SNCF

Les syndicats de retour Ă  Matignon attendu sur le social et les finances

  • PubliĂ© le 25 mai 2018 Ă  07:05
  • ActualisĂ© le 25 mai 2018 Ă  07:11
Le secrétaire général de Force OuvriÚre (FO)Pascal Pavageau (C), le secrétaire général de FO cheminots François Grasa (G) avec le Premier ministre Edouard Philippe (D) et la ministre des Transports Elisabeth Borne (2eD)à l'hÎtel Matignon lors de la réunion du 7 mai 2018

Les syndicats de la SNCF, déjà reçus le 7 mai à Matignon, revoient vendredi le Premier ministre, qui doit préciser le niveau de reprise de la dette du groupe, le montant des investissements que consentira l'Etat et son rÎle dans les négociations de la branche ferroviaire.


Au sortir du 11e Ă©pisode de grĂšve et deux jours aprĂšs une "vot'action" massivement contre le projet de rĂ©forme ferroviaire du gouvernement, les syndicats CGT, Unsa, SUD et CFDT, reprĂ©sentatifs Ă  la SNCF, ainsi que FO, reprĂ©sentatif au niveau de la branche, verront dans la matinĂ©e Ă  tour de rĂŽle Édouard Philippe, qui fera une dĂ©claration Ă  la presse Ă  la mi-journĂ©e.

Le chef du gouvernement recevra ensuite l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP, organisation patronale), avant le patron de la SNCF, Guillaume Pepy.

L'intersyndicale CGT, Unsa, SUD et CFDT a "adopté une position commune sur (ses) demandes", a-t-elle indiqué. Elles concernent notamment "la trajectoire financiÚre" du groupe public, une convention collective nationale (CCN) du transport ferroviaire "de haut niveau" et l'accord d'entreprise à négocier à la SNCF, a précisé l'Unsa à l'AFP.

En face, le gouvernement reste "inflexible, sĂ»r de sa rĂ©forme, mais Ă  l'Ă©coute", a-t-on rĂ©pĂ©tĂ© Ă  Matignon. "Il y a le non-nĂ©gociable (ouverture Ă  la concurrence, fin du statut de cheminot, transformation de la SNCF en sociĂ©tĂ© anonyme Ă  capitaux publics, ndlr) et le nĂ©gociable", comme "le niveau de la dette" repris par l'État, a-t-on ajoutĂ©.

L'État va reprendre "entre 30 et 35 milliards d'euros" de cette dette et investir l'Ă©quivalent d'"un point et demi de PIB" (environ 3 milliards) dans les infrastructures : "le rĂ©seau, le fret, les voies, la signalisation", a annoncĂ© jeudi le dĂ©putĂ© Jean-Baptiste Djebbari (LREM), rapporteur du projet de loi de rĂ©forme ferroviaire.Reprendre la dette permettra de "restaurer un modĂšle Ă©conomique viable" Ă  la SNCF, souligne l'exĂ©cutif.

- L'Etat doit "s'engager" -

La CGT Cheminots ne se contentera pas "d'engagements sur la reprise partielle de la dette" et réclame "l'ouverture immédiate de négociations tripartites (organisations syndicales, patronat, gouvernement) sur l'ensemble" de la réforme, a-t-elle prévenu.
Selon une source proche du dossier, "il y aura aussi deux ou trois annonces de Matignon sur la façon dont l'État sera partenaire dans la nĂ©gociation sur la nouvelle convention collective".

Un point important pour les syndicats. L'Unsa ferroviaire "demandera au Premier ministre une note d'intention l'engageant sur le contenu de ces nĂ©gociations Ă  venir", a indiquĂ© son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, Roger Dillenseger. "Un chantier titanesque" Ă  mener "en 18 mois" avant l'arrĂȘt des embauches au statut de cheminot le 1er janvier 2020.

L'UTP a publié jeudi le cadre - les thÚmes et un calendrier - qu'elle propose aux syndicats pour "finaliser" une CCN "ambitieuse". Elle promet "un cadre social de branche moderne", assurant "un haut niveau de garantie pour les salariés et un haut niveau de sécurité ferroviaire". Mais elle refuse de reprendre "l'ensemble des éléments actuellement inclus dans le statut des cheminots".
"Le document de l'UTP rĂ©pond Ă  des prĂ©occupations de la CFDT" mais il ne va "pas assez loin, il doit encore ĂȘtre Ă©tayĂ© et renforcĂ© sur sa nature engageante", a commentĂ© SĂ©bastien Mariani, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la CFDT Cheminots. "On souhaite que l'Etat prenne un engagement moral."

Les rencontres de Matignon succÚdent à l'adoption mercredi en commission au Sénat du projet de loi qui sera examiné en séance à partir de mardi. Le texte a évolué depuis son vote en avril en premiÚre lecture à l'Assemblée, intégrant notamment des propositions de l'Unsa et de la CFDT mais sans atteindre leurs objectifs sur les transferts des salariés chez un autre opérateur.

Pour SUD-Rail, le gouvernement doit "retirer son projet de loi" et M. Pepy "doit partir"."La question du maintien de Guillaume Pepy Ă  la tĂȘte de la SNCF n'est pas posĂ©e" et "il n'est pas question d'offrir la tĂȘte de quiconque Ă  personne", a prĂ©venu jeudi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

 AFP

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