Venezuela

L'opposant Guaido accuse le pouvoir de vouloir "bĂąillonner" le Parlement

  • PubliĂ© le 15 mai 2019 Ă  04:28
  • ActualisĂ© le 15 mai 2019 Ă  08:26
Le leader de l'opposition vénézuélienne et président autoproclamé Juan Guaido, lors d'une conférence de presse
Ă  Caracas le 14 mai 2019

Le chef de file de l'opposition vĂ©nĂ©zuĂ©lienne Juan Guaido a accusĂ© mardi le pouvoir chaviste de vouloir "bĂąillonner" l'AssemblĂ©e nationale, dont les accĂšs Ă©taient bloquĂ©s par les forces de l'ordre, empĂȘchant ainsi les dĂ©putĂ©s de siĂ©ger.

Le pouvoir "tente de bùillonner par la force le Parlement qui est la seule instance légitime (du Venezuela, ndlr) reconnue par le reste du monde", a déclaré Juan Guaido, qui préside l'Assemblée nationale, lors d'une conférence de presse.

A l'aube, des effectifs de la police, de la Garde nationale bolivarienne, un corps militarisé, et des services de renseignement (Sebin) ont été déployés autour du Palais fédéral et ils en interdisaient l'accÚs aux députés et aux journalistes, a constaté l'AFP.
Dans l'aprĂšs-midi, la police continuait de bloquer les accĂšs, selon un journaliste de l'AFP.
Le Parlement est la seule institution vénézuélienne contrÎlée par l'opposition à Nicolas Maduro auquel Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, réfute toute légitimité.
Face à la presse, les députés ont accusé le Sebin, les services de renseignement, d'avoir investi le bùtiment, "prétextant la présence d'engins explosifs" pour les tenir à l'écart.
"Aujourd'hui, le Palais fĂ©dĂ©ral lĂ©gislatif est occupĂ© par l'armĂ©e. (Le pouvoir) a peut-ĂȘtre la force brute mais il ne convainc pas (...). Tout ce qui lui reste c'est la persĂ©cution, le harcĂšlement et la levĂ©e d'immunitĂ©s" parlementaires, s'est insurgĂ© Juan Guaido, tout en annonçant une nouvelle sĂ©ance pour mercredi.

Les parlementaires devaient débattre mardi des poursuites contre leurs pairs accusés par la Justice d'avoir "activement" soutenu le soulÚvement manqué du 30 avril, auquel avait appelé Juan Guaido.
Depuis, le pouvoir chaviste concentre son offensive sur l'Assemblée nationale en pourchassant les "traßtres" responsables, à ses yeux, de cette opération.
Mardi, la Cour suprĂȘme, accusĂ©e d'ĂȘtre aux ordres du chef de l'Etat, a ordonnĂ© l'ouverture de poursuites pĂ©nales contre quatre dĂ©putĂ©s d'opposition accusĂ©s d'avoir soutenu l'appel au soulĂšvement, portant Ă  14 le nombre de parlementaires dans le collimateur de la justice.
Des 14 dĂ©putĂ©s poursuivis, Edgar Zambrano, le vice-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© la semaine derniĂšre et transfĂ©rĂ© dans une prison militaire, tandis que trois dĂ©putĂ©s sont rĂ©fugiĂ©s dans des rĂ©sidences diplomatiques et un autre a fui en Colombie voisine.

"Usage excessif de la force"

Juan Guaido tente de déloger Nicolas Maduro du pouvoir depuis fin janvier. Il le qualifie d'"usurpateur" en raison de l'élection présidentielle "frauduleuse" de l'an dernier qui a permis au chef de l'Etat de se maintenir au pouvoir.
L'opposant de centre droit dit avoir le soutien de la rue, mais les nombreuses manifestations anti-Maduro auxquelles il appelle font de moins en moins recette.
Ces manifestations ont parfois été émaillées de violents heurts avec les forces de l'ordre.

Et lors de manifestations en janvier, le gouvernement a fait un "usage excessif de la force", "de maniÚre systématique et généralisée", s'est indignée Amnesty International dans un rapport publié mardi.
L'ONG de dĂ©fense de droits de l'homme appelle la Cour pĂ©nale internationale (CPI) Ă  enquĂȘter sur des "crimes contre l'humanitĂ©" qui pourraient avoir Ă©tĂ© commis en janvier, au moment de la proclamation de Juan Guaido comme prĂ©sident par intĂ©rim.
Au plan international, Nicolas Maduro, président depuis la mort de son mentor Hugo Chavez en 2013, a notamment le soutien de l'Iran et de la Russie.
A l'inverse, les Etats-Unis soutiennent Juan Guaido, qu'ils reconnaissent comme président par intérim. Ils ont mis en place de nombreuses sanctions contre des responsables du gouvernement Maduro pour tenter de le pousser vers la sortie.

Mardi, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a justement appelé Moscou à "cesser" de soutenir Nicolas Maduro, lors d'une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Sotchi. Sa demande a été fermement rejetée par la Russie.
Juan Guaido a, lui, demandé à son représentant à Washington de prendre contact avec le commandement américain pour l'Amérique du Sud (Southcom).
Carlos Vecchio a donc écrit à l'amiral Craig Faller, qui dirige le Southcom, pour mettre en place une "coopération stratégique et opérationnelle afin d'en finir avec la souffrance de notre peuple et restaurer la démocratie".

AFP

guest
0 Commentaires