Pour les trois prétendants à la victoire finale, Monaco, Nice et bien sûr le Paris SG, il reste 15 journées de championnat. Les Monégasques, tombeurs de Nice 3-0 samedi, ont trois points d'avance sur leurs deux poursuivants, mais résisteront-ils jusqu'au bout?
Monaco et la peur du "grain de sable"
"Notre avantage de trois points, ce n'est rien. C'est bien, mais la premiÚre chose que j'ai dite aux joueurs c'est de faire attention à un éventuel grain de sable. Car il peut bloquer la machine." Prudent, Leonardo Jardim a vite tempéré le bonheur de ses joueurs, tombeurs samedi (3-0) de Nice et depuis seuls leaders du championnat de France.
Pourtant, son équipe fait trÚs grosse impression depuis le début de saison. En championnat, elle tourne à une hallucinante moyenne de trois buts par match - du jamais vu en France depuis plus de 50 ans -, et aurait presque des allures de favori lors de son huitiÚme de finale de Ligue des champions, face au Manchester City de Pep Guardiola.
Les MonĂ©gasques ont un effectif dense, qui permet Ă Jardim de faire souffler ses meilleurs joueurs - en ce moment, Thomas Lemar et Bernardo Silva - sans trop perdre en qualitĂ©. Ainsi Nabil Dirar, Joao Moutinho ou mĂȘme Kylian MbappĂ©, qui seraient sans doute titulaires dans 18 des 20 clubs de France, jouent les doublures de luxe en PrincipautĂ©.
Monaco n'est toutefois pas Ă l'abri d'une blessure - les deux sentinelles, Fabinho et TiĂ©mouĂ© Bakayoko, sont difficilement remplaçables par exemple -, ni mĂȘme d'un trou d'air. Attention Ă la dĂ©compression, a aussi averti Jardim: "l'Ă©quipe championne sera celle qui marquera le plus de points contre celles hors du top 5". Pas (forcĂ©ment) celle qui fait forte impression contre les cadors, donc.
. Nice, la grosse cote
Le champion d'automne a beaucoup perdu en ce début d'année 2017. Privé de plusieurs cadres, dont l'Ivoirien Jean-Mikaël Seri, Nice s'est fait éliminer de la Coupe de France par la lanterne rouge de la Ligue 1, Lorient, et a enchaßné en championnat deux matches nuls sans éclat avant de se reprendre contre Guingamp (3-1).
La rouste reçue samedi Ă Monaco pourrait aussi laisser des traces sur le moral azurĂ©en, mĂȘme si l'entraĂźneur Lucien Favre a estimĂ© que "si on est déçus, il ne faut pas exagĂ©rer la dĂ©faite". "Monaco, c'est trĂšs fort, ils ont fini premiers de leur poule en Ligue des champions, ils sont trĂšs efficaces".
Malgré le retour de Seri, de Belhanda, malgré aussi l'expérience et la qualité du Brésilien Dante en défense, Nice apparaßt aujourd'hui comme le moins bien parti des trois prétendants à une éventuelle victoire finale. Le président du club, Jean-Pierre RivÚre, a d'ailleurs rappelé samedi soir l'objectif de son équipe: "on vise une qualification en Coupe d'Europe, on verra bien laquelle".
. Paris SG, la force de l'habitude
"On pensait peut-ĂȘtre que ce serait aussi facile que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Ce n'est pas le cas", a analysĂ© le milieu de terrain du Paris SG, Blaise Matuidi. Le quadruple champion de France en titre a eu toutes les peines du monde pour s'imposer sur la pelouse d'un promu dĂ©complexĂ©, Dijon, samedi (3-1).
Un champion plus si souverain, et qui accuse trois longueurs de retard sur la flamboyante armada monégasque ? S'il est vrai que le PSG a plus de mal que l'an dernier à imposer sa suprématie sur la scÚne nationale, il reste malgré tout favori pour la victoire finale.
D'abord parce que lui a dĂ©jĂ dĂ» composer avec quelques blessures (Javier Pastore, Marco Verratti, Adrien Rabiot), qui ne l'ont pas empĂȘchĂ© de rester au contact de la tĂȘte du classement. Ensuite parce que, comme l'a dit Matuidi, le PSG "est mieux Ă l'extĂ©rieur depuis le dĂ©but de l'annĂ©e", et qu'il reste mĂȘme sur 9 matches sans dĂ©faite, dont 7 victoires en 2017.
Enfin parce que les hommes d'Unai Emery sont plus habitués à la pression des cimes, bien plus en tout cas que leurs deux challengers. Et qu'ils savent qu'une perte de l'une de leurs trois couronnes nationales (Ligue 1, Coupes de France et de la Ligue), serait un échec majeur. De quoi leur donner de l'appétit: "avant, nous étions les chassés. Désormais, nous sommes les chasseurs", a encore synthétisé Matuidi.
AFP
