L'Espagne a rendu jeudi un hommage solennel aux plus de 28.000 victimes du Covid-19 en présence de dirigeants de l'UE sur fond de rebond de l'épidémie dans l'un des pays européens les plus affectés par la maladie.
"Aujourd'hui symboliquement, nous disons au revoir Ă des mĂšres, des pĂšres, des enfants, des frĂšres, des amis. Nous prenons leurs mains, nous caressons leurs joues, nous embrassons leurs fronts, nous enregistrons leurs regards dans nos coeurs", a dit, dans un discours Ă©mouvant, Hernando Calleja, frĂšre d'un cĂ©lĂšbre journaliste espagnol, JosĂ© MarĂa Calleja, mort du Covid.
Sous un grand soleil, devant le Palais royal de Madrid, cette cérémonie était présidée par le roi Felipe VI et rassemblait les plus hautes autorités de l'Etat espagnol et des dirigeants de l'UE et d'organisations internationales, tous masqués et assis sur des chaises espacées pour respecter les distances de sécurité.
Le prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Charles Michel, la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne, Ursula von der Leyen, le directeur de l'Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'OTAN, Jens Stoltenberg, Ă©taient notamment prĂ©sents. "Nous n'oublierons jamais les victimes. Vous n'ĂȘtes pas seuls face Ă votre douleur", a dit le roi Ă l'adresse des proches des morts de la maladie. "C'est une douleur que nous partageons, votre deuil est le nĂŽtre", a-t-il ajoutĂ©.
- Reconfinement d'une zone en Catalogne -
Cet hommage d'Etat aux victimes du Covid intervient sur fond de rebond de l'épidémie dans le pays, prÚs d'un mois aprÚs la fin d'un confinement trÚs strict.
Alors que la population a repris sa vie et que les frontiĂšres ont rouvert avec l'Europe et une douzaine de pays hors UE, l'Espagne a connu ces derniers jours une recrudescence des contaminations. Les autoritĂ©s suivent de prĂšs plus de 120 foyers actifs. Celui qui les inquiĂšte le plus est situĂ© en Catalogne (nord-est), autour de la ville de LĂ©rida oĂč environ 160.000 habitants ont Ă©tĂ© reconfinĂ©s mercredi.
Il a Ă©tĂ© Ă©galement demandĂ© aux habitants de trois quartiers d'une banlieue de Barcelone, L'Hospitalet de Llobregat, de rester chez eux. Dans cette rĂ©gion et de nombreuses autres, les gouvernements rĂ©gionaux ont serrĂ© la vis en renforçant le caractĂšre obligatoire du masque, mĂȘme quand la distance de sĂ©curitĂ© peut ĂȘtre maintenue.
Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, bombardé de critiques par l'opposition pour sa gestion de la crise, avait déjà décrété fin mai dix jours de deuil national pour les victimes, le deuil le plus long depuis le rétablissement de la démocratie dans le pays, en 1977. L'Espagne, septiÚme pays du monde comptant le plus grand nombre de morts dus au coronavirus, a répertorié officiellement plus de 28.400 morts. Mais selon l'Institut national de la statistique et un organisme de recherche public, le pays a enregistré depuis mi-mars une surmortalité de 43.000 à 44.000 décÚs.
Le gouvernement affirme que ce chiffre inclut d'autres causes de dĂ©cĂšs ainsi que des cas prĂ©sumĂ©s de Covid qui n'ont pu ĂȘtre confirmĂ©s par des tests PCR, condition indispensable pour ĂȘtre comptabilisĂ© dans le bilan officiel. L'exĂ©cutif de M. Sanchez, qui avait dĂ©crĂ©tĂ© l'Ă©tat d'alerte du 14 mars au 21 juin afin de pouvoir imposer le confinement de la population, a exclu jusqu'ici de rĂ©tablir un tel rĂ©gime d'exception et affirme que les rĂ©gions, compĂ©tentes en matiĂšre de santĂ©, disposent des outils suffisants pour contrĂŽler l'Ă©pidĂ©mie.
AFP


