Etats-Unis

Les bonnes nouvelles s'enchaĂźnent pour Biden avant le "Super Tuesday"

  • PubliĂ© le 2 mars 2020 Ă  23:23
  • ActualisĂ© le 3 mars 2020 Ă  04:56
Joe Biden, le 29 février 2020 à Columbia, en Caroline du Sud

Large victoire en Caroline du Sud, abandon de Pete Buttigieg, puis celui lundi d'Amy Klobuchar, qui lui apporte son soutien: les bonnes nouvelles s'enchaßnent pour Joe Biden dans la primaire démocrate avant le "Super Tuesday", dont il espÚre émerger comme le seul capable de faire barrage à Bernie Sanders.

La sénatrice Amy Klobuchar s'affichera lundi soir à ses cÎtés lors d'un meeting de campagne à Dallas, au Texas, l'un des 14 Etats américains appelés à voter lors de la "super" journée électorale de mardi.

Avec ce nouvel abandon, au lendemain de celui de Pete Buttigieg, le peloton de la course démocrate à la Maison Blanche ne compte plus que cinq concurrents, et la voie s'est clairement dégagée au centre pour Joe Biden.

Mais avant que la primaire ne se résume à un duel Biden-Sanders entre deux septuagénaires aux positionnements trÚs éloignés, l'ancien vice-président des Etats-Unis devra encore composer mardi avec un troisiÚme homme: Mike Bloomberg.

Ce dernier, qui compte parmi les dix plus grosses fortunes mondiales, a osé une tactique inédite en faisant l'impasse sur les quatre premiers Etats (Iowa, New Hampshire, Nevada et Caroline du Sud) à se prononcer dans la primaire.

L'homme d'affaires new-yorkais de 78 ans, qui a déjà dépensé en publicités politiques plus d'un demi-milliard de dollars, un record, joue gros pour son entrée en lice.

Une contreperformance marquée tuerait quasiment sa campagne dans l'oeuf et laisserait Joe Biden comme seul rempart modéré à Bernie Sanders, dont les idées trÚs à gauche inquiÚtent une partie de l'establishment démocrate.

"Les gens ne veulent pas d'une rĂ©volution", avait affirmĂ© dimanche Joe Biden au lendemain de son large succĂšs en Caroline du Sud, se posant une fois de plus, du haut de ses annĂ©es d'expĂ©rience politique, comme le candidat le plus Ă  mĂȘme de dĂ©loger Donald Trump de la Maison Blanche.

"Le +Super Tuesday+ est une question de dynamique, et elle est avec nous", a insisté lundi sur CNN Kate Bedingfield, l'une des responsables de son équipe de campagne.

Revanchard -- "Les médias et les analystes nous avaient enterrés" --, l'ancien bras droit de Barack Obama a aussi réservé une pique à Mike Bloomberg, un temps affilié au parti républicain avant de virer de bord: "Le parti démocrate veut un démocrate (...) pas un ancien républicain".

- "Bon timing" -

Joe Biden, qui faisait campagne lundi au Texas, pourrait Ă©galement profiter dans une certaine mesure du retrait de Pete Buttigieg, qui chassait sur les mĂȘmes terres modĂ©rĂ©es que lui.

C'est en tout cas le constat fait dimanche soir Ă  chaud par Donald Trump. "Pete Buttigieg arrĂȘte. Toutes ses voix du +Super Tuesday+ iront Ă  Joe l'endormi. Bon timing", a Ă©crit le prĂ©sident sur Twitter. "Les dĂ©mocrates commencent pour de vrai Ă  sortir Bernie du jeu".

Encore inconnu il y a un an, "Mayor Pete", ancien maire d'une ville moyenne de l'Indiana, avait progressivement percé, au point de remporter début février le premier vote de la primaire, dans l'Iowa.

Mais ses mauvais résultats dans le Nevada et en Caroline du Sud ont mis en lumiÚre sa difficulté à mobiliser au sein de l'électorat noir et hispanique, et le trentenaire homosexuel a déclaré se retirer au nom du "rassemblement" nécessaire pour battre Donald Trump dans les urnes le 3 novembre.

Selon la société d'analyse Morning Consult, le report de ses voix serait équivalent entre Bernie Sanders, Joe Biden et Mike Bloomberg.

A la veille du "Super Tuesday", les sondages Ă©taient largement favorables au sĂ©nateur du Vermont. Le socialiste autoproclamĂ© -- un terme trĂšs marquĂ© Ă  gauche aux Etats-Unis -- y pointait en tĂȘte dans trois (Californie, Texas et Virginie) des quatre Etats offrant le plus de dĂ©lĂ©guĂ©s pour la Convention qui dĂ©cidera in fine en juillet du nom du candidat dĂ©mocrate Ă  la prĂ©sidentielle.

Seule la Caroline du Nord penchait du cÎté de Joe Biden, globalement mieux placé dans les intentions de vote que Mike Bloomberg, lequel a dégainé lundi une nouvelle publicité de campagne visant ses rivaux démocrates, sans en nommer un en particulier.

"Aucun autre démocrate n'a créé plus de 450.000 emplois", y avance l'ancien maire de New York. "Aucun autre démocrate n'a montré autant de résistance au lobby des armes. Aucun autre démocrate n'a mon bilan en matiÚre de lutte contre le réchauffement climatique. Aucun autre démocrate ne battra Donald Trump".

 AFP

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