En pleine crise, le football français va souffler le temps de sa grande affiche, OM-PSG, dimanche (21h00), entre des Marseillais fragilisés et des Parisiens assoiffés de revanche.
La trépidante saison 1 de la série "Les droits TV du foot" à peine bouclée, le foot reprend ses droits, sur le terrain, avec son "Classique" co-diffusé par Canal+, de retour sur le devant de la scÚne, et Téléfoot, pour le dernier direct de sa courte histoire.
C'est une rencontre "indémodable qui résiste à tout", se réjouit dimanche L'Equipe, en titrant sur "les braises" qui promettent une soirée explosive. "Sous trÚs haute tension", écrit de son cÎté Le Parisien, qui persiste et signe: c'est "le retour du vrai Clasico".
Mais à Marseille, ce sommet arrive au sortir d'une séquence terrible: attaque de son centre d'entraßnement par ses propres supporters le samedi, départ de son entraßneur, André Villas-Boas, le mardi.
Le tout, alors qu'il n'a remporté qu'un seul de ses dix derniers matches, toutes compétitions confondues. Le quotidien La Provence évoque en "une", une équipe qui a "tout à gagner".
En effet, le PSG risque le plus gros. AprĂšs le succĂšs de Lyon contre Strasbourg samedi (3-0), le champion en titre, 3e au classement (48 pts), doit gagner pour rester au contact de l'OL (52 pts) et de Lille (51 pts) qui joue Ă Nantes (17h00).
- L'OM sans Milik -
Le casting ne sera pas au complet. Le nouveau personnage de l'OM, l'attaquant polonais Arkadiusz Milik, a dĂ©clarĂ© forfait. La star hollywoodienne du PSG, Neymar, n'est pas sĂ»re d'ĂȘtre de la partie, clouĂ©e samedi par une gastro-entĂ©rite, mĂȘme si les signaux de sa prĂ©sence Ă©taient encourageants dimanche matin, selon plusieurs mĂ©dias.
Il manquera aussi le gardien costaricien Keylor Navas, pas encore remis d'une gĂȘne aux adducteurs. Sergio Rico le remplace, comme au match aller le 13 septembre quand l'OM avait mis fin Ă neuf ans de malheurs - et vingt matches en tout - sans jamais battre son vieux rival (1-0).
Il reste de beaux acteurs, notamment Steve Mandanda, recordman absolu du nombre de Classiques joués (28), loin devant Marco Verratti (16), ou les flingueurs des deux équipes, Florian Thauvin, Dimitri Payet, Angel Di Maria et Kylian Mbappé.
Pour le 100e OM-PSG de l'histoire, planera aussi un sentiment de revanche qui tenaille encore les Parisiens, mĂȘme s'ils ont remportĂ© le TrophĂ©e des champions (2-1) le 13 janvier.
C'est bien la "belle" que jouent les deux seuls clubs français vainqueurs d'une coupe d'Europe, la Ligue des champions pour l'OM en 1993, la Coupe des coupes en 1996 pour le PSG.
Cette C1 fera partie du décor du match pour les Parisiens, qui peuvent trouver dans la rageuse opposition que leur promettent les Marseillais un bon galop d'essai en vue du 8e de finale aller sur la pelouse du FC Barcelone, le 16 février.
"Ce sont deux parties différentes. Un match contre Marseille est un derby, c'est quelque chose de trÚs spécial. Barcelone, c'est une autre compétition, un autre contexte", a évacué l'entraßneur Mauricio Pochettino.
- "La belle" -
CÎté metteurs en scÚne, tout est changé par rapports au match aller. A Marseille, le "beau gosse" Villas-Boas est remplacé par un vieil acteur, expérimenté mais méconnu, un habitué du théùtre des centres de formation, Nasser Larguet.
A Paris, l'Argentin Pochettino a succĂ©dĂ© Ă Thomas Tuchel durant la trĂȘve hivernale. Son premier OM-PSG sur le banc lui a offert le premier titre de sa carriĂšre d'entraĂźneur, le TrophĂ©e des champions.
Mais il connaßt ses Classiques sur le bout de doigts, pour en avoir disputé six comme joueur, entre 2001 et 2003, pour deux victoires. Larguet et Pochettino ont également eu le bon goût de ne pas relativiser la portée de l'affiche. "C'est notre Ligue des champions en Championnat", lance le directeur du centre de formation de l'OM. "Il n'y a pas seulement trois points en jeu mais aussi la passion, nous savons ce que ce match représente pour nos supporters", assure le technicien argentin.
Que le spectacle commence!
AFP


