En visite à Rome, Emmanuel Macron sera reçu vendredi matin par le pape François pour la deuxiÚme fois de son quinquennat, un geste envers les catholiques à cinq mois de la présidentielle. Lors de cette nouvelle audience, le président français et le pape François devraient notamment aborder les crises migratoires aux portes de l'Europe, aprÚs le naufrage qui a coûté la vie à 27 migrants mercredi dans la Manche, selon des sources diplomatiques.
Autre sujet dĂ©licat, le rĂ©cent rapport SauvĂ© sur les abus sexuels dans lâĂglise en France, sur lequel le pape a dĂ©jĂ exprimĂ© son "immense tristesse" et un sentiment de "honte".
Le président français pourrait enfin vouloir apaiser sur le dossier de la PMA pour les couples de femmes, critiquée par l'Eglise.
Emmanuel Macron a expliquĂ© Ă plusieurs mĂ©dias jeudi soir ses divergences avec le pape sur le sujet des migrants. "On doit accueillir, câest lâasile constitutionnel, on a intĂ©rĂȘt Ă accueillir, parce qu'on ne fait pas fonctionner des secteurs de l'Ă©conomie sans cela. En revanche, accueillir tout le monde n'est pas soutenable aux Ă©quilibres de nos pays", a-t-il dit au journal La Croix.
"Le pape voit les dĂ©sĂ©quilibres que provoquent les crises migratoires, il sent trĂšs bien que des peuples entiers sont percutĂ©s par cela. Si on ne protĂšge pas notre intĂ©gritĂ© nationale, on risque dâalimenter en retour des nationalismes trĂšs durs, des phĂ©nomĂšnes que lâEurope avait su domestiquer. Mais chacun est dans son rĂŽle. Le pape nâa pas de frontiĂšre Ă gĂ©rer", a-t-il ajoutĂ©.
Par cette visite au Vatican, un mois aprÚs celle de son Premier ministre Jean Castex, Emmanuel Macron ménage un électorat catholique avec qui les relations ont été refroidies par l'adoption de la loi bioéthique ainsi que les restrictions de l'accÚs aux obsÚques et à la tenue des messes pendant la crise sanitaire. Le rappel à la loi concernant le secret de la confession a également été une pomme de discorde.
- Traité franco-italien -
Et une autre tension pourrait surgir s'il inscrivait dans le programme d'un second quinquennat le droit Ă mourir, comme le souhaitent certains de ses proches.
La visite d'Emmanuel Macron au Vatican est une marque de respect dans une relation qui aura Ă©tĂ© en dents de scie. En avril 2018, devant les Ă©vĂȘques rĂ©unis dans le collĂšge des Bernardins, Ă Paris, Emmanuel Macron avait dit vouloir "rĂ©parer le lien entre lâĂglise et lâĂtat" qui "s'est abĂźmĂ©". Il a aussi Ă©tĂ© le premier prĂ©sident Ă se rendre en visite Ă Lourdes, en juillet. Mais il avait aussi dĂ©clarĂ©, Ă propos de la loi sur la PMA, que la voix de lâĂglise sur les sujets de sociĂ©tĂ© "ne peut ĂȘtre injonctive". Autre but de son voyage, la signature du traitĂ© du Quirinal, conclu entre la France et lâItalie, qui mettra l'accent sur le renforcement de la coopĂ©ration entre les deux pays dans le secteur de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ©, a prĂ©cisĂ© le ministĂšre italien de la DĂ©fense.
Ce traitĂ© englobe d'autres sujets communs, comme la culture et lâĂ©ducation, lâengagement commun en MĂ©diterranĂ©e et en Afrique ainsi que la coopĂ©ration dans le domaine de lâespace, a prĂ©cisĂ© le gouvernement italien. L'occasion de resserrer les liens avec un alliĂ© Ă un mois du dĂ©but de la prĂ©sidence française de l'UE.
AFP


