Dans la Somme et dans le Pas-de-Calais

Macron défie Le Pen sur ses terres

  • PubliĂ© le 26 avril 2017 Ă  13:01
Emmanuel Macron Ă  Paris le 26 avril 2017

Emmanuel Macron, accusé d'avoir anticipé une victoire à la présidentielle française le 7 mai, repart en campagne mercredi en allant défier la candidate du Front national, Marine Le Pen, dans ses fiefs.

Le jeune candidat, 39 ans, doit d'abord se rendre Ă  Amiens (Somme) pour rencontrer les salariĂ©s d'un site menacĂ© de dĂ©localisation en Pologne, puis Ă  Arras (Pas-de-Calais), deux villes oĂč la cheffe du Front national est arrivĂ©e en tĂȘte du premier tour dimanche.

AprÚs un début de campagne du second tour sur les chapeaux de roues, celle qui se présente comme "la candidate du peuple" a convoqué mercredi son conseil stratégique de campagne. AprÚs "Remettre la France en ordre", elle doit dévoiler un nouveau slogan.

La candidate anti-Europe et anti-immigration tiendra jeudi un grand meeting Ă  Nice (Alpes-Maritimes), un des bastions de la droite, oĂč l'ancien Premier ministre François Fillon l'avait devancĂ©e au premier tour.

Donné vainqueur le 7 mai par tous les sondages publiés depuis dimanche soir avec de 62% à 64% d'intentions de vote, Emmanuel Macron a pourtant reconnu que "rien n'est gagné" face à son adversaire, qui a annoncé vouloir "rassembler les patriotes (...) de droite ou de gauche".
L'attitude de M. Macron, qui a consacré son début de semaine à des consultations en vue d'une future majorité, a été critiquée par nombre de commentateurs, jugeant qu'il donnait l'impression "d'enjamber" le second tour.

Si M. Macron a recueilli des ralliements de tous bords pour "faire barrage" Ă  l'extrĂȘme droite, il n'a toujours pas obtenu celui du tribun de la gauche radicale Jean-Luc MĂ©lenchon (19,58% des voix au premier tour).

Des voix au sein du Parti socialiste ont appelé mercredi l'ex-candidat de la "France insoumise" arrivé dimanche en quatriÚme position à "se ressaisir". "Quand on est de gauche, on ne biaise pas, on est immédiatement dans le combat contre le Front national", a affirmé le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis.

- 'Pas un chĂšque en blanc' -

D'autres responsables ont aussi mis en garde M. Macron, le prĂ©venant qu'un bulletin en sa faveur ne valait pas adhĂ©sion. Voter Macron, "ce n'est pas un chĂšque en blanc", a soulignĂ© le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti communiste, Pierre Laurent. MĂȘme Ă©cho au sein de l'un des principaux syndicats français, la CFDT, qui demande au candidat, accusĂ© de vouloir mener une politique Ă©conomique libĂ©rale, de "montrer un peu d'empathie Ă  l'Ă©gard des plus fragiles".

Le prĂ©sident François Hollande lui a dĂ©jĂ  lancĂ© une mise en garde mardi, estimant que le score historique du FN au premier tour (21,3%) ne devait pas ĂȘtre sous-estimĂ©. "Je pense qu'il convient d'ĂȘtre extrĂȘmement sĂ©rieux et mobilisĂ©, de penser que rien n'est fait parce qu'un vote ça se mĂ©rite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte", a-t-il dĂ©clarĂ© mardi, appelant Ă  ce que le score de l'extrĂȘme droite soit "le plus faible possible" le 7 mai. "Ce n'est pas rien que l'extrĂȘme droite soit au deuxiĂšme tour d'une Ă©lection prĂ©sidentielle", a-t-il insistĂ©.

C'est la "campagne positive" d'Emmanuel Macron qui a permis d'Ă©viter que l'extrĂȘme droite n'arrive en tĂȘte du premier tour, a rĂ©pliquĂ© mercredi un porte-parole du candidat, Benjamin Griveaux.
TrÚs offensive sur le terrain depuis lundi, la candidate du Front national s'est, elle, engagée dans une délicate opération visant à séduire à la fois les électeurs du conservateur François Fillon et ceux de Jean-Luc Mélenchon.

"Mon adversaire a une vision désincarnée de la France, il est le candidat de l'oligarchie", a affirmé mardi soir Marine Le Pen à la télévision, estimant que "c'est la France qu'il faut choisir dans cette élection présidentielle, face à sa dilution dans une mondialisation sauvage".
"Je veux rassembler l'ensemble des patriotes, de droite ou de gauche, je ne regarde pas leur vote de premier tour", a-t-elle martelé, avant de revenir sur un de ses thÚmes favoris, l'immigration: "Nous avons 7 millions de chÎmeurs et 9 millions de pauvres, or nous faisons venir 200.000 étrangers par an".

En attendant le débat télévisé qui les opposera le 3 mai, M. Macron et Mme Le Pen ont été vus ensemble mardi, pour un hommage national rendu au policier de 37 ans devenu la semaine derniÚre la 239e victime de la vague d'attentats jihadistes commis en France depuis janvier 2015.
 

AFP

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