Violences sexistes et sexuelles

Manifestations contre les violences faites aux femmes en plein procĂšs Mazan

  • PubliĂ© le 23 novembre 2024 Ă  06:58
  • ActualisĂ© le 23 novembre 2024 Ă  15:15
Manifestation en soutien Ă  GisĂšle Pelicot et contre les violences faites aux femmes, Ă  Paris le 14 septembre 2024

Elles réclament un "sursaut" et une "loi-cadre intégrale": plus de 400 organisations et personnalités appellent à manifester samedi contre les violences faites aux femmes, sur fond d'onde de choc provoquée par le procÚs hors norme des viols de Mazan.

Des manifestations sont prévues dans des dizaines de villes, dont Paris, Bordeaux, Marseille ou Lille, deux jours avant la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, lundi.

À Paris, le cortùge doit partir à 14h de la gare du Nord pour rejoindre la place de la Bastille.

Cette mobilisation contre toutes les formes de violences (sexuelles, physiques, psychologiques, économiques...) se tient cette année dans un contexte particulier, en plein procÚs des viols de Mazan - une cinquantaine d'hommes accusés d'avoir violé GisÚle Pelicot alors qu'elle était inconsciente, droguée à son insu par son mari.

Ce procĂšs Ă  l'Ă©cho international, oĂč aura lieu Ă  partir de lundi le rĂ©quisitoire prĂ©vu sur trois jours, "montre que la culture du viol est ancrĂ©e dans la sociĂ©tĂ©, comme la violence envers les femmes", a soulignĂ© Amandine Cormier, de GrĂšve fĂ©ministe, lors d'une confĂ©rence de presse mercredi Ă  Paris.

"La violence patriarcale s'exerce partout, dans les maisons, sur les lieux de travail, les lieux d'études, dans la rue, dans les transports, dans les établissements de soins, absolument partout dans la société", a-t-elle ajouté.

L'appel à la mobilisation a été signé par plus de 400 organisations (Fondation des femmes, Planning Familial, #Noustoutes...) et des personnalités (AngÚle, Judith GodrÚche et Vanessa Springora...).

- Législation "incomplÚte" -

Des syndicats, dont la CGT et la CFDT avec leurs secrétaires générales Marylise Léon et Sophie Binet attendues à Paris, seront également représentés dans les cortÚges.

"Les gouvernements successifs ont multiplié les promesses mais les moyens sont dérisoires et en baisse, l'action politique est quasi-inexistante", déplorent les signataires, qui appellent à un "véritable sursaut".

En novembre 2017, quelques mois aprĂšs son accession Ă  l'ÉlysĂ©e, Emmanuel Macron avait dĂ©clarĂ© l'Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes "grande cause du quinquennat", avec pour "premier pilier" la lutte "pour l’élimination complĂšte des violences faites aux femmes".

Un numéro d'appel d'urgence, le 3919, pour les femmes victimes de violences et leur entourage, a été mis en place ainsi que des téléphones grave danger et des bracelets anti-rapprochement notamment.

Des mesures saluĂ©es par les associations de dĂ©fense des droits des femmes qui les jugent toutefois insuffisantes et exhortent le chef de l’État Ă  changer de braquet.

Elles réclament un budget total de 2,6 milliards d'euros par an et une "loi-cadre intégrale" pour remplacer une législation actuelle qu'elles jugent "morcelée et incomplÚte".

DĂ©but novembre, la secrĂ©taire d’État chargĂ©e de l'ÉgalitĂ© femmes-hommes Salima Saa a promis qu'elle annoncerait "des mesures concrĂštes et efficaces" pour le 25 novembre.

Ces mesures viseront entre autres à "améliorer les dispositifs d'aller-vers" les victimes notamment en milieu rural, renforcer "l'accueil et de la prise en charge des victimes" via une "formation des acteurs en premiÚre ligne", a-t-elle précisé.

 AFP

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