"Vous ne serez plus jamais seules" : Emmanuel Macron a annoncé samedi une série de mesures pour lutter contre les violences sexuelles sur les enfants, en se félicitant que la parole des victimes se libÚre, en particulier sur l'inceste. "On est là . On vous écoute. On vous croit", déclare le chef de l'Etat en s'adressant à ces victimes dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux suivie de tweets.
"Le silence construit par les criminels et les lùchetés successives, enfin, explose", ajoute-t-il, en saluant le "courage d'une soeur qui n'en pouvait plus de se taire". Il fait ainsi référence, sans la nommer, à Camille Kouchner qui accuse, dans le récit autobiographique "La Familia Grande", son beau-pÚre Olivier Duhamel, politologue de renom, d'avoir agressé sexuellement son jumeau "Victor" à la fin des années 1980. Le choc provoqué par ce livre a rouvert le débat sur l'inceste, un sujet profondément tabou, et suscité de trÚs nombreux témoignages sur Twitter avec le hashtag #Metooinceste.
"C'est aujourd'hui à nous d'agir", souligne Emmanuel Macron, qui ne veut laisser "aucun répit aux agresseurs". Patrick Loiseleur, vice-président de l'association Face à l'inceste, s'est aussitÎt félicité que "le président de la République reprenne la parole sur ce sujet", aprÚs une précédente intervention à l'automne 2017. "C'était attendu, vu l'ampleur du mouvement de société." La psychiatre Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie, s'est dite "soulagée" qu'Emmanuel Macron réagisse "enfin au mouvement historique #Metooinceste". Et d'ajouter sur Twitter: "Mais surtout ne nous décevez pas".
- Détection et accompagnement -
Pour adapter "notre droit", Emmanuel Macron demande au garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, et au secrétaire d'Etat à l'Enfance et aux Familles Adrien Taquet d'engager "dÚs lundi une consultation afin d?approfondir les pistes qui permettront de renforcer la loi pour mieux punir les auteurs et qu'il ne soit plus possible d'entendre qu?un enfant consent à une relation sexuelle avec un adulte", selon le cabinet de M. Taquet.
Plusieurs voix se sont Ă©levĂ©es ces derniĂšres semaines pour rendre le crime d'inceste imprescriptible. Au moment oĂč se sont dĂ©roulĂ©es les agressions que "Victor" dit avoir subies Ă la fin des annĂ©es 1980, la loi prĂ©voyait qu'une victime mineure pouvait porter plainte pour "viol par ascendant" pendant dix ans Ă compter de sa majoritĂ©. Deux lois, depuis, ont allongĂ© ce dĂ©lai de prescription, Ă 20 ans en 2004 puis 30 ans en 2018, mais elles ne sont pas applicables aux faits dĂ©jĂ prescrits.
Jeudi, le SĂ©nat a votĂ© une proposition de loi visant Ă crĂ©er un nouveau crime sexuel pour protĂ©ger les mineurs de moins de 13 ans, enrichie en derniĂšre minute par des mesures spĂ©cifiques Ă la lutte contre l'inceste. Ce vote suscite des critiques sur les rĂ©seaux sociaux car il n'irait pas assez loin. Des femmes ont publiĂ© des photos d'elles jeunes : "J'ai 13 ans. J'ai une tĂȘte Ă consentir Ă une relation sexuelle ?", a twittĂ© l'actrice Alexandra Lamy.
Emmanuel Macron annonce Ă©galement une sĂ©rie de mesures pour mieux dĂ©tecter ces violences "en saisissant chaque signe, parfois en allant chercher ces signes, ces paroles, en demandant aux enfants Ă l'Ă©cole, Ă l'hĂŽpital, en rendant possible chaque parole, car tout ce qui semble anormal doit pouvoir ĂȘtre dit".
C'est ainsi que seront mis en place deux rendez-vous de dépistage et de prévention - l'un au primaire, l'autre au collÚge - dans le cycle de visites médicales obligatoires existantes.
Cette mesure est "capitale" car "plus on fait un dépistage tÎt, plus on peut intervenir rapidement et limiter les dégùts", souligne Patrick Loiseleur. Par ailleurs, pour "accompagner la reconstruction", les "soins psychologiques des enfants victimes de violences sexuelles seront remboursés", annonce le président.
Il indique aussi qu'une mission pour "recueillir les témoignages et protéger les victimes" est confiée à Edouard Durand, juge des enfants au tribunal de Bobigny et à Nathalie Mathieu, directrice de l'association Docteurs Bru, spécialisée dans l'accueil des enfants victime d'inceste. Ces derniers prennent la succession de l'ancienne ministre Elisabeth Guigou, qui a renoncé le 13 janvier à présider la commission indépendante sur l'inceste aprÚs avoir été citée parmi les proches d'Olivier Duhamel.
AFP




Le consentement à partir de 13ans!!!! C'est quoi ces inepties??? Encore pour protéger des pervers! En core bcp de travail à faire et surtout plus de personnel pour écouter et traiter les dossiers, combien de plaintes , malgré des certificats médicaux explicites, sont classées sans suite ??? 10% verront une condamnation !! Les tribunaux sont débordés et des enfants en danger sont toujours en relation avec leur agresseur . Alors, assez de blabla et mettez les mesures en place, trop de consultation et d'études ont déjà été faites !