Diplomatie

Macron en Algérie la semaine prochaine pour relancer la relation

  • PubliĂ© le 20 aoĂ»t 2022 Ă  20:16
  • ActualisĂ© le 21 aoĂ»t 2022 Ă  07:21
Le président français Emmanuel Macron, le 27 juillet 2022, à Cotonou, au Bénin

Une visite pour relancer la relation et, au moins, s'efforcer de dissiper des malentendus: le président Emmanuel Macron se rendra la semaine prochaine en visite officielle en Algérie.

Le déplacement, du jeudi 25 au samedi 27 août à Alger puis Oran, fait suite à une premiÚre visite d'une douzaine d'heures en décembre 2017 au début de son premier quinquennat.

Le président français et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune ont évoqué cette visite lors d'un entretien téléphonique samedi. Emmanuel Macron a notamment présenté ses condoléances à son homologue aprÚs les gigantesques incendies qui ont ravagé mercredi et jeudi le nord de l'Algérie, faisant 37 morts, selon un bilan officiel. Ces feux étaient presque tous éteints samedi, ont indiqué les pompiers.

"Le chef de l’État a fait part Ă  son homologue de la disponibilitĂ© de la France Ă  fournir Ă  l’AlgĂ©rie des moyens terrestres et aĂ©riens pour y faire face", a indiquĂ© l’ÉlysĂ©e.

Ce déplacement intervient au terme d'une séquence chargée de symboles avec le 60e anniversaire des Accords d'Evian (18 mars 1962), qui mirent fin à plus de sept ans de guerre entre insurgés algériens et armée française, et de l'indépendance de l'Algérie (5 juillet 1962) aprÚs 132 ans de colonisation française.

"En choisissant Alger comme destination pour le dĂ©but de son mandat, le prĂ©sident Macron montre que l’AlgĂ©rie est en train de revenir sur la scĂšne rĂ©gionale et internationale", relĂšve Hasni Abidi, directeur du Centre d'Ă©tudes et de recherche sur le monde arabe et mĂ©diterranĂ©en Ă  GenĂšve. "L’AlgĂ©rie ne peut pas non plus faire l’impasse sur une bonne entente avec Paris", estime-t-il, en pointant notamment l'importance du dossier du Sahara occidental aux yeux des AlgĂ©riens face Ă  leur voisin marocain.

- Malentendus -

L'ancien ambassadeur de France en AlgĂ©rie Xavier Driencourt ne voit en revanche "pas bien l'intĂ©rĂȘt d'une telle visite actuellement". "Il n'y a pas de changement rĂ©cent dans les relations avec l'AlgĂ©rie", fait-il observer. "Il faudrait quand mĂȘme qu'il y ait des gestes d'Alger sur un certain nombre de nos demandes que sont les laisser-passer consulaires, les affaires Ă©conomiques", avance-t-il.

Paris et Alger espĂšrent d'abord tourner la page d'une sĂ©rie de malentendus et tensions. La relation avec le nouveau prĂ©sident français, le premier de la Ve RĂ©publique Ă  ĂȘtre nĂ© aprĂšs la Guerre d'AlgĂ©rie, s'annonçait pourtant sous les meilleurs auspices.

Lors d'un dĂ©placement Ă  Alger en fĂ©vrier 2017, Emmanuel Macron, alors candidat Ă  l’ÉlysĂ©e, avait qualifiĂ© la colonisation de "crime contre l'humanitĂ©", suscitant des espoirs de repentance en AlgĂ©rie tout comme de vives critiques de la droite et de l'extrĂȘme-droite en France.

De retour à Alger le 7 décembre 2017, quelques mois aprÚs son élection, il appelait à ne pas rester "otages" du passé et à bùtir des "relations beaucoup plus développées" entre les deux pays. Il a multiplié depuis les gestes mémoriels, reconnaissant la responsabilité de l'armée française dans la mort du mathématicien Maurice Audin ou de l'avocat nationaliste Ali Boumendjel, sans aller jusqu'à présenter des excuses pour la colonisation française.

Les relations franco-algériennes ont connu un coup de froid lorsqu'en septembre 2021, selon des propos rapportés dans la presse, il a reproché au systÚme "politico-militaire" algérien d'entretenir une "rente mémorielle" autour de la guerre d'indépendance et s'est interrogé sur l'existence d'une nation algérienne avant la colonisation.

L'Algérie a alors rappelé pendant trois mois son ambassadeur à Paris. Emmanuel Macron a finalement dû faire part de ses "regrets" devant la polémique engendrée, afin de désamorcer la crise.

Les relations se sont progressivement réchauffées depuis. Fin avril, le président algérien a félicité son homologue pour sa réélection et l'a invité à se rendre en Algérie. En juin, les deux dirigeants ont exprimé leur volonté d'"approfondir" les liens entre les deux pays.

Et dans une lettre au président Tebboune pour le 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, Emmanuel Macron a souligné sa volonté de "poursuivre sa démarche de reconnaissance de la vérité et de réconciliation des mémoires des peuples algérien et français".

 AFP

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