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Manifestations en Jordanie: le Premier ministre entame des discussions cruciales

  • PubliĂ© le 7 juin 2018 Ă  15:00
  • ActualisĂ© le 7 juin 2018 Ă  15:08
Des Jordaniens manifestent Ă  Amman prĂšs du bureau du Premier ministre contre un projet de loi fiscale le 6 juin 2018

Sous pression des manifestants déterminés à faire abandonner au gouvernement une réforme fiscale, le nouveau Premier ministre jordanien se lance dans un numéro d'équilibriste pour trouver une issue à la crise en rencontrant jeudi les membres du Parlement et les syndicats.

AprÚs une semaine de manifestations quotidiennes qui ont entraßné la démission de son prédécesseur, Omar al-Razzaz s'était engagé mercredi "à dialoguer avec les différentes parties" afin de "parvenir à un systÚme fiscal juste pour tout le monde".
Une tĂąche qui semble trĂšs ardue au vue de la situation Ă©conomique de la Jordanie. En effet, le royaume largement dĂ©pendant des aides Ă©trangĂšres et dĂ©pourvu de ressources naturelles, s'est engagĂ© auprĂšs du Fonds monĂ©taire international (FMI) Ă  rĂ©duire sa dette publique en Ă©change d'un prĂȘt de plusieurs centaines de millions d'euros.
Avec un taux de chÎmage de 18,5%, 20% des habitants vivant à la limite du seuil de pauvreté et des hausses de prix répétés, le projet de loi sur l'impÎt sur le revenu "a été la goutte qui a fait débordé le verre", affirme à l'AFP Fayez Mohammed, un avocat d'une quarantaine d'année présent mercredi avec ses collÚgues à un rassemblement devant le siÚge des syndicats à Amman.


Le texte décrié prévoit une augmentation entre 5% et 25% des impÎts pour les particuliers et impose les personnes ayant un salaire annuel supérieur à 8.000 dinars (environ 9.700 euros).
"Le Premier ministre désigné débutera aujourd'hui ses discussions avant d'annoncer la formation d'un nouveau gouvernement (...) dans les prochains jours", a affirmé à l'AFP une source gouvernementale sous le couvert de l'anonymat.
M. Razzaz doit ainsi s'entretenir avec le président du Sénat Fayçal al-Fayez, le président du Parlement Atef al-Tarawneh et les représentants de la confédération syndicale", a-t-il ajouté.


- Poursuite de la mobilisation -


La démission lundi du Premier ministre Hani Mulqi et l'appel du roi Abdallah II à une "révision complÚte" du projet de loi sur l'impÎt sur le revenu n'ont pas suffi à dissiper les craintes et griefs de nombreux Jordaniens.
Leur principale revendication reste le retrait pur et simple du texte au Parlement.
RĂ©agissant Ă  des rumeurs dans la presse sur des dissensions avec le chef du gouvernement, M. Tarawneh a affirmĂ© que si dĂ©saccord il y avait, il serait mis de cĂŽtĂ© pour faire passer l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral en premier. "Nous voulons renvoyer bientĂŽt le projet de loi sur l'impĂŽt" au gouvernement, a-t-il Ă©crit sur Twitter sans autre prĂ©cision peu avant minuit, au moment oĂč plus de 2.000 manifestants Ă  Amman criaient leur colĂšre pour la septiĂšme nuit consĂ©cutive.


Quelques échauffourées ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l'ordre, mobilisées en grand nombre, et un policier a été blessé, selon l'agence de presse officielle Petra.
Souhaib Rabaibai, 28 ans et employé dans le domaine du développement pour une entreprise privée, était venu spécialement de Ajloun (nord) pour manifester.
"Les prix ne cessent d'augmenter sur tous les produits dont un jordanien a besoin: la nourriture, les voitures, le logement et les télécommunications... On ne travaille plus pour nous, mais pour payer l'Etat", lance-t-il à un correspondant de l'AFP.
Depuis janvier, le royaume a vécu plusieurs hausses de prix de produits de base, dont le pain (+100%) en raison d'un relÚvement des taxes. Le prix du carburant a aussi augmenté à cinq reprises cette année alors que les factures d'électricité ont connu une hausse de 55% depuis février.
Certaines de ces hausses sont dues à la fin des subventions publiques dans le cadre des réformes demandées par le FMI.


L'accueil de centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre pÚse également lourdement sur les finances publiques et Amman appelle réguliÚrement la communauté internationale à une aide plus substantielle pour ce dossier.
 

2018 AFP

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