Malik, vendangeur Ă  cheval sur les pentes du vignoble alsacien

  • PubliĂ© le 27 septembre 2025 Ă  12:59
Malik Oudni, propriétaire de "La ferme sans nom" et son cheval Vizir, lors de vendanges à Ammerschwihr, dans le Haut-Rhin, le 5 septembre 2025 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Sur les coteaux bucoliques du vignoble alsacien, Malik Oudni entame la vendange de ses grappes, comme la plupart des vignerons locaux, à un détail prÚs: pas de tracteur mais un cheval et une charrue.

Propriétaire d'un hectare et demi de vignes, dont un tiers de grands crus, cet autodidacte de 33 ans se flatte de fournir des restaurants étoilés avec ses vins naturels (bio et sans intrants ajoutés), issus de raisins écrasés au pressoir manuel, à l'ancienne.

Originaire d'un petit bourg au sud de Colmar, Malik Oudni a "toujours Ă©tĂ© attirĂ© par le monde agricole". EmployĂ© jeune dans une porcherie, il s'est d'abord passionnĂ© pour les chevaux, Ă©poque Ă  laquelle il fait l'acquisition de ses deux bĂȘtes de trait Ă  la belle robe marron, Vizir et Atalante, respectivement 16 et 14 ans en ce dĂ©but septembre.

De fil en aiguille, il en vient à proposer ses services et ceux de ses chevaux aux viticulteurs locaux. Les caractéristiques des terrains, souvent en pente et bordés de chemins étroits, rendent sa méthode à l'ancienne bien plus efficace que les tracteurs. "Cela leur prenait trois jours, moi en trois heures c'était torché", dit-il comme une évidence.

A Ammerschwihr, village viticole au pied des Vosges oĂč il possĂšde dĂ©sormais quelques parcelles, "c'est un peu les vendanges de l'extrĂȘme!", rigole-t-il.

Mais la quĂȘte de ces terrains a durĂ©: il a mis cinq ans Ă  faire l'acquisition des premiĂšres parcelles. "S'appeler Malik, en Alsace, c'est pas le plus simple pour choper des vignes, et si tu n'es pas fils de vigneron, encore moins". Mais la persĂ©vĂ©rance a payĂ©. "Ils ont vu que je n'Ă©tais pas qu'un punk Ă  cheval".

Le plus sérieusement du monde, il raconte avoir appris à produire du vin en regardant des vidéos de "C'est pas sorcier avec Jamy et Fred". "Il faut regarder la vigne, comprendre les sols, avoir le feeling", ajoute-t-il.

Il parvient Ă  vivre de son activitĂ© grĂące Ă  ses dĂ©penses minimales: la charrue et les pressoirs "achetĂ©s sur Leboncoin", et la petite ferme oĂč il vit Ă  Colmar avec sa compagne, baptisĂ©e "La ferme sans nom".

Une année sans aléa lui permet de produire 7.000 à 8.000 bouteilles de riesling ou pinot gris, qu'il vend principalement en France et dans les pays voisins, par conviction écologique. "Cela me paraissait complÚtement aberrant de faire du bio, de la traction animale, et aprÚs d'envoyer des palettes de bouteilles en avion ou en cargo à l'autre bout du monde." 

AFP

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