Pakistan

Les habitants de Karachi accablés par les pluies de mousson

  • PubliĂ© le 26 juillet 2022 Ă  17:27
  • ActualisĂ© le 26 juillet 2022 Ă  20:30
Un habitant de Karachi, dans le sud du Pakistan, écope avec un seau l'eau de son logement inondé par les pluies de mousson, le 26 juillet 2022

Shazad Akbar porte sa fille de quatre ans sur ses épaules pendant que son épouse et lui pataugent mardi, avec de l'eau jusqu'aux genoux, dans une rue inondée de Surjani, un quartier pauvre de la cité portuaire pakistanaise de Karachi.

Sa femme est tombĂ©e malade dans la nuit, mais M. Akbar n'a pas pu l'emmener plus tĂŽt chez le docteur, les pluies de mousson s'Ă©tant abattues jusqu'au petit matin sur cette mĂ©galopole de 15 millions d'habitants situĂ©e dans le sud du pays. "Je ne viens que maintenant de rĂ©ussir Ă  sortir de chez moi", explique-t-il Ă  l'AFP, son Ă©pouse revĂȘtue d'une burqa noire se cachant derriĂšre lui.

La mousson, qui dure habituellement de juin à septembre, est essentielle pour l'irrigation des plantations et pour reconstituer les ressources en eau du sous-continent indien. Mais elle apporte aussi chaque année son lot de drames et destructions.

Cette annĂ©e, elle a dĂ©jĂ  provoquĂ© de nombreux dĂ©gĂąts dans les villes oĂč, en raison du dĂ©labrement des infrastructures et de l'insuffisance de services publics, les canalisations se bouchent et le systĂšme d'Ă©vacuation des eaux sature trĂšs vite. Cela entraĂźne des inondations dans les zones les plus basses et souvent dans les quartiers dĂ©shĂ©ritĂ©s.

A Rahim Goth, un bidonville de l'ouest de Karachi, les habitants s'efforcent d'écoper l'eau de leurs habitations, avec des seaux. Mais tous leurs efforts semblent vains, l'eau étant reversée dans des rues toujours inondées.

Ce mois-ci, 568 mm de pluie sont tombés sur la ville, soit prÚs de trois fois la moyenne des derniÚres années et plus de quatre fois les précipitations d'il y a deux décennies, a indiqué à l'AFP Sardar Sarfraz, directeur du Service météorologique de Karachi.

Pour le dĂ©fenseur de l'environnement Arif Zubair, mĂȘme si la mousson a de tout temps causĂ© des dommages, la situation ne cesse d'empirer et le responsable est tout dĂ©signĂ©: le rĂ©chauffement climatique. "Ça a submergĂ© toute l'Asie du Sud et Sud-est", dĂ©clare-t-il Ă  l'AFP. "Les rĂ©centes pluies sont bien entendu un indicateur du changement climatique mondial."

- 'Une bombe climatique' -

Le Pakistan est particuliĂšrement vulnĂ©rable au dĂ©rĂšglement climatique. Il figure en 8e position des pays les plus menacĂ©s par les phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes, selon une Ă©tude de l'ONG Germanwatch.

Mais les effets du réchauffement sont aussi exacerbés par la négligence des autorités. Karachi est particuliÚrement exposée aux inondations en raison de son expansion effrénée, sur un terrain mal adapté au développement urbain. "Nous sommes assis sur une bombe climatique", estime M. Zubair.

Plus de 300 personnes ont déjà été tuées par la mousson cette année et les pluies ont aussi emporté plus de 600 km de routes et 50 ponts, selon l'Autorité nationale de gestion des risques naturels.

Plus de 10.000 habitations ont aussi Ă©tĂ© endommagĂ©es dans le pays, la province du Baloutchistan (sud-ouest) Ă©tant la plus touchĂ©e, selon la mĂȘme source.

A Rahim Goth, de nombreux habitants se sont réfugiés sur les toits, étendant une bùche plastique entre des poteaux pour se protéger de la pluie incessante.

Les autorités "viennent chaque année pour nous demander comment nous allons, mais chaque année nous sommes perdus", observe Afsari Bano, en tentant de cuisiner le repas pour sa famille. Celle-ci avait perdu à peu prÚs tout ce qui lui appartenait il y a deux ans déjà dans des inondations, et se remettait tout juste de cette catastrophe.

Maintenant, elle est entourée d'eau polluée par les déchets ménagers. "Des essaims de mouches et de moustiques vont suivre maintenant", prédit cette femme au foyer de 50 ans. "Si quelqu'un meurt (...), il est presque impossible de procéder à des funérailles", s'inquiÚte-t-elle.

AFP

guest
2 Commentaires
Tout simplement parce que mon commentaire n'est pas passé à votre censure
Tout simplement parce que mon commentaire n'est pas passé à votre censure
3 ans

IMP est Ă  Chi.. (Si si il a Ă©tĂ© publiĂ©, il s'agirait de vĂ©rifier avant de commenter tout de mĂȘme. Concernant votre avis sur notre site, personne ne vous oblige Ă  nous lire. Excellente journĂ©e Ă  vous - webmaster)

Nos avis ne vous intéressent que s'ils
Nos avis ne vous intéressent que s'ils
3 ans

portent un message wokiste bisounours ! (Tout à fait. Quel rapport avec l'article ? Bonne journée à vous - webmaster)