Les talibans ont continuĂ© vendredi leur progression en Afghanistan et, face Ă la menace pesant sur la capitale Kaboul, les Ătats-Unis et le Royaume-Uni vont Ă©vacuer en catastrophe leurs ressortissants et diplomates.
Les insurgés se sont emparés vendredi de Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, quelques heures aprÚs avoir fait tomber Kandahar, la deuxiÚme ville du pays, située 150 km à l'est.
"Lashkar Gah a été évacuée. Ils ont décidé d'un cessez-le-feu de 48 heures pour évacuer" l'armée et les responsables civils, a déclaré à l'AFP un haut responsable sécuritaire.
Les talibans ont aussi pris sans résistance vendredi Chaghcharan (centre), capitale de la province de Ghor, et contrÎlent désormais prÚs de la moitié des capitales provinciales afghanes, toutes tombées en seulement huit jours.
L'essentiel du nord, de l'ouest et du sud du pays est maintenant sous leur coupe. Kaboul, Mazar-i-Sharif, la grande ville du nord, et Jalalabad (est) sont les trois seules grandes villes encore sous le contrĂŽle du gouvernement.
Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain, Joe Biden, a confirmé le départ des derniÚres troupes étrangÚres du pays, 20 ans aprÚs leur intervention pour en chasser les talibans du pouvoir, dans la foulée des attentats du 11-Septembre.
Ce retrait doit ĂȘtre achevĂ© d'ici le 31 aoĂ»t. Le prĂ©sident Biden a depuis affirmĂ© ne pas regretter sa dĂ©cision, mĂȘme si la rapiditĂ© avec laquelle l'armĂ©e afghane s'est dĂ©sintĂ©grĂ©e devant l'avancĂ©e des talibans a surpris et déçu les AmĂ©ricains, qui ont dĂ©pensĂ© plus de 1.000 milliards de dollars en 20 ans pour la former et l'Ă©quiper.
- Pas de réengagement militaire -
En raison de "l'accĂ©lĂ©ration" des Ă©vĂ©nements, Washington a dĂ©cidĂ© de "rĂ©duire encore davantage" sa "prĂ©sence diplomatique" Ă Kaboul "dans les prochaines semaines", a annoncĂ© dans la nuit le porte-parole du dĂ©partement dâĂtat, Ned Price.
Pour mener à bien cette évacuation de diplomates américains, le Pentagone va déployer 3.000 soldats à l'aéroport international de la capitale, qui rejoindront les 650 militaires américains encore présents en Afghanistan, a précisé son porte-parole, John Kirby.
Quelque 3.500 autres militaires seront positionnĂ©es au KoweĂŻt pour pouvoir ĂȘtre envoyĂ©s en renfort en cas de dĂ©tĂ©rioration de la situation Ă Kaboul. Les talibans ne sont plus qu'Ă 150 km de la capitale, aprĂšs avoir pris jeudi la ville de Ghazni.
"Il ne s'agit pas d'un réengagement militaire dans le conflit", a assuré M. Price, tandis que le Pentagone a également affirmé qu'il n'utiliserait pas cet aéroport pour des frappes contre les talibans.
Washington va aussi accĂ©lĂ©rer l'Ă©vacuation des interprĂštes et autres auxiliaires afghans de l'armĂ©e amĂ©ricaine, qui pourraient ĂȘtre menacĂ©s de reprĂ©sailles en cas de prise du pouvoir par les talibans, avec des vols qui vont devenir "quotidiens".
Londres a parallĂšlement annoncĂ© le redĂ©ploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques Ă quitter l'Afghanistan. Ces Ă©vacuations interviennent alors que les rebelles restent sourds aux efforts diplomatiques des Ătats-Unis et de la communautĂ© internationale.
- Pas enclins au compromis -
Trois jours de rĂ©unions internationales Ă Doha, au Qatar, se sont achevĂ©s jeudi sans avancĂ©e significative. Dans une dĂ©claration commune, les Ătats-Unis, le Pakistan, l'Union europĂ©enne et la Chine ont affirmĂ© qu'ils ne reconnaĂźtraient aucun gouvernement en Afghanistan "imposĂ© par la force".
Les talibans risquent de n'ĂȘtre nullement enclins au compromis, alors que les autoritĂ©s leur ont proposĂ© jeudi en catastrophe "de partager le pouvoir en Ă©change d'un arrĂȘt de la violence", selon un nĂ©gociateur gouvernemental aux pourparlers de Doha, qui a requis l'anonymat.
Le prĂ©sident afghan Ashraf Ghani avait toujours rejetĂ© jusqu'ici les appels Ă la formation d'un gouvernement provisoire non Ă©lu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'ĂȘtre bien tardif.
A Washington, le prĂ©sident Biden se retrouve sous la pression de l'opposition. "L'Afghanistan fonce vers un immense dĂ©sastre, prĂ©visible et qui aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©", a fustigĂ© jeudi le chef des rĂ©publicains au SĂ©nat, Mitch McConnell.
En Afghanistan, la progression des talibans a un coût humain élevé. Au moins 183 civils ont été tués, dont des enfants, en un mois à Lashkar Gah, Kandahar, Hérat et Kunduz, selon l'ONU.
Quelque 390.000 personnes ont été déplacées par le conflit depuis le début de l'année, toujours selon l'ONU. Ces mouvements de population se sont accélérées ces derniÚres semaines, les civils fuyant les régions conquises par les talibans.
Nombre de civils ont ainsi affluĂ© ces derniers jours Ă Kaboul, oĂč une grave crise humanitaire menace. Ils tentent dĂ©sormais de survivre dans des parcs ou sur des terrains vagues, dans le dĂ©nuement le plus complet.
AFP





Joe Biden aussi lùche que Trump, cette avancée des talibans était prévisible, à noter aussi que depuis 2011, l'armée américaine n'a pas réussie à neutraliser les talibans, donc retour de la charia, l'obscurantisme, l'enfermement des femmes, le voile, quel honte pour l'occident !