Europe

L'UE et Londres nouent un accord provisoire sur leur relation post-Brexit

  • PubliĂ© le 22 novembre 2018 Ă  18:02
  • ActualisĂ© le 22 novembre 2018 Ă  18:46
La PremiĂšre ministre britannique Theresa May devant le 10 Downing Street Ă  Londres, le 22 novembre 2018

L'UE et le Royaume-Uni ont trouvĂ© jeudi un accord provisoire sur la relation "ambitieuse" qu'ils espĂšrent bĂątir aprĂšs le Brexit, mais les nĂ©gociations sur leur divorce sont encore loin d'ĂȘtre bouclĂ©es, Ă  trois jours d'un sommet crucial. Le sort de l'enclave de Gibraltar et la question des futurs droits de pĂȘche des EuropĂ©ens dans les eaux britanniques font partie des principaux problĂšmes restant Ă  rĂ©soudre pour conclure ces tractations d'une complexitĂ© inĂ©dite, Ă  environ quatre mois du dĂ©part britannique. Au lendemain d'une visite Ă©clair de la PremiĂšre ministre Theresa May Ă  Bruxelles, un projet de "dĂ©claration politique" de 26 pages, prĂ©parĂ© par les deux Ă©quipes de nĂ©gociateurs, a Ă©tĂ© transmis jeudi aux capitales europĂ©ennes.

Ce texte a été "convenu au niveau des négociateurs et accepté en principe au niveau politique, sous réserve de l'approbation des dirigeants" dimanche lors d'un sommet à Bruxelles, a annoncé le président du Conseil européen Donald Tusk.

Le document sera joint au "traité de retrait" du Royaume-Uni, qui a déjà fait l'objet d'un accord la semaine derniÚre entre les deux parties. Il "établit les paramÚtres d'un partenariat ambitieux, large, approfondi et flexible" en matiÚre de commerce, de politique étrangÚre, de défense et de sécurité, selon le texte vu par l'AFP.

Contrairement au traitĂ©, il n'aura pas de valeur juridique mais il revĂȘt une forte portĂ©e politique, pour fixer le cadre de nĂ©gociations qui ne pourront dĂ©marrer qu'aprĂšs le Brexit, programmĂ© fin mars 2019.

- Transition prolongée -

Les deux Ă©quipes de nĂ©gociations sont aussi convenues que la pĂ©riode de transition post-Brexit pourra ĂȘtre prolongĂ©e jusqu'Ă  deux ans aprĂšs la fin 2020, la date initialement prĂ©vue dans le traitĂ© de retrait.

Pendant cette transition, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les rÚgles de l'UE et d'y contribuer financiÚrement, sans cependant participer aux décisions, au grand dam des partisans britanniques d'une rupture nette et rapide. L'annonce de ces progrÚs dans les négociations a fait immédiatement bondir la livre britannique face au dollar.
"C'est le bon accord pour le Royaume-Uni. Il met en oeuvre le résultat du référendum" de juin 2016, s'est félicitée Theresa May devant Downing Street, avant une déclaration devant les députés prévue dans l'aprÚs-midi.

La veille, à l'issue d'une rencontre de deux heures avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, elle avait annoncé qu'elle reviendrait samedi à Bruxelles pour finaliser les négociations, à la veille du sommet spécial censé sceller un accord final de divorce.

Plusieurs pays europĂ©ens parmi les 27 avaient insistĂ© en coulisses pour que les nĂ©gociations accĂ©lĂšrent et que les capitales disposent d'un temps suffisant pour examiner les textes, faute de quoi le sommet pourrait ĂȘtre reportĂ© selon plusieurs diplomates.
"La France et l'Allemagne sont d'accord : il ne doit pas y avoir pas de nĂ©gociation lors du Conseil europĂ©en (dimanche) et les textes doivent donc ĂȘtre prĂȘts Ă  l'avance", a expliquĂ© une source diplomatique.
"C'est un équilibre délicat à trouver", a expliqué une autre source diplomatique. Les 27 ne veulent pas d'un texte transmis "au dernier moment", mais ils "comprennent bien que Mme May a besoin d'un peu de dramaturgie pour montrer qu'elle a négocié jusqu'au bout".

- Merkel prudente -

La chanceliÚre allemande Angela Merkel a prévenu qu'il restait du chemin à faire pour parvenir à un grand accord final sur le Brexit.
"Nous avons déjà fait des progrÚs, mais il y aura certainement encore beaucoup de discussions nécessaires, surtout aussi au Royaume-Uni", a-t-elle affirmé lors d'une discussion avec des entrepreneurs allemands.
"Les questions de Gibraltar et de la pĂȘche" doivent "encore ĂȘtre rĂ©solues", a admis jeudi devant la presse le porte-parole de la Commission europĂ©enne, Margaritis Schinas.

L'Espagne a menacé de s'opposer à tout accord sur le Brexit dimanche si elle n'obtient pas que soit inscrit noir sur blanc qu'elle disposerait d'un droit de veto sur les négociations futures concernant l'enclave britannique de Gibraltar, située dans le sud l'Espagne.
La questions sensible du futur accÚs des flottes européennes aux eaux territoriales du Royaume-Uni continue également de provoquer des tensions.

Des pays comme la France insistent pour que soit clairement affirmĂ© le lien entre l'accĂšs futur au marchĂ© europĂ©en pour les poissons pĂȘchĂ©s par les Britanniques et l'accĂšs aux eaux territoriales britanniques pour les EuropĂ©ens.

Avant le projet d'accord annoncé jeudi, celui qui avait déjà été annoncé la semaine derniÚre concernait le "traité de retrait" du Royaume-Uni, un texte de prÚs de 600 pages, qui détricote les liens noués pendant plus de 40 ans d'adhésion du Royaume-Uni.
Ce texte rÚgle notamment la question de la facture que devra payer Londres à l'UE, sans la chiffrer, et prévoit une solution controversée pour éviter en dernier recours le retour d'une frontiÚre physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.
 

 - © 2018 AFP

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