L'ancien espion russe SergueĂŻ Skripal et sa fille, empoisonnĂ©s le 4 mars, ont eu le premier contact avec l'agent innervant Ă leur domicile en Grande-Bretagne, a indiquĂ© la police britannique selon laquelle l'enquĂȘte pourrait prendre des mois.
"Les experts ont déterminé que la plus haute concentration de l'agent neurotoxique se trouvait sur la porte d'entrée de ce domicile", a indiqué la police dans un communiqué.
"Des traces de l'agent innervant ont Ă©tĂ© trouvĂ©es dans d'autres lieux sur lesquels les enquĂȘteurs ont travaillĂ© ces derniĂšres semaines, mais Ă des concentrations plus faibles que celle trouvĂ©e Ă son domicile", a prĂ©cisĂ© Dean Haydon de la police londonienne.
Londres a accusĂ© la Russie d'ĂȘtre responsable de l'empoisonnement de SergueĂŻ Skripal et de sa fille, ce que nie Moscou.
Emboßtant le pas au Royaume-Uni, qui avait expulsé 23 diplomates russes en guise de représailles, plus de vingt-cinq pays ont annoncé depuis le début de la semaine des mesures similaires, auxquelles la Russie a promis de riposter.
Les Etats-Unis ont décidé d'expulser 60 diplomates russes, soit selon Wasgington, "la plus importante expulsion" d'"espions" russes de l'Histoire.
Au total, plus de 140 diplomates russes en Europe, en Amérique du Nord, en Ukraine ou en Australie vont devoir quitter leur poste. Devraient s'y ajouter sept membres de la mission russe au siÚge de l'Otan à Bruxelles, auxquels l'Alliance a annoncé mardi retirer l'accréditation.
"Un message clair est ainsi adressé à la Russie: les comportements dangereux et irresponsables ont un coût et des conséquences", a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Jens Stoltenberg.
- Des mois d'enquĂȘte -
En revanche, la Turquie, qui possÚde la deuxiÚme armée de l'Otan en nombre, ne prendra pas de mesures contre la Russie, "sur la base d'une allégation", a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan, selon la presse turque mercredi.
M. Erdogan entretient des rapports chaleureux avec le président russe Vladimir Poutine, alors que les relations de la Turquie se sont au contraire dégradées avec la plupart des pays occidentaux depuis un an et demi.
Dans l'affaire Skripal, les enquĂȘteurs avaient dĂ©jĂ mis sous scellĂ©s un banc sur lequel les deux victimes avaient Ă©tĂ© retrouvĂ©es, un pub et un restaurant oĂč ils s'Ă©taient rendus, ainsi que la tombe de la femme de l'ancien espion.
L'enquĂȘte, qui implique quelque 250 spĂ©cialistes, pourrait prendre des mois.
Environ 500 tĂ©moins ont Ă©tĂ© identifiĂ©s par les enquĂȘteurs et la police examine plus de 5.000 heures de vidĂ©osurveillance.
"Ceux qui habitent dans le quartier des Skripal peuvent s'attendre à voir des policiers y faire des recherches, mais je veux réaffirmer que les risques sont trÚs faibles et que ces recherches sont faites par précaution", a ajouté Dean Haydon.
Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont toujours hospitalisés dans le coma. "Leur condition ne semble pas s'améliorer", a déclaré cette semaine le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangÚres Alan Duncan.
Jeudi, un juge britannique a annoncé avoir autorisé des prélÚvements de sang sur l'ex-espion russe et sa fille pour les transmettre aux experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).
Des représentants de l'OIAC sont arrivés le 20 mars au Royaume-Uni pour rencontrer les experts du laboratoire militaire de Porton Down, prÚs de Salisbury, et de la police britannique. Ils doivent également examiner les échantillons prélevés par les experts britanniques.
Nick Bailey, le policier contaminĂ© par le gaz innervant a pu quitter l'hĂŽpital jeudi. Il Ă©tait l'un des premiers Ă ĂȘtre intervenus pour secourir Skripal et sa fille, retrouvĂ©s inconscients sur un banc public Ă Salisbury.
- © 2018 AFP
