MinistÚre de la Transition écologique

Macron tourne la page Rugy avec son remplacement éclair par Borne

  • PubliĂ© le 17 juillet 2019 Ă  12:14
  • ActualisĂ© le 17 juillet 2019 Ă  12:16
François de Rugy et Elisabeth Borne, le 9 juillet 2019 à Paris

AprÚs le remplacement express de François de Rugy, décidé par l'exécutif dans l'espoir d'éviter un nouveau feuilleton d'été désastreux, c'est dans sa nouvelle fonction de ministre de la Transition écologique qu'Elisabeth Borne siÚgera dÚs mercredi matin au Conseil des ministres.

"Le prĂ©sident a souhaitĂ© que cela aille extrĂȘmement vite" aprĂšs plusieurs remplacements prĂ©cĂ©dents qui avaient traĂźnĂ© en longueur, confirme une source proche de l'exĂ©cutif.

La passation de pouvoir entre M. de Rugy et Mme Borne, qui conserve son portefeuille des Transports, est prévue à 13h30, aprÚs le Conseil des ministres.

Le ministÚre de la Transition écologique, déjà plombé par la démission surprise de Nicolas Hulot fin aout 2018, ne pouvait rester vacant trop longtemps, alors que son enjeu politique s'est encore accru avec la montée des Verts aux Européennes.

En choisissant une remplaçante à l'intérieur du gouvernement, Emmanuel Macron échappe au délai de plusieurs jours imposé aux nouveaux entrants par les vérifications de la Haute autorité pour la transparence de la vie politique.

La nomination de Mme Borne, 58 ans, dont le portefeuille était déjà placé sous la tutelle du ministÚre de la Transition écologique, "est une évidence", a commenté la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Le choix de Mme Borne n'incarne pourtant ni l'écologie politique, ni un geste en direction des Verts. Ex-directrice de la RATP de 2015 à 2017, ancienne directrice de cabinet de SégolÚne Royal au ministÚre de l'Ecologie en 2014, Mme Borne est avant tout "une femme de terrain", ancienne préfÚte de la Région Poitou-Charentes et de la Vienne, fait valoir une source gouvernementale.

"Elle a construit une relation avec les Ă©lus locaux Ă  travers les diffĂ©rents textes qu'elle a eus Ă  dĂ©fendre" et "est opĂ©rationnelle tout de suite pour dĂ©fendre la loi Ă©nergie-climat" actuellement au SĂ©nat, souligne cette mĂȘme source.

- "Poursuivre le combat" -

"Déterminée à poursuivre ce combat essentiel qu'est la transition écologique et solidaire. Au travail dÚs demain", a tweeté la ministre mardi soir. Elisabeth Borne n'aura pas le titre de ministre d'Etat comme ses deux prédécesseurs, mais "cela n'a aucune incidence sur la volonté du gouvernement de mener une action résolue en faveur de l'Ecologie", assure l'Elysée qui rappelle ses projets sur l'économie circulaire ou la récente création du Conseil de défense écologique.

"C'est la bonne femme au bon endroit, s'est réjoui Sébastien Lecornu, le ministre chargé des collectivités territoriales. Elle a mené des réformes courageuses, notamment la réforme de la SNCF qui n'est pas une petite loi". Il a salué le "trio de femmes de choc" qu'elle va désormais constituer avec Brune Poirson et Emmanuelle Wargon.

Ce n'est pas l'avis de l'opposition: "Le dĂ©part de François de Rugy, l'arrivĂ©e d'Élisabeth Borne, la signature du CETA et du Mercosur, c'est la fin de l'Ă©cologie dans ce gouvernement", a accusĂ© Le porte-parole du Rassemblement national (RN) SĂ©bastien Chenu.

François Ruffin, dĂ©putĂ© LFI, ne lui fait pas confiance non plus pour faire prĂ©valoir l'Ă©cologie sur l'Ă©conomie. "Il est Ă©vident qu'Élisabeth Borne n'est pas animĂ©e par ça, il est Ă©vident qu'elle n'incarne pas ça", dĂ©plore-t-il, lui reprochant notamment sa rĂ©forme ferroviaire votĂ©e en 2018 et sa gestion de la ligne Perpignan-Rungis.

- Tourner la page -

L'exécutif veut surtout tourner au plus vite la page d'une affaire de Rugy qui depuis une semaine alimente des soupçons au sein d'un gouvernement qui entend défendre "l'exemplarité".

Au point que de nombreux membres de la majorité, toujours marqués par la crise des "gilets jaunes", ne cachaient pas leur désir d'une démission rapide de l'ancien président de l'Assemblée. Emmanuel Macron a dit respecter la "décision personnelle" du ministre "pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement".

Englué depuis une semaine dans un feuilleton médiatique sur son supposé train de vie fastueux, photos de homards et champagne à l'appui, François de Rugy a démissionné mardi, peu avant la publication d'une nouvelle salve d'informations sur une utilisation contestée de ses indemnités parlementaires en 2013-2014.

Il a dénoncé un "lynchage médiatique" et a dit avoir porté plainte contre Médiapart. Sur Twitter, il a confié mardi qu'il pensait "aux mots" de François Mitterrand à l'égard de Pierre Bérégovoy, qui s'était suicidé le 1er mai 1993. L'ancien président avait alors déclaré que son Premier ministre avait été "livré aux chiens". "Monsieur de Rugy, il paye l'addition pour tout le monde, mais je pense que c'est assez courant dans le milieu", a jugé le député RN Louis Aliot.

AFP

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