Le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier a salué vendredi "l'esprit constructif" du discours sur le Brexit de la PremiÚre ministre britannique Theresa May à Florence (Italie), tout en demandant des détails sur ses "implications concrÚtes".
Mme May "exprime un Ă©tat d'esprit constructif qui est aussi celui de l'Union europĂ©enne dans cette nĂ©gociation extraordinaire", a dĂ©clarĂ© M. Barnier dans un communiquĂ©. "Il traduit une volontĂ© de progresser alors mĂȘme que le temps passe", a-t-il poursuivi.
L'UE attend cependant de la part des négociateurs britanniques des détails sur "les implications concrÚtes" de ce discours, a-t-il ajouté.
Celui-ci "doit se traduire dans des positions de négociations pour faire de véritables progrÚs", a ainsi résumé Michel Barnier sur le réseau social Twitter.
Sur la protection du droit des citoyens, M. Barnier a relevĂ© que les dĂ©clarations de Mme May "marquent un pas en avant, mais doivent maintenant ĂȘtre confirmĂ©es par des positions de nĂ©gociation prĂ©cises du gouvernement britannique".
"Le Royaume-Uni reconnaĂźt aussi qu'aucun pays europĂ©en ne devrait payer plus ou recevoir moins en raison du Brexit. Nous sommes prĂȘts Ă discuter des implications concrĂštes de cet engagement", a encore observĂ© Michel Barnier, revenant sur les dĂ©clarations de Mme May concernant le "solde des comptes" entre l'UE et le Royaume-Uni.
"Nous devons vérifier (...) si cette assurance couvre tous les engagements pris par le Royaume-Uni en tant qu'Etat membre de l'Union", a-t-il insisté.
Le Français a en outre souligné que la PremiÚre ministre n'avait pas apporté de clarifications sur la façon dont le Royaume-Uni entendait s'engager pour garantir les accords de paix en Irlande, une autre priorité des Européens.
Enfin, M. Barnier a dit que "si l'Union europĂ©enne le souhaite", s'agissant de la pĂ©riode de transition de deux ans proposĂ©e par Theresa May pendant laquelle le gouvernement britannique souhaite continuer d'avoir accĂšs au marchĂ© unique, "cette nouvelle demande pourra ĂȘtre prise en compte et examinĂ©e".
FidĂšle Ă une ligne Ă©tablie dĂšs le dĂ©but du mandat des nĂ©gociateurs europĂ©ens, Michel Barnier prĂ©cise que l'UE "continuera d'insister sur le progrĂšs suffisant sur les principaux sujets d'un retrait ordonnĂ© du Royaume-Uni avant d'ouvrir les discussions sur la future relation", Mme May ayant longuement Ă©voquĂ© vendredi ce que pourrait ĂȘtre ce futur partenariat.
Le discours de la PremiÚre ministre a également été bien accueilli par d'autres hauts responsables de l'Union européenne, comme le référent Brexit du Parlement européen Guy Verhofstadt, qui est d'habitude un des plus critiques à l'égard de Londres.
"Six mois aprÚs le déclenchement du (processus en vue du divorce d'avec l'UE), il apparaßt que la position du Royaume-Uni devient plus réaliste", a dit celui-ci.
M. Verhofstadt a toutefois appelé les négociateurs de l'UE à rester "trÚs prudents", notamment en ce qui concerne le sort des ressortissants des Etats membres de l'Union européenne travaillant dans ce pays.
La protection de leurs droits "doit ĂȘtre absolue et au-dessus de tout soupçon", a encore dit l'eurodĂ©putĂ© belge.
C'est au Parlement européen qu'aura lieu le vote final sur l'accord qui sera conclu concernant la sortie de l'UE en mars 2019 de la Grande-Bretagne.
Quant au président français Emmanuel Macron, il a dit avoir relevé des "avancées" et des "ouvertures" dans le discours de Theresa May, tout en laissant "l'exclusivité" des réactions à Michel Barnier.
Par Mariëtte Le Roux - © 2017 AFP
