Un symbole fort

L'environnement sera inscrit dans l'article 1 de la Constitution

  • PubliĂ© le 20 juin 2018 Ă  19:37
  • ActualisĂ© le 20 juin 2018 Ă  20:34
Le président Emmanuel Macron (g) et le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot, lors d'une visite au Cap Fréhel à Plévenon, le 20 juin 2018

Pour les ONG, c'est un symbole fort qui permettra de mieux protéger la planÚte: Nicolas Hulot a annoncé mercredi que la défense de l'environnement serait inscrite dans l'article 1 de la Constitution, et non dans l'article 34 comme envisagé initialement.


"Ça sera dans l'article 1, maintenant (dans) la formulation il faut regarder (...) notamment la portĂ©e juridique", a dĂ©clarĂ© le ministre de la Transition, qui accompagnait Emmanuel Macron dans un dĂ©placement en Bretagne. "C'est le voeu gouvernemental. Personnellement, je souhaite que environnement, climat et biodiversitĂ© y figurent, que la finitude des ressources Ă©galement y figure, mais ça pose un problĂšme juridique donc ce n'est pas aussi simple que ça", a prĂ©cisĂ© Nicolas Hulot.

En avril, lors de la prĂ©sentation des grandes lignes de la rĂ©forme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron, le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncĂ© que "le projet de loi constitutionnel inscrira(it) l?impĂ©ratif de lutte contre le changement climatique Ă  l?article 34, qui dĂ©finit le domaine de la loi".
Des ONG avaient dénoncé un manque d'ambition du gouvernement, estimant qu'une telle mesure ne serait pas assez contraignante.
Elles défendaient une modification de l'article premier de la Constitution, qui pose les principes fondateurs de la République. Il s'agit pour elles d'un symbole fort et d'un moyen de se doter d'outils juridiques plus efficients.

"Il y a des choses qui avancent", s'est rĂ©joui Nicolas Hulot mercredi, en assurant que le gouvernement allait "laisser le SĂ©nat et l'AssemblĂ©e exprimer leurs prĂ©rogatives". Si cette rĂ©forme est menĂ©e Ă  terme, "ce serait fondamental pour l'environnement et une grande victoire pour Nicolas Hulot", a assurĂ© un de ses proches, alors que le ministre reconnaĂźt ĂȘtre parfois "insatisfait" du rythme auquel avancent des dossiers environnementaux.
"C'est une trÚs bonne nouvelle", a salué Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Samuel Leré, de la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH) créée par Nicolas Hulot, s'est aussi dit satisfait.

"La France serait le premier pays du G20 à acter une telle avancée", a fait valoir le député Matthieu Orphelin (LREM), dans un communiqué.
L'un des porte-parole du MoDem, Yann Wehrling, s'est félicité auprÚs de l'AFP de "la prise en compte par la France de l'importance qu'elle veut donner à l'environnement".

"Ça me semble ĂȘtre un point de dĂ©part pour renforcer le droit de l'environnement", a poursuivi le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du mouvement centriste de François Bayrou, en estimant qu'il Ă©tait "important" d'inscrire "des valeurs" dans la Constitution.

Les défenseurs de l'environnement -- ONG comme politiques -- vont maintenant surveiller de prÚs la formulation exacte utilisée pour modifier l'article 1.
"Je plaide pour qu'on puisse dire dans cet article 1er qu'il y a la question de l'écologie, mais en étant précis sur la lutte contre le dérÚglement climatique et la protection de la biodiversité", avait soutenu lundi le président de l'Assemblée nationale François de Rugy (LREM, issu des écologistes).

© 2018 AFP

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