Des dizaines de milliers de personnes ont assisté dimanche à la traditionnelle grande parade des nations celtes du Festival interceltique de Lorient, sous un soleil triomphant, avec cette année un éléphant, rappelant la création de la ville il y a 350 ans, à l'époque de la Compagnie des Indes.
EmmenĂ©s par le bagad (groupe de musique traditionnelle bretonne) de Lann-BihouĂ©, de la Marine nationale, cercles de danse et bagadoĂč ont dĂ©filĂ© depuis le port de pĂȘche de Lorient jusqu'au stade du Moustoir. Une parade de 2,5 km, Ă laquelle ont participĂ© 78 groupes et prĂšs de 3.500 artistes, Ă un pas trĂšs rythmĂ© malgrĂ© la chaleur.
Depuis le port de pĂȘche, les spectateurs -- 80.000, selon les organisateurs -- se sont pressĂ©s comme chaque annĂ©e pour ne rien manquer de ce grand-rendez vous des nations celtes. Pour mieux en profiter, certains Ă©taient juchĂ©s sur des escabeaux.
Karol, 25 ans, originaire de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a revĂȘtu pour l'occasion un kilt dĂ©corĂ© du tartan (Ă©toffe de laine, ndlr) irlandais. "Tout l'univers celtique est reprĂ©sentĂ©, pas seulement les Bretons, on retrouve nos cousins d'un peu partout dans le monde", confie Ă l'AFP cette "passionnĂ©e de l'Irlande", un bĂ©ret Ă carreaux sur la tĂȘte.
AccompagnĂ©s par le chant obsĂ©dant des cornemuses, des commentateurs s'appliquent Ă retracer l'histoire de chaque bagad, racontant ses meilleures anecdotes. Saint-Malo est ainsi connu pour dĂ©filer, comme chaque annĂ©e, avec son emblĂ©matique boxer en tĂȘte.
Comme souvent en Bretagne, mĂȘme les petits villages d'un millier d'habitants ont leur propre ensemble musical.
CĂŽtĂ© sĂ©curitĂ©, le contrĂŽle visuel des sacs est systĂ©matique pour accĂ©der Ă la parade. Des plots en bĂ©ton et des fourgons empĂȘchent Ă©galement l'accĂšs des rues transversales. "On n'est pas habituĂ©s Ă voir des policiers mais c'est quand mĂȘme un Ă©vĂ©nement trĂšs festif", commente Damien, un Rennais de 35 ans.
-"C'est une belle découverte"-
Certains des artistes n'ont pas plus de 4 ou 5 ans. VĂȘtus d'un costume traditionnel, dont les broderies colorĂ©es Ă©clatent au soleil, ils soufflent dĂ©jĂ Ă pleins poumons dans leur bombarde.
Le bagad de Lorient, qui a remportĂ© samedi la seconde place de sa catĂ©gorie au championnat national des bagadoĂč, rĂ©colte les applaudissements nourris du public. Parmi ses membres, un petit garçon court en frappant son tambour pour rattraper ses acolytes.
Outre la musique des bombardes, cornemuses, caisses claires et accordĂ©ons, beaucoup de spectateurs sont aussi lĂ pour apprĂ©cier le grand dĂ©filĂ© des costumes traditionnels. Ils sont la rĂ©plique des costumes portĂ©s au 18e ou 19e siĂšcle en Bretagne, mais aussi dans les Asturies, en Galice, Cornouailles, Ăcosse ou Irlande.
"C'est une belle dĂ©couverte pour moi, confie Gabriela, 16 ans, originaire de Guyane. C'est trĂšs intĂ©ressant de voir comment ils s'habillaient Ă l'Ă©poque. Ce qui me plaĂźt, ce sont les jupes longues". Parmi les coiffes en dentelle, Ă©normĂ©ment de variantes, de la plus sobre Ă la plus sophistiquĂ©e, mĂȘme si les bigoudĂšnes, les plus cĂ©lĂšbres de toutes, sont peu reprĂ©sentĂ©es.
David, membre du cercle de LandrĂ©varzec (FinistĂšre), tient Ă dĂ©tailler piĂšce par piĂšce son costume : gouriz (ceinturon de cuir), chupenn (veste courte), bragou (pantalon bouffant) et guĂȘtres. Quant au chapeau, ses guides (rubans) permettent de savoir si le danseur est mariĂ© ou cĂ©libataire, selon qu'ils sont brodĂ©s ou non.
Les danses sont tout aussi variĂ©es que les costumes, entre quadrilles, avant-deux et gavottes. "Ăa a l'air si facile, alors qu'en rĂ©alitĂ©, c'est trĂšs compliquĂ© de dĂ©filer en dansant", remarque Marco, un touriste italien qui a tenu Ă inclure la grande parade dans son tour de France.
Parmi les jeunes présents, certains revendiquent de pied ferme l'héritage celtique. "Ce n'est pas démodé, ça permet au contraire de rassembler les gens. Tout le monde est captivé", assure Kévin, 19 ans.
Par HélÚne DUVIGNEAU - © 2016 AFP
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