Emplois fictifs au Parlement européen

Marine Le Pen de nouveau convoquée par les juges

  • PubliĂ© le 7 septembre 2018 Ă  18:34
  • ActualisĂ© le 7 septembre 2018 Ă  18:39
Marine Le Pen le 23 mai 2018

Marine Le Pen a annoncé vendredi qu'elle était de nouveau convoquée par les juges sur l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen, fustigeant une action délibérée des juges afin de perturber sa campagne pour les élections européennes.

Avec les juges, "le pire est toujours sûr", a déclaré la présidente du RN en annonçant cette nouvelle convocation en marge de son premier déplacement depuis les congés d'été à la Foire de Chùlons-en-Champagne (Marne).

"Je vais leur répondre", a-t-elle affirmé, interrogée par l'AFP. Elle a ensuite précisé qu'elle se rendrait à la convocation des magistrats mais sans dire si elle répondrait aux questions des juges ou si elle se contenterait d'une simple déclaration comme lors de sa mise en examen en juin 2017.
"C'est fait pour" perturber la campagne des élections européennes qui auront lieu en mai, a estimé la finaliste de la présidentielle de 2017 au sujet de cette nouvelle convocation dont elle n'a pas précisé la date.
Quand les juges ont gelĂ© le versement de deux millions d'aide publique au RN, dans le cadre de cette affaire, "ils ont dit Ă  la face du monde qu'ils n'instruisaient pas Ă  charge et Ă  dĂ©charge mais exclusivement Ă  charge", a-t-elle dĂ©plorĂ©. Les juges "considĂšrent avant mĂȘme que l'instruction soit terminĂ©e que nous (sommes) coupables", a ajoutĂ© la prĂ©sidente du RN.
Les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Claire ThĂ©paut, qui enquĂȘtent sur cette affaire, dont le prĂ©judice estimĂ© par le Parlement europĂ©en est de sept millions d'euros pour la pĂ©riode 2009-2017, ont justifiĂ© cette saisie de deux millions d'euros par l'endettement du parti.

"Fonctionnement minimum"

Outre le FN devenu RN, sa présidente Marine Le Pen, son compagnon Louis Aliot et Nicolas Bay - dont le nom circule pour conduire la liste du RN aux élections européennes - sont poursuivis pour "abus de confiance" ou "complicité d'abus de confiance", délits passibles de trois ans de prison et de 375.000 euros d'amende.
Au moins 15 mises en examen ont été ordonnées par les magistrats Claire Thépault et Renaud Van Ruymbeke, cosaisis depuis décembre 2016 d'une information judiciaire ouverte pour "abus de confiance" et "escroquerie en bande organisée".
Mercredi, un ancien personnage-clĂ© de l'organisation du FN au Parlement europĂ©en, Charles Van Houtte, a Ă©tĂ© mis en examen pour "complicitĂ© de dĂ©tournements de fonds publics" dans le cadre de l'enquĂȘte.
Alors que le RN a fait appel de la saisie des deux millions d'euros qui le plonge dans une grande difficulté financiÚre, Marine Le Pen a assuré jeudi que son parti ferait campagne pour les élections européennes "quelles que soient les conditions".
Vendredi, Marine Le Pen, qui s'est déclarée "optimiste" sur cet appel, a cependant fait état d'un parti réduit au "fonctionnement minimum". "On paie le loyer, les salaires mais rien d'autre. On ne peut plus imprimer de tracts, d'affiches", a-t-elle déploré.
Si la saisie est maintenue, le parti continuera ses appels aux dons "jusqu'au versement de la deuxiÚme partie de la subvention" publique en novembre, a-t-elle précisé.
Pour sa campagne, elle compte se rendre dans "beaucoup de pays europĂ©ens" afin de "mettre un coup d'arrĂȘt" Ă  l'Union europĂ©enne et "faire basculer la majoritĂ©" au Parlement europĂ©en, face Ă  un Emmanuel Macron "affaibli" et qui "panique".
Elle a aussi indiqué qu'elle "aurait l'occasion de discuter" avec Steve Bannon, l'ancien stratÚge de Donald Trump qui entend désormais prodiguer ses conseils aux formations populistes et nationalistes en Europe.

© 2018 AFP

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