Ils font bloc

Les Etats-Unis et Israël veulent mettre la pression sur l'Iran

  • PubliĂ© le 14 fĂ©vrier 2019 Ă  10:11
  • ActualisĂ© le 14 fĂ©vrier 2019 Ă  10:22
Le vice-président américain Mike Pence (g), le président polonais Andrzej Duda (c) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 13 février 2019 à Varsovie

Le vice-président américain Mike Pence et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tenteront jeudi à Varsovie d'accroßtre la pression sur l'Iran, lors d'une conférence internationale boudée par les responsables européens de premier plan inquiets de la ligne américaine affichée sur Téhéran.

Inaugurée mercredi au Chùteau royal dans le centre historique de la capitale polonaise, cette réunion de deux jours a pour objectif flou de promouvoir "la paix et la sécurité au Moyen-Orient" mais se distingue davantage par les absences que par les personnalités présentes.

La plupart des grands pays europĂ©ens n'ont envoyĂ© Ă  Varsovie que des responsables de deuxiĂšme plan. Elle est snobĂ©e par la Russie, qui organise jeudi des nĂ©gociations parallĂšles Ă  Sotchi avec le prĂ©sident iranien Hassan Rohani et le prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan sur la Syrie, oĂč Moscou est un acteur majeur.

À Varsovie, la Turquie, membre de l'Otan, ne sera reprĂ©sentĂ©e que par du personnel de l'ambassade. Le dĂ©marrage mercredi de la confĂ©rence, sous la houlette des Etats-Unis, est Ă©galement intervenu le jour d'un attentat suicide contre l'armĂ©e d'Ă©lite du rĂ©gime en Iran, qui a fait 27 morts dans la province du Sistan-Balouchistan (sud-est).

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a rĂ©agi en indiquant que "ce n'est pas une coĂŻncidence que l'Iran ait Ă©tĂ© frappĂ© par la terreur le jour mĂȘme" oĂč a dĂ©marrĂ© la confĂ©rence de Varsovie, qu'il a qualifiĂ©e de "cirque".

- "Conférence mort-née" -

TĂ©hĂ©ran l'avait qualifiĂ©e d'Ă©chec avant mĂȘme son inauguration, affirmant que les États-Unis essayaient de parler au nom des autres pays plutĂŽt que d'Ă©changer des points de vue. "Il s'agit d'une nouvelle tentative des Etats-Unis de continuer avec leur obsession de l'Iran qui est infondĂ©e", avait dĂ©clarĂ© Ă  TĂ©hĂ©ran Mohammad Javad Zarif. "La confĂ©rence de Varsovie, je pense, est mort-nĂ©e", a-t-il ajoutĂ©.

MĂȘme la Pologne, avec son gouvernement conservateur soucieux de complaire Ă  Washington, soutient l'accord conclu en 2015 qui prĂ©voit d'allĂ©ger les sanctions imposĂ©es Ă  l'Iran en Ă©change du gel de son programme nuclĂ©aire.

M. Netanyahu, qui s'exprimait avant d'arriver à Varsovie, a déclaré qu'Israël avait procédé lundi à de nouvelles frappes militaires sur des sites en Syrie liés à l'Iran, destinées à les débarrasser de la présence des Iraniens et de leur allié, le Hezbollah. L'administration Trump a insisté sur le fait qu'elle souhaitait des changements dans la politique de l'Iran au Moyen-Orient, mais qu'elle ne cherchait pas à renverser le régime qui a vu le jour il y a 40 ans à la suite de la révolution islamique ayant renversé le shah.

Pourtant, l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, qui est l'avocat personnel de Donald Trump mais ne reprĂ©sente pas le gouvernement amĂ©ricain, a ouvertement appelĂ© Ă  un changement de rĂ©gime au cours d'un rassemblement Ă  Varsovie des Moudjahidine du peuple -- opposition iranienne en exil --, proches des conservateurs amĂ©ricains. L'Iran "devrait ĂȘtre ostracisĂ©", a-t-il martelĂ©, se prononçant pour "un changement de rĂ©gime en Iran, afin qu'il y ait un rĂ©gime dĂ©mocratique, lĂ©gal".

- Espoir pour le Yémen -

La Pologne, dont l'Iran a convoqué le chargé d'affaires à Téhéran pour lui manifester son courroux, s'est employée de son cÎté à souligner que ce pays n'était pas l'unique sujet de la conférence. A Varsovie, les Etats-Unis doivent en effet évoquer des propositions de paix entre Israël et les Palestiniens, un "accord du siÚcle", selon eux, préparé par Jared Kushner. Ce conseiller et gendre de Donald Trump doit s'exprimer jeudi lors de la conférence.
Mardi, l'Arabie saoudite avait réaffirmé son soutien à "un Etat (palestinien) indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale", une revendication de longue date des Palestiniens.

Le Britannique Jeremy Hunt, un des rares reprĂ©sentants de premier plan de la diplomatie europĂ©enne Ă  ĂȘtre allĂ©s Ă  Varsovie, a quant Ă  lui dit qu'il souhaitait se concentrer sur les possibilitĂ©s de mettre terme au conflit au YĂ©men. Des millions de YĂ©mĂ©nites se trouvent au bord de la famine et leur pays a connu l'une des pires Ă©pidĂ©mies de cholĂ©ra des temps modernes, pendant que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appuyĂ©s par les États-Unis, cherchent Ă  bombarder et Ă  bloquer les rebelles Houthis liĂ©s Ă  l'Iran. M. Hunt, dont le pays est Ă©galement un important fournisseur d'armes de Riyad, a rencontrĂ© mardi soir Ă  Varsovie le secrĂ©taire d'État amĂ©ricain Mike Pompeo et de hauts responsables de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Le chef de la diplomatie britannique a déclaré qu'il espérait un prolongement du cessez-le-feu de sept semaines qui avait été largement respecté dans l'importante ville portuaire de Hodeida. "Nous avons maintenant une occasion de plus en plus limitée de transformer le cessez-le-feu en une voie durable vers la paix - et de mettre un terme à la pire crise humanitaire dans le monde", a déclaré M. Hunt. "De réels progrÚs ont été réalisés pour parvenir à une solution politique, mais il existe aussi de véritables problÚmes de confiance entre les deux parties", a-t-il ajouté.


- © 2019 AFP

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