouvel Ăąge d'or pour son pays, et mĂȘme un baby-boom, tout reste Ă  faire pour donner une existence concrĂšte Ă  son slogan de "Global Britain" censĂ© symboliser un pays prĂȘt Ă  affronter la mondialisation.

Tournant vers des Etats-Unis qui lui tendent les bras? Nouveau concurrent dérégulé aux portes de l'UE? Ou au contraire proximité forte avec des Européens qui restent des partenaires incontournables? DÚs lundi, l'ex-maire de Londres doit présenter sa vision dans un discours, tandis que le négociateur européen Michel Barnier détaillera ses priorités pour la nouvelle phase de discussions qui s'ouvre avec Londres.

- "Un peu triste" -

S'exprimant dans une adresse diffusĂ©e une heure avant le grand saut, le frĂ©tillant dirigeant conservateur de 55 ans, qui a tout misĂ© sur le Brexit, a promis un "succĂšs retentissant", "quels que soient les obstacles". "La chose la plus importante Ă  dire ce soir, c'est que ce n'est pas la fin, mais le dĂ©but, le moment oĂč l'aube pointe et le rideau se lĂšve sur un nouvel acte", a-t-il ajoutĂ©, lyrique. Il a promis "le dĂ©but d'une nouvelle Ăšre de coopĂ©ration amicale" avec l'Union europĂ©enne.

Historique, l'Ă©vĂ©nement marque un nouvel Ă©pisode oĂč tout reste Ă  Ă©crire, mais pas la fin des divisions qui ont fracturĂ© le Royaume-Uni. Les Remainers gardent un goĂ»t amer, notamment dans les provinces britanniques qui ont votĂ© majoritairement pour rester dans l'UE, en Ecosse et Irlande du Nord.

"Je suis simplement content que ce soit fait", a rĂ©sumĂ© Cory, un Londonien de 29 ans venu devant le Parlement britannique marquer le coup avec les "Brexiters" les plus durs, venus faire la fĂȘte Ă  l'appel de l'europhobe Nigel Farage. "C'est aussi un petit peu triste parce que l'UE aurait pu mieux faire s'ils avaient prĂȘtĂ© plus d'attention aux pays membres".

Enthousiastes ou affligés, les journaux britanniques ont réservé au Brexit un accueil à l'image du pays sur la question: divisé. "Point de départ: le Royaume-Uni quitte l'UE", résume le Times. Le tabloïd Daily Express salue un "nouveau Royaume-Uni glorieux", tandis que le Daily Telegraph, proche du gouvernement conservateur, détaille les plans du Premier ministre pour imposer des contrÎles douaniers aux produits européens et salue dans un éditorial: "Bien joué peuple britannique, enfin dehors".

- "Compétition néfaste " -

Le moment est certes historique mais n'entraßne pas de grand changement concret dans l'immédiat. Pour que la séparation se fasse en douceur, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les rÚgles européennes jusqu'au 31 décembre. Sans avoir son mot à dire: l'Union Jack britannique a déjà disparu des institutions de l'UE.

Commerce, sĂ©curitĂ©, pĂȘche... Avec Bruxelles, les termes de la coopĂ©ration doivent ĂȘtre dĂ©finis d'ici Ă  la fin de l'annĂ©e. Dans les semaines Ă  venir, des nĂ©gociations qui s'annoncent Ăąpres vont s'ouvrir et leur issue reste trĂšs incertaine. "Nous ne pourrons pas laisser une compĂ©tition nĂ©faste s'Ă©tablir entre nous", a prĂ©venu le prĂ©sident français dans une lettre aux Britanniques dans le Times. "Vous quittez l'Union europĂ©enne mais vous ne quittez pas l'Europe. Vous ne vous sĂ©parez ni de la France, ni de l'amitiĂ© de son peuple. La Manche n'a jamais rĂ©ussi Ă  Ă©loigner nos destins, le Brexit n'y parviendra pas davantage", a-t-il insistĂ©.

Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la transition au-delà de 2020. Un calendrier jugé trÚs serré à Bruxelles.

AFP

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