Emmanuel Macron reçoit ce mardi, pour la premiÚre fois tous ensemble, les huit principaux leaders syndicaux et patronaux, pour évoquer l'agenda social trÚs chargé de la rentrée, avec au programme le plan pauvreté, l'assurance chÎmage et les retraites.
Les chefs de file des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) et des cinq centrales syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) sont attendus à 9H00 à l'Elysée pour une réunion qui doit durer deux heures. Le président recevra pour la premiÚre fois les huit leaders ensemble, aprÚs les avoir vus séparément en mai et octobre 2017. Certains syndicats lui avaient, à l'époque, reproché de changer de discours selon l'interlocuteur.
Ce rendez-vous doit "jeter les bases d'un nouveau contrat social, celui du siÚcle qui s'ouvre", a annoncé le président devant le CongrÚs la semaine derniÚre. AprÚs une premiÚre année de quinquennat menée tambour battant sur le terrain social - ordonnances réformant le code du travail déjà en vigueur, adoption prochaine du projet de loi "avenir professionnel" -, M. Macron veut faire le point sur les chantiers de la rentrée.
Au menu: le plan pauvretĂ©, dont l'annonce a Ă©tĂ© reportĂ©e Ă septembre officiellement pour peaufiner son contenu, l'assurance chĂŽmage ou encore les retraites. "Les prioritĂ©s du prĂ©sident sont le retour vers l'emploi, la lutte contre la pauvretĂ© et la prĂ©caritĂ©, ainsi que la santĂ© au travail, mais il veut ĂȘtre Ă l'Ă©coute des sujets que les partenaires sociaux souhaitent aborder", selon l'ElysĂ©e.
A l'affût
Sur l'assurance chÎmage, les partenaires sociaux seront à l'affût d'éclaircissements de la part du président, qui leur a demandé d'entamer en septembre une nouvelle renégociation des rÚgles du régime, la troisiÚme depuis début 2017.
Syndicats et patronat sont de nouveau invités à trouver des solutions pour lutter contre les contrats courts et inciter au retour à l'emploi. Outre ces deux thÚmes récurrents, le gouvernement souhaite qu'ils réfléchissent à une nouvelle allocation pour les chÎmeurs de longue durée, qui bénéficient aujourd'hui, lorsqu'ils arrivent en fin de droits, d'une allocation versée par l'Etat (ASS).
Cette annonce a Ă©tĂ© fraichement accueillie par les partenaires sociaux. "On est un peu circonspect", a rĂ©agi Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, de la CPME. Laurent Berger (CFDT), de son cĂŽtĂ©, a indiquĂ© dans une interview Ă L'Opinion que sa centrale participerait Ă cette nouvelle nĂ©gociation, mĂȘme si elle n'en Ă©tait "pas demandeuse".
"Ecouter un peu plus"
Les partenaires sociaux comptent Ă©galement profiter de cette rencontre pour dĂ©fendre leur rĂŽle, face Ă un pouvoir qui, selon eux, les malmĂšne. Pascal Pavageau (FO) espĂšre qu'il y aura, Ă l'issue de cette rencontre, "un aprĂšs (...) radicalement diffĂ©rent en termes de mĂ©thode". MĂȘme tonalitĂ© du cĂŽtĂ© de M. du Mesnil du Buisson (CPME), qui "espĂšre que cela fera reconnaĂźtre l'utilitĂ© des partenaires sociaux en tant que corps intermĂ©diaires". "On a besoin d'y voir un peu plus clair, de savoir quelle place le gouvernement souhaite accorder au paritarisme", a-t-il ajoutĂ©.
A peine Ă©lu Ă la tĂȘte du Medef, Geoffroy Roux de BĂ©zieux critiquait, lui aussi, la mĂ©thode Macron : "On voit bien qu'il y a un problĂšme de vitesse. Ce gouvernement va trĂšs vite, propose Ă©normĂ©ment de rĂ©formes. On a du mal Ă suivre." La rendez-vous de ce mardi sera sa premiĂšre rencontre officielle avec Emmanuel Macron en tant que prĂ©sident du Medef.
Laurent Berger, lui, veut croire que le chef de l'Etat a désormais "le souci d'écouter un peu plus les organisations" syndicales et patronales. Les huit chefs de file syndicaux et patronaux se sont, chose inédite, réunis la semaine derniÚre. Leur objectif: sortir d'un rÎle ressenti de "faire-valoir" du gouvernement en fixant un agenda social indépendant du calendrier que leur impose l'exécutif. Ils doivent se retrouver en septembre.
Mardi aprÚs-midi, Emmanuel Macron recevra une centaine de patrons, dont ceux des principaux groupes français, pour leur demander de prendre "des engagements immédiats, visibles, de créations d'emplois et d'embauches d'apprentis", notamment dans les quartiers difficiles.
- © 2018 AFP





Et pendant ce temps, monsieur Macron s'immisce dans les affaires parlementaires: c'est une violation de la séparation des pouvoirs !
Les députés qui ont appouvé la mesure sont à mes yeux des traitres ou de fieffés ignorants (incompétents).
Ce genre de dérive n'est pas bon.