Observatoire nationale de la délinquance et des réponses pénales

Les femmes, principales victimes de la traite des ĂȘtres humains

  • PubliĂ© le 14 juin 2017 Ă  02:54
Des prostituées attendent le client, le 5 septembre 2015 à Nice

Les femmes sont les principales victimes de la traite des ĂȘtres humains en France (88%), et plus de 81% d'entre elles sont exploitĂ©es sexuellement, selon une Ă©tude de l'Observatoire nationale de la dĂ©linquance et des rĂ©ponses pĂ©nales (ONDRP), rendue publique mercredi.

MenĂ©e en partenariat avec la mission interministĂ©rielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte de la contre la traite des ĂȘtres humains (Miprof), cette Ă©tude dresse le profil des 1.826 victimes - dont 172 mineures (82% ĂągĂ©es de de 15 Ă  17 ans) - accompagnĂ©es en 2015 par 13 associations en France .

"Parmi elles, 1.476 ont Ă©tĂ© victimes d'exploitation sexuelle, 185 de servitude domestique, 80 de travail forcĂ©, 66 contraintes Ă  commettre des dĂ©lits et 13 de mendicitĂ© forcĂ©e", selon cette Ă©tude. "L'analyse croisĂ©e de l'origine des victimes et de la forme d'exploitation subie permet de dessiner les grandes lignes du phĂ©nomĂšne de la traite des ĂȘtres humains Ă  destination de la France. AprĂšs le Nigeria (49%), les victimes proviennent principalement d'Europe de l'Est et du Sud, d'Afrique du Nord et d'Afrique de l'Ouest", prĂ©cise-t-elle.

Parmi les victimes accompagnĂ©es par les associations, 888 Ă©taient nigĂ©rianes, 116 roumaines, 96 marocaines, 51 bulgares, 46 algĂ©riennes, 38 albanaises et 31 tunisiennes. L'analyse des rĂ©sultats place en tĂȘte l'exploitation sexuelle avec 1.476 victimes sur un total de 1.826 (92% de femmes, 5% d'hommes, 1% transgenres). Au moment de leur prise en charge, 8% des victimes Ă©taient "prĂ©sumĂ©es mineures" et plus de la moitiĂ© ont connu une grossesse au cours de leur exploitation.

La quasi-totalité des personnes victimes de servitude domestique sont des femmes, pour les deux tiers originaires d'un pays d'Afrique du Nord ou de l'Ouest (hors Nigeria) alors que le travail forcé est subi principalement par des hommes (74%).

Concernant la contrainte à commettre des délits, les 66 victimes sont toutes mineures et dans leur quasi-totalité originaires de l'Europe de l'Est et du Sud. Les associations ont détecté pour la moitié d'entre elles (32) une "situation d'addiction (drogues, alcools, médicaments).

Ces donnĂ©es n'ont "pas vocation Ă  assurer la reprĂ©sentativitĂ© statistique, mais plutĂŽt Ă  fournir des enseignements sur les caractĂ©ristiques des victimes de la traite des ĂȘtres humains en France", prĂ©cise toutefois l'Ă©tude. "Il ne peut ĂȘtre exclu que la prĂ©pondĂ©rance de l'exploitation sexuelle sur les autres formes d'exploitation soit liĂ©e aux spĂ©cificitĂ©s des associations ayant rĂ©pondu Ă  l'enquĂȘte" d'autant que "les autres types d'exploitation sont presque invisibles, notamment le travail forcĂ© ou la servitude domestique, qui se dĂ©roule en huis clos", est-il expliquĂ©.

AFP

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