Syndicats

Les opposants aux ordonnances sur le droit du travail dans la rue mardi

  • PubliĂ© le 10 septembre 2017 Ă  13:26
Le gouvernement dévoile jeudi 31 août 2017 ses ordonnances réformant le code du travail tandis que les opposants, syndicaux et politiques, promettent déjà une rentrée chaude dans la rue.

Des syndicats appellent à des grÚves et manifestations mardi contre la réforme du code du travail, une mobilisation qui a valeur de test pour la CGT, mais aussi pour Emmanuel Macron, qui affiche sa détermination à réformer, en ce début de quinquennat.


Un an quasi jour pour jour aprĂšs la toute derniĂšre mobilisation contre la loi travail, la CGT, la FSU, Solidaires et l'Unef appellent le 12 septembre Ă  protester contre le nouveau texte, qu'ils qualifient de "loi travail XXL".
Des grÚves sont attendues à la SNCF, RATP, Air France, France Télévisions... Fonctionnaires, étudiants, lycéens sont aussi appelés à participer.

"Plus de 180 lieux de manifestations ont été recensés" et "on va dépasser les 4.000 appels à la grÚve sur tout le territoire", a indiqué le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dimanche dans Le Parisien.
Il y voit le signe d'"une effervescence et d'un trÚs fort mécontentement".
D'ores et déjà, la CGT prévoit une autre journée de mobilisation, le 21 septembre.

"Le 12, c'est un point de départ d'une mobilisation qui va se poursuivre jusqu'au retrait des ordonnances", espÚre Eric Beynel, porte-parole de Solidaires. Mais le pari est grand: les précédentes grandes mobilisations sociales, contre la loi travail en 2016, ou la réforme des retraites, en 2010, n'ont pas fait reculer les gouvernements de l'époque.

Emmanuel Macron n'a pas l'intention de céder sur cette réforme qui réalise quelques-unes de ses promesses phares de campagne: plafonnement des indemnités prud'homales, fusions des instances représentatives, réforme du compte pénibilité.

Vendredi, il a prĂ©venu qu'il "serait d'une dĂ©termination absolue et ne cĂ©derait rien, ni aux fainĂ©ants, ni aux cyniques, ni aux extrĂȘmes", quelques semaines aprĂšs avoir regrettĂ© que les "Français dĂ©testent les rĂ©formes".

En outre, les syndicats, tout en se montrant trĂšs critiques face au contenu des ordonnances, sont divisĂ©s sur la riposte. FO s'est dĂ©solidarisĂ©e de la CGT, alors que les deux organisations avaient prĂ©sentĂ© un front uni contre la loi El Khomri. Jean-Claude Mailly, son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, estime qu'il ne faut pas "user" les forces maintenant, car "on en aura peut-ĂȘtre besoin demain". En ligne de mire, les discussions imminentes sur la rĂ©forme de l'assurance chĂŽmage.

- 'Contestation globale' -

La CFDT ne dĂ©file pas non plus, malgrĂ© la "profonde dĂ©ception" et mĂȘme la "colĂšre" face aux ordonnances, de mĂȘme que la CFE-CGC, qui voit pourtant des "zones de risques vers le dumping social".

De nombreuses sections FO seront tout de mĂȘme aux cĂŽtĂ©s de la CGT, ne comprenant pas la position de Jean-Claude Mailly. Elles rappellent que les ordonnances vont "plus loin" que la rĂ©forme de 2016. Idem pour des militants de la CFE-CGC et de l'Unsa.

Mais la mobilisation pourra compter sur le soutien de politiques, dont l'ex candidat socialiste à la présidentielle, Benoßt Hamon, et des députés de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à manifester le 23 septembre, doit aussi battre le pavé mardi.

La réforme du code du travail, vue par les syndicats comme une "remise en cause" des droits des salariés, sera le fil rouge de la mobilisation. Mais d'autres réformes annoncées inquiÚtent aussi, comme la baisse des aides personnelles au logement (APL) ou la hausse de la CSG, mais aussi, dans la fonction publique, le gel du point d'indice (qui sert aux calcul de la rémunération des fonctionnaires), les réductions d'effectifs ou le rétablissement du jour de carence.

Pour Emmanuel Macron, la séquence n'est pas anodine, aprÚs "un été difficile en matiÚre de sondages" sur sa popularité, relÚve le politologue Jean-Daniel Levy (Harris Interactive). "Le sentiment que la réforme n'est pas juste commence à s'installer, ce qui n'est pas un bon signe" pour Emmanuel Macron, relÚve de son cÎté Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.
L'enjeu, selon lui, est "de ne pas cĂ©der en dĂ©but de quinquennat, pour ne pas donner un mauvais signe Ă  son Ă©lectorat". Mais il doit aussi ĂȘtre "vigilant" pour que la fronde ne se transforme pas en une "contestation globale de l'action de l'Etat".

AFP

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1 Commentaires
Jean Le Monstre
Jean Le Monstre
8 ans

Macron, en marche arriĂšre, fait tout ce qu'il faut pour que le peuple descende dans la rue.
Ce n'est qu'une descente dans la rue pour le moment.
En attendant que ça devienne autre chose de plus dangereux pour lui.
Micro Macron
Macro escroc.