Arménie

L'opposition rejette un appel au dialogue, la contestation se poursuit

  • PubliĂ© le 21 avril 2018 Ă  18:30
  • ActualisĂ© le 21 avril 2018 Ă  20:47
Des policiers armĂ©niniens arrĂȘte un manifestant de l'opposition Ă  Erevan, le 21 avril 2018

Une nouvelle manifestation de l'opposition contre l'ex-président d'Arménie, Serge Sarkissian, récemment nommé Premier ministre, était prévue samedi soir à Erevan, le chef de la contestation Nikol Pachinian ayant rejeté un appel des autorités au "dialogue".

Plusieurs milliers de personnes affluaient dans l'aprĂšs-midi vers la place de la RĂ©publique, en plein centre d'Erevan, la capitale armĂ©nienne, oĂč une grande manifestation a Ă©tĂ© annoncĂ©e pour 15H00 GMT par M. Pachinian, dĂ©putĂ© et leader de l'opposition.

Dans la journée, des manifestants brandissant des drapeaux arméniens bloquaient des rues à Erevan, en perturbant fortement le trafic dans la ville. La police a annoncé avoir procédé à 84 interpellations samedi à la suite de ces protestations.
Au 9e jour de mobilisation contre sa nomination, Serge Sarkissian s'est déclaré "trÚs préoccupé par les évÚnements politiques" dans le pays.

"Afin d'éviter des conséquences irréversibles, j'appelle le député Nikol Pachinian à s'asseoir à la table du dialogue politique et de la négociation", a-t-il indiqué dans une déclaration, rendue publique.
M. Pachinian a rapidement rĂ©pondu qu'il Ă©tait prĂȘt Ă  discuter, mais "seulement pour parler des conditions du dĂ©part" de son adversaire, selon des agences de presse.
Pour sa part, le nouveau prĂ©sident armĂ©nien Armen Sarkissian, sans lien de parentĂ© avec son prĂ©dĂ©cesseur et qui a prĂȘtĂ© serment la semaine derniĂšre, s'est dĂ©clarĂ© lui aussi prĂȘt Ă  rencontrer M. Pachinian afin de tenter de calmer la situation.

- "Faire baisser les tensions" -

"Je suis trĂšs prĂ©occupĂ© par le refus du dialogue ce qui risque d'aboutir Ă  un affrontement", a-t-il dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ©, en appelant "tout le monde Ă  s'arrĂȘter et Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  quelles consĂ©quences cette confrontation peut aboutir".
"Je suis prĂȘt Ă  rencontrer le dĂ©putĂ© Nikol Pachinian pour faire baisser les tensions dans le pays via un dialogue entre forces politiques", a indiquĂ© le prĂ©sident armĂ©nien.
Quelque 30.000 personnes, selon des journalistes sur place, avaient manifestĂ© vendredi Ă  Erevan oĂč la police a procĂ©dĂ© Ă  plus de 230 interpellations.

Le député Nikol Pachinian, 42 ans, qui mÚne la contestation, est un ancien journaliste et un opposant de longue date qui a briÚvement été en prison aprÚs avoir déjà pris part à des mouvements de protestation contre Serge Sarkissian en 2008 qui avaient fait 10 morts.
Les protestataires accusent Serge Sarkissian, qui vient d'achever son deuxiÚme mandat présidentiel, de s'accrocher au pouvoir en se faisant élire Premier ministre par les députés.

Alors que la Constitution interdit au président d'effectuer plus de deux mandats, M. Sarkissian avait fait voter en 2015 une réforme controversée donnant l'essentiel des pouvoirs au Premier ministre.
Au-delà des man?uvres de Serge Sarkissian pour rester au pouvoir aprÚs plus d'une décennie au poste de président, les manifestants reprochent à cet ancien militaire de 63 ans de n'avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l'économie du pays.

Le taux de pauvreté de l'Arménie était de 29,8% en 2016 contre 27,6% en 2008 selon les données de la Banque mondiale, tandis que le Revenu national brut (RNB) par habitant stagnait à 3.770 dollars, une somme quasi identique à celle d'il y a dix ans.
Jusqu'à présent, la manifestation la plus importante a eu lieu mardi dernier, avec quelque 40.000 personnes à Erevan. Il s'agissait du plus grand rassemblement de l'opposition de ces derniÚres années dans ce petit pays du Caucase.

 AFP

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