Malgré le dialogue renoué entre Manuel Valls et les syndicats, les divergences de fond demeurent et aucune issue au conflit sur la loi travail ne se dessine.
La CGT et FO décident jeudi de la poursuite de la contestation et l'hypothÚse d'un nouveau 49-3 fait son chemin.Unis depuis quatre mois contre une réforme qui privilégie l'employeur au détriment du salarié, selon eux, les représentants CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl se retrouvent dans la matinée au siÚge de Force ouvriÚre, à Paris, pour s'accorder sur la suite de leur mouvement.
Une journée est déjà programmée mardi prochain, pour le retour du texte dans l?hémicycle de l'Assemblée nationale.
Les rencontres bilatérales de mercredi n'ont pas permis en effet de rapprocher les points de vue. Le Premier ministre a reconnu de "réelles divergences de fond avec la CGT et FO, divergences qu'il faut assumer".
"Ce n'est pas la fin du mouvement", a résumé Jean-Claude Mailly (FO) en sortant.
Au centre de ces désaccords, l'article 2 qui instaure la primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche en matiÚre de temps de travail dÚs lors qu'un accord majoritaire est signé.
Les syndicats opposés à la loi en ont fait une ligne rouge, affirmant qu'il porte en germe un risque de "dumping social" et de concurrence entre les salariés. Ils soulÚvent en particulier la questions de la majoration des heures supplémentaires.
Mais François Hollande et Manuel Valls l'ont encore répété mercredi, pas question de toucher à la "colonne vertébrale" du texte. Ils sont soutenus par la CFDT qui y voit un "facteur de progrÚs social".
L'article 2 "sera maintenu dans sa rĂ©daction actuelle", a dit le chef de l'Etat aux Echos, en prĂ©venant les dĂ©putĂ©s. "Je souhaite qu'une majoritĂ© puisse ĂȘtre trouvĂ©e. A dĂ©faut, il sera de nouveau recouru l'article 49-3" de la Constitution, qui permet d'adopter un texte sans vote, comme ce fut la cas en premiĂšre lecture.
- Le Medef reçu jeudi à son tour -
La bataille de tranchée reprend dÚs jeudi à l'Assemblée nationale, avec le nouvel examen du texte en commission des Affaires sociales. Il a été voté mardi au Sénat dans une version plus libérale.
Le gouvernement a tout de mĂȘme fait deux concessions aux syndicats, en annonçant mercredi "de nouveaux amendements" visant Ă "rĂ©affirmer le rĂŽle de la branche".
Dans le dĂ©tail, il compte ajouter deux domaines, "l'Ă©galitĂ© professionnelle et la pĂ©nibilitĂ©", oĂč "l'entreprise ne pourra pas faire moins bien que la branche". Quatre thĂšmes Ă©taient dĂ©jĂ sanctuarisĂ©s: les salaires, la classification, la formation professionnelle et la prĂ©voyance.
Autre annonce: dans les domaines oĂč la loi ne tranche pas entre la branche et l'entreprise, les partenaires sociaux de chaque branche devront nĂ©gocier pour dĂ©terminer quel niveau prime. Les nĂ©gociations devront dĂ©buter avant fin 2017 et aboutir avant le 30 juin 2018.
Selon la ministre du Travail Myriam El Khomri, ces amendements, inspirés par la CFDT, principal soutien du projet de loi, répondent "aux attentes exprimées par les frondeurs lors du débat à l'Assemblée".
Mais ils ont été jugés insuffisants par plusieurs élus car ils ne rÚglent pas "le coeur de la contestation". Pour Philippe Martinez (CGT) "les petites avancées sont trÚs loin du compte".
Reste Ă s'entendre sur la suite, aprĂšs onze journĂ©es de mobilisation depuis mars et au moment oĂč dĂ©marrent les vacances d'Ă©tĂ©. Alors que la CGT a d'ores et dĂ©jĂ annoncĂ© des grĂšves et manifestations le 5 juillet, Jean-Claude Mailly estime que "cela devient compliquĂ©, notamment Ă Paris", d'organiser des cortĂšges, qui sont dĂ©sormais trĂšs encadrĂ©s par les forces de l'ordre.
De son cÎté, Manuel Valls poursuit les consultations jeudi, en recevant François Hommeril (CFE-CGC) à 14H30, Pierre Gattaz (Medef) à 15H15, François Asselin (CGPME) à 16H00 et Jean-Pierre Crouzet (UPA) à 16H45, en présence de Myriam El Khomri.
Par Emmanuelle TRECOLLE - © 2016 AFP
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