Condamnation

L'UE dénonce les violences contre les Rohingyas en Birmanie

  • PubliĂ© le 14 septembre 2017 Ă  20:37
  • ActualisĂ© le 14 septembre 2017 Ă  20:53
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Strasbourg, le 13 septembre 2017

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a dénoncé jeudi la "catastophe choquante" qui frappe la minorité des Rohingyas en Birmanie, peu aprÚs que le Parlement européen a agité la menace de retirer son prix des droits de l'homme à la dirigeante Aung San Suu Kyi.


"Ce qui se passe en Birmanie est une catastrophe choquante (...) puisque une fois de plus on essaie d'éradiquer des ethnies entiÚres", a déclaré M. Juncker, interrogé lors d'une émission avec des animateurs YouTube sur la chaßne Euronews. Dans une résolution, le Parlement européen s'est dit jeudi "gravement préoccupé par la gravité et l'ampleur croissantes des violations des droits de l'homme, y compris les assassinats, les affrontements violents, la destruction des biens civils et le déplacement de centaines de milliers de civils" en Birmanie.

Il demande "aux forces militaires et aux forces de sécurité de cesser immédiatement les meurtres, le harcÚlement et les viols de Rohingyas, ainsi que l'incendie de leurs maisons".

Quant au pouvoir civil en Birmanie, et notamment sa dirigeante de facto Aung San Suu Kyi, il doit "condamner fermement toute incitation à la haine raciale ou religieuse" et "lutter contre la discrimination sociale et l'hostilité" contre la minorité musulmane des Rohingyas, estiment les élus européens.
Le Parlement europĂ©en, rĂ©uni en sĂ©ance plĂ©niĂšre, rappelle avoir dĂ©cernĂ© en 1990 son "Prix Sakharov pour la libertĂ© de la presse" Ă  Mme Suu Kyi, qui venait alors d'ĂȘtre placĂ©e en rĂ©sidence surveillĂ©e aprĂšs que son parti eut remportĂ© les Ă©lections.

Au vu du silence actuel de Mme Suu Kyi sur le sort des Rohingyas, les dĂ©putĂ©s europĂ©ens s'interrogent sur la possibilitĂ© "d'examiner si le prix Sakharov pourrait ĂȘtre rĂ©voquĂ© en cas de violations" des critĂšres ayant conduit Ă  son attribution, Ă  savoir notamment la dĂ©fense des droits de l'homme et la protection des "droits des minoritĂ©s".

Intervenant jeudi dans l'hĂ©micycle du Parlement, la cheffe de la diplomatie europĂ©enne, Federica Mogherini, a elle-mĂȘme soulignĂ© que "Aung San Suu Kyi a Ă©tĂ© une source d'inspiration pour le monde dĂ©mocratique".

"Les dirigeants du Myanmar (nom officiel de la Birmanie, ndlr) doivent montrer que la démocratie pour laquelle ils ont lutté peut s'appliquer à tous les habitants du pays, indépendamment des différences religieuses et ethniques", a-t-elle insisté.

"La violence doit cesser immédiatement", a-t-elle ajouté, évoquant une situation "complÚtement inacceptable" due aux "excÚs" des forces de sécurité birmanes.

Depuis fin août, plus de 379.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh, limitrophe de la Birmanie, pour fuir une campagne de répression de l'armée birmane consécutive à des attaques de rebelles rohingyas. Des milliers d'autres seraient toujours sur les routes. Aung San Suu Kyi, ex-dissidente et prix Nobel de la paix 1991, est sous le feu des critiques à l'international pour sa position ambiguë sur le sort de cette minorité musulmane persécutée en Birmanie.

AFP

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