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Marseille: Passi-Boli, le pompier et l'ambassadeur

  • PubliĂ© le 24 avril 2016 Ă  12:35
Le nouvel entraĂźneur de Marseille Franck Passi (g) et le coordinateur sportif Basile Boli lors de la demi-finale de la Coupe de France face Ă  Sochaux, le 20 avril 2016 Ă  Auguste Bonal

Frank Passi, encore appelé à la rescousse et Bet son asile Boli, légende descendue dans l'arÚne, ont réussi leur premiÚre mission, faire enfin gagner Marseille.

Le duo doit confirmer contre Nantes, dimanche (14h00) pour la 35e journée de Ligue 1
- Passi n'a pas peur du feu
Homme de club et de devoir, Passi a accepté de jouer une nouvelle fois les pompiers. "Je suis un salarié du club (...), quand on a besoin de nous, on sait monter au feu", lance-t-il.
L'Ă©ternel adjoint - de Deschamps, Baup, Anigo, Bielsa et Michel - finissait par trouver ce ministĂšre amer. Passi ne cache pas qu'il rĂȘve de lumiĂšre: il disait dĂ©jĂ  ne pas avoir vocation Ă  rester un numĂ©ro 2, aprĂšs avoir dirigĂ© - et perdu - Ă  Reims (2e journĂ©e) sur les dĂ©combres de l'aprĂšs-Bielsa.
Avec la qualification pour la finale de la Coupe de France obtenue Ă  Sochaux mercredi (1-0), il va donc coacher les six derniers matches de la saison marseillaise, lui qui n'avait donc coachĂ© qu'un seul match Ă  la tĂȘte de l'OM.
A la fin de sa carriÚre de joueur déjà, à Saint-Jacques-de-Compostelle, il avait en revanche succédé pour quelques matches à l'entraßneur Pichi Lucas, aprÚs en avoir été l'adjoint.
Passi prend cela comme "un challenge, c'est mĂȘme excitant quelque part", dit-il, mais il prĂ©vient: "en cinq matches, tu ne peux pas faire ce qui n'a pas Ă©tĂ© fait en huit mois".
CĂŽtĂ© terrain pas de chamboulement tactique, le duo s'est attachĂ© Ă  un travail de reconstruction psychologique de joueurs traitĂ©s de "chĂšvres" par leurs supporters. Les Ă©leveurs caprins de Provence se sont d'ailleurs plaint avec force ironie de la comparaison avec leurs bĂȘtes.
Visage sec et phrases courtes, anti-Michel en quelque sorte, Passi a fouetté l'orgueil des joueurs en leur rappelant que faire descendre l'OM en L2 tacherait irrémédiablement leur CV. "Je leur ai dit ça, oui", confirme-t-il.
Confident des joueurs, un rĂŽle classique de l'adjoint, "il est un peu plus en retrait", raconte le milieu de terrain Abdelaziz Barrada, que Passi a sorti du placard.
"J'ai besoin de prendre un peu de recul, d'avoir une vision périphérique pour faire mon équipe", explique le coach. Il a pris l'entraßneur de la CFA, Thomas Fernandez, comme adjoint, pour diriger les séances. Mais le travail psychologique, il le partage avec "Base".
- Boli, le motivateur
Son titre exact, "coordinateur sportif", semble plutÎt correspondre aux attributs d'un préparateur mental. La statue du commandeur, buteur éternel de la finale de Munich (Ligue des Champions 1993) est devenu coach psychologique.
Nommé ambassadeur du club par le président Vincent Labrune en début de saison, Boli conseillait déjà les joueurs de temps en temps. AprÚs son clash avec Michel, qui lui reprochait d'avoir publiquement critiqué ses choix alors qu'il lui avait "ouvert le vestiaire", le revoilà en premiÚre ligne, comme aux plus belles heures du grand OM, celui qui faisait trembler, et non pas rire, l'Europe.
"Basile a ce cĂŽtĂ© mĂ©diatique, une gĂ©nĂ©rositĂ©, il est bon dans la relation avec les supporters", note Passi. Partout oĂč il apparaĂźt en Provence, "Basilou" s'entend raconter sa tĂȘte victorieuse contre l'AC Milan.
Mais son aura suffit-elle à en faire un coordinateur sportif ? "Les mots de Franck et Basile ont fait du bien depuis le départ de Michel", assure Barrada.
"Cette équipe a beaucoup de talents mais elle manque un peu de confiance et Basile a ce rÎle-là, les motiver, leur faire comprendre que ce maillot est quelque chose", poursuit le Marocain. "DÚs mardi matin (jour de la mise à l'écart de Michel, ndlr), il a pris quelques joueurs à part pour discuter avec eux."
Boli, lui, voit sa nomination dans le duo comme "un électrochoc pour sauver le club", et juge que Passi est "l'homme de la situation".
Il ne faut "pas pleurnicher", a-t-il expliquĂ© sur OM.tv, mais "relever la tĂȘte et aller au front" par "respect pour le grand OM".
L'ancien défenseur olympien résume son propre attachement au maillot d'une formule: "J'ai appris un métier à Auxerre pendant dix ans, j'ai appris à gagner à Marseille pendant cinq ans". Il lui reste à apprendre à faire le coordinateur sportif pendant six matches.

Par Ammu KANNAMPILLY - © 2016 AFP
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