Le Conseil olympique convoqué lundi par Emmanuel Macron a permis au président de replacer l'Etat au coeur de la préparation des JO-2024, demandant une implication maximale à ses ministres, signe d'une volonté d'accompagner au plus prÚs les organisateurs.
PrÚs d'une dizaine de ministres ont passé leur oral olympique pendant plus de deux heures à l'Elysée lundi. De la PremiÚre ministre Elisabeth Borne, au ministre de l'Economie Bruno Le Maire, à celui de l'Intérieur Gérald Darmanin, de l'Education nationale Pap Ndiaye ou encore des Sports Amélie Oudéa-Castéra, tous ont présenté leur agenda olympique.
Le but de cette "réunion de chantier" comme l'avait qualifiée Macron semble double: à la fois passer en revue tous les dossiers afférents aux JO, mais aussi signer la mobilisation à tous étages de l'Etat.
- Dialogue avec le CIO -
Tous les sujets ont donc été passés au crible, sans exception: de la sécurité, avec un ministre de l'Intérieur "rassurant", aux défis logistiques que ces JO représentent (logement, transport, restauration...), à l'emploi, ainsi que la question budgétaire.
Sur ce point, qui cristallise pas mal d'inquiétudes ces derniers mois, notamment en raison de l'inflation née principalement du conflit en Ukraine, l'Etat a "engagé un dialogue" avec le Comité international olympique (CIO) pour réfléchir à des pistes d'économie, a indiqué l'Elysée.
Le prĂ©sident du CIO Thomas Bach, prĂ©sent Ă Paris, a d'ailleurs rencontrĂ© Emmanuel Macron lundi oĂč ce sujet a Ă©tĂ© abordĂ©.
"C'est bien la preuve que le budget du comité d'organisation des JO (COJO) est quelque peu tendu en ce moment", décrypte une source proche des arcanes olympiques.
Les discussions entre le CIO et le COJO -dont le budget de 4 milliards est quasi intégralement financé par des recettes privées- pour tenter d'isoler des pistes d'économies avaient déjà été entamées il y a quelques semaines. Les organisateurs, dont le budget est garanti par l'Etat, doivent encaisser le choc inflationniste, et procÚdent cette année à une revue budgétaire.
"Les Jeux doivent financer les Jeux, en ce sens un dialogue trÚs étroit a été mis en place", a notamment assuré l'Elysée.
Le budget de la Solideo, la sociĂ©tĂ© chargĂ©e de livrer les ouvrages olympiques devrait ĂȘtre "globalement tenu", selon l'ElysĂ©e malgrĂ© un budget passant de 4 milliards d'euros Ă 4,3 milliards projetĂ© en 2024 en raison de l'inflation. "L'idĂ©e Ă©mise par certains d'un impĂŽt JO est totalement infondĂ©e et farfelue", a tenu Ă rappeler l'ElysĂ©e, assurant qu'entre "1,7 ou 1,8 milliards dâargent public" Ă©tait engagĂ© dans ces JO.
Mais au sortir de ce Conseil, quasiment pas de grandes annonces en dehors de la création à venir de 11 nouvelles unités mobiles cÎté police en vue de l'évÚnement, ni d'écueils nouveaux apparus sur la route de ces JO.
Il fallait surtout voir dans ce Conseil olympique et paralympique un message clair délivré par le président à son gouvernement, aux services de l'Etat et au président du Comité d'organisation des JO, Tony Estanguet, présent lundi: l'Etat va pleinement se mobiliser pour l'évÚnement.
- "L'Etat au coeur de la machine" -
Preuve de l'implication étatique: une réunion consacrée aux JO sera d'ailleurs désormais organisée conjointement entre le président et la PremiÚre ministre tous les trimestres. Une réunion de ce type est d'ores et déjà calée avec les "parties prenantes" et les élus à la rentrée en septembre, a rappelé l'Elysée.
L'Etat s'est également engagé à acheter plusieurs centaines de milliers de billets, le nombre étant l'objet de discussions avec les organisateurs, destinés notamment à un public qui n'aura pas les moyens d'en acquérir.
"Le président a rappelé que nous n'étions plus qu'à 24 mois de JO, impliquant une mobilisation désormais constante", a assuré l'Elysée.
"Il y avait peut-ĂȘtre besoin de rassurer un peu tout le monde et de bien signifier aux ministres l'importance que revĂȘt pour le prĂ©sident ces JO, tout en rappelant que l'Etat Ă©tait bien au coeur de la machine,", souffle un Ă©lu proche de la macronie.
InterrogĂ© sur une Ă©ventuelle reprise en main des Jeux par Macron Ă travers cette sĂ©quence, Tony Estanguet a rappelĂ© que le prĂ©sident Ă©tait "pleinement mobilisĂ©, depuis le premier jour." "Ces derniers mois, la situation lâa un peu Ă©loignĂ© du projet des Jeux, donc il souhaitait se reconnecter aux diffĂ©rents sujets", a-t-il estimĂ©.
Si ce n'est pas Ă proprement parler une "reprise en main" des JO par l'Etat, "ça y ressemble tout de mĂȘme pas mal", estime elle la source proche des arcanes olympiques.
AFP


